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REPRISE

Écrit et réalisé par Hervé LE ROUX - documentaire France 1997 3h12mn -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

REPRISEC'est un des plus beaux films réalisés sur 1968 et ses traces. Un documentaire dont le principe est à la fois évident et génial. Hervé Le Roux se souvient d’un de ces nombreux films tournés « à chaud » durant les événements de mai 68. Il s’agit de La Reprise du travail aux usines Wonder réalisé par des étudiants de l’Idhec. En quelques minutes s’y déploient toute l’intensité et toutes les contradictions du moment.
10 juin 1968, devant l’usine Wonder de Saint-Ouen : une jeune ouvrière, en larmes, refuse de reprendre le travail, « Je ne mettrai plus les pieds dans cette taule ! ». Elle discute avec ceux que l’on devine être les délégués syndicaux qui tentent de la convaincre de le faire alors qu’un jeune homme soutient auprès d’eux la révolte et le refus de la jeune femme. Ces quelques minutes deviendront l’emblème filmé d’une classe ouvrière à la révolte instinctive, tiraillée entre une vision « réformiste » (ou « révisionniste » comme il se disait alors) et une vision « gauchiste » de son rôle politique.

Le Roux aura l’idée de rechercher, trente ans plus tard, les protagonistes de ce petit théâtre. Il les retrouvera tous, à l’exception de la jeune femme, sublime et poétique point aveugle. Ce sont, dès lors, trente ans d’histoire de la classe ouvrière française qui s’inscrivent dans les paroles de ceux que le cinéaste a rencontrés.
L’important ne réside peut-être pas dans la subjectivité de ceux qui n’ont rien regretté (les délégués CGT) ou de ceux qui ont changé (le jeune étudiant maoïste) mais dans la peinture d’une dislocation insidieuse et fatale de toute une classe sociale, collectivement laminée par un mouvement irrépressible de l’économie les décennies suivantes, notamment ces années 1980 qui ont liquidé toutes les conditions de ce qui faisait de la classe ouvrière une communauté authentique. Sans doute percevait-on désormais ce qui pouvait rapprocher ce film du précédent. Chacun, à son échelle, était la description mélancolique d’une communauté qui se défaisait sous les coups du temps qui passe.

« Je n'avais pas de thèse à défendre, je voulais retrouver cette femme (ne racontez pas la fin, je vous le demande !). Au fur et à mesure,on regarde différemment les dix petites minutes tournées en 1968, chaque témoignage est un éclairage nouveau. Aujourd'hui, avec la précarisation, la violence du chômage, on retrouve les conditions insupportables de travail que décrivent les ouvriers du film à propos des années 60. On pouvait croire après 1968 que le capitalisme s'aménagerait, que les choses allaient mieux. La ville de Saint-Ouen, où se trouvait Wonder, a perdu 20 000 emplois à partir des années 70 ! » Hervé Le Roux