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Nouveautés Vidéo en Poche
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CINÉ TRICO'THÉ DE NOVEMBRE
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Dimanche 15 février à 10h, avant-première lors du petit déjeuner (on offre le café, vous portez les brioches). La projection sera suivie d'une rencontre avec les réalisateurs Matthieu Levain et Olivier Porte. En collaboration avec le groupe Slow Food Languedoc.
Organisé dans le cadre de Manger sans paysans - la fin de la culture paysanne ?

HERBE

Matthieu LEVAIN et Olivier PORTE - documentaire France 2008 1h16mn -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

HERBE Savez-vous ce que mangent les vaches ?… On les voit paître sur les murs du métro, et l’image d’une vache heureuse et épanouie dans un pré réveille nos rêves de campagne, de nature saine et généreuse ! Mais de l’herbe, bien sûr ! répondez-vous à l’unisson ! Elles mangent de l’herbe ! Rapé ! La plupart des vaches bouffent toutes sortes de saletés : maïs, soja et autres farines et c’est désormais un acte de résistance formidable que de laisser tranquillement les vaches paître dans un pré. Surtout que si l’on dit maïs et soja pour l’alimentation animale, on veut dire aussi OGM. Pourquoi selon vous, alors que les OGM en tant qu’aliments directs sont désormais étiquetés sur les étals, le lobby des industries agroalimentaires résiste à l’étiquetage des viandes et des produits laitiers issus d’animaux ayant consommé des OGM ? Tout simplement parce que près de 70% des escalopes, yaourts ou autres produits animaux seraient étiquetés « avec OGM » et que soudain ça ferait réfléchir plus d’un consommateur.



C’est l’histoire que raconte ce film où l’on voit bien que les vaches sont plus belles, ont un regard plus doux quand elles sont aimées et que la vie d’un paysan n’est pas la même selon qu’il choisit d’être du côté du productivisme à marche forcée, ou de l’agriculture raisonnable. En même temps, la force du film est de présenter en parallèle plusieurs familles d’éleveurs laitiers bretons (celles qui ont choisi la nourriture à base de maïs/soja et celles qui ont choisi l’élevage herbager) sans pour autant faire des uns de sales crétins productivistes et les autres des héros des prairies. Ceux qui ont fait le mauvais choix, celui qui leur a été conseillé par les banques et les coopératives agricoles qui n’ont de coopératif que le nom, ne sont que les victimes d’un système qui a fini par les endetter, les contraignant à toujours plus de travail, d’investissement et de gestion contraignante. Alors que les éleveurs herbagers parviennent à s’en sortir finalement plutôt bien, puisqu’ils maitrisent un cycle géographique immuable non soumis aux aléas des prix des matières premières. Eh oui ! pour une fois ce sont ceux qui ont fait le choix d’une certaine forme de décroissance qui sortent gagnants d’un point de vue économique et ça, pour sûr que ça nous réjouit au plus haut point !
Pour autant demeure une totale absurdité dénoncée avec force par plusieurs intervenants du film, notamment par André Pochon, un paysan breton qui, derrière un beau visage tout droit sorti d’un film de Depardon, cache un combat de plusieurs décennies au service de l’agro-écologie : pourquoi la fameuse PAC, Politique Agricole Commune, pourquoi les politiques agricoles de l’Etat français n’ont fait encore et toujours que subventionner ceux qui avait fait les choix contraires à la nature, sinon pour soutenir artificiellement le modèle agro-industriel dominant ?

Un bien beau film qui frappe juste et fort coup sans tomber dans le manichéisme, qui nous apprend à mieux comprendre les tenants et les aboutissants pas très glorieux de notre alimentation. Avec en filigrane un grand espoir quand on voit ces paysans, au demeurant plus sensibilisés à la gestion qu’à l’écologie, comprendre le sens de leur travail et se rassembler pour reprendre en main leur destinée en toute indépendance.