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SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

CINÉ TRICO'THÉ
    Le prochain CINÉ TRICO’THÉ sera le samedi 7 avril pour la séance de LADY BIRD à 13h20.Retrouvons-nous dans le hall après la projection du film, pour en discuter autour d’un thé et … tricoter ! Disons vers 14h35 !https://www.facebook.com/events/219803155259351/Le projet “des petits carrés” es...

Le cinéma français pète la forme! (Paraît-il…)
Résolument positif, comme chaque année, le communiqué de la ministre de la culture vient de sortir, relayé par les médias unanimes qui se congratulent béatement : Youpie ! Tout va bien pour la France en marche ! 209 millions de tickets vendus, soit à peine 4 millions de moins que l’an dernier et...

DON'T WORRY HE WON'T GET FAR ON FOOT

Écrit et réalisé par Gus VAN SANT - USA 2017 1h54mn VOSTF - avec Joaquin Phoenix, Jonah Hill, Rooney Mara, Jack Black, Beth Ditto, Ugo Kier... D’après livre autobiographique de John Callahan.

Du 02/05/18 au 22/05/18

DON'T WORRY HE WON'T GET FAR ON FOOTOn ne remerciera pas le distributeur du film d’avoir conservé l’interminable titre original du nouveau film jubilatoire de Gus Van Sant : il ne va pas faciliter la communication à la caisse ! Ce titre a néanmoins toute sa signification puisqu’il résume une caricature du dessinateur John Callahan dont la vie et l’œuvre ont inspiré le film. On y voyait un fauteuil roulant vide au milieu du désert, entouré de deux shérifs locaux, l’un disant à l’autre la phrase du titre : « Ne t’inquiète pas, il n’ira pas bien loin à pied ». Cette phrase génialement cruelle résume assez bien l’esprit et la vie de John Callahan, jeune fêtard alcoolique impénitent à la fin des années 70, jusqu’à ce qu’un accident de voiture sous 3g vienne briser sa vie et le cloue sur un fauteuil pour le restant de ses jours. Un drame et une renaissance puisque John, qui ne faisait pas grand chose sinon aller dans le mur, allait se découvrir un talent, le dessin satirique, avec des petites caricatures incorrectes publiées dans un journal de Portland, Oregon, qui allaient le rendre célèbre à travers tous les États-Unis.

Gus Van Sant, lui-même originaire de Portland où il fit ses premiers films, My Own Private Idaho et Drugstore Cowboy, avait rencontré John Callahan dès les années 80 et était fasciné par le personnage que tous les habitants de Portland connaissaient par ses caricatures – qui les réjouissaient ou les indignaient, le journal local recevant régulièrement des tombereaux de lettres d’insultes ou de protestation – mais aussi par sa propension à rouler tambour battant sur son fauteuil électrique débridé, en tombant régulièrement comme dans une des scènes drolatiques du film. Gus Van Sant avait tenté de monter un projet de film sur Callahan avec Robin Williams : en vain, les producteurs ne se bousculant pas au portillon.
Il s’est remis à la tâche et il a choisi – lui qu’on a connu quasi-expérimental avec Gerry ou Elephant – une veine classique, tout en déstructurant la narration, faisant de constants allers-retours entre la jeunesse valide et fêtarde de John avant l’accident fatal, la période de colère et de survie dans le centre de rééducation où il passa de longs mois au fond d’un lit immobile tournant sur un axe, et enfin son retour à une nouvelle vie, sa tentative d’abstinence, d’apprentissage du dessin d’humour et sa rédemption, le personnage n’ayant de cesse de renouer avec les gens qu’il avait pu blesser mais aussi renouer avec lui même.

La mise en scène est brillante, adoptant parfois une forme documentaire, et le film est porté par l’incroyable Joaquin Phoenix, acteur caméléon, qui sait vous faire passer du rire franc aux larmes, le personnage étant évidemment tout en faux cynisme pour masquer la souffrance mais se révélant finalement riche d’un profond humanisme. Les autres acteurs ne sont pas en reste : Jonah Hill en gourou disco et richissime d’un groupe d’alcooliques anonymes ; Rooney Mara dans le rôle de l’onirique muse rousse de John qui l’accompagna quelques années de sa vie ; l’inénarrable Jack Black en compagnon d’alcool et d’infortune qui provoqua l’accident et ne s’en remit jamais, attendant le pardon de John ; sans oublier Beth Dito, la chanteuse ronde et volcanique de Gossip, qui incarne génialement la grande gueule du groupe d’alcooliques. Drôlatique, impertinent, punk comme l’était le Portland des années 80 dans lequel a grandi le talent de Gus Van Sant, et finalement bouleversant, Don’t worry (raccourci qui deviendra très vite son titre usuel) est le grand film américain, intelligent et populaire, de ce début de printemps.