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Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

CINÉ TRICO'THÉ DE NOVEMBRE
On reprend les bonnes habitudes et on se retrouve le premier samedi du mois de novembre pour tricoter, siroter un thé, s’échanger des trucs et astuces en tout genre … et puis aussi discuter du film que l’on aura regardé ensemble. Cette fois ci nous avons choisi CAPHARNAÜM réalisé par de Nadine L...

Calendrier des postiers
Pour changer (et vous venger) des calendriers avec des petits chats, des petits chiens, des fleu-fleurs ou des chevaux galopant dans le soleil couchant, les postiers en grève de 92 vous proposent un clalendrier 2019 avec les signataires soutenant le mouvement : “Un jour, un signataire de calendr...

MON TISSU PRÉFÉRÉ

Gaya JIJI - France / Syrie 2018 1h36mn VOSTF - avec Manal Issa, Ula Tabari, Mariah Tannoury, Saad Lostan, Souraya Baghdadi, Metin Akdülger... Scénario de Gaya Jiji, avec la collaboration d'Eiji Yamazaki.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MON TISSU  PRÉFÉRÉNahla est une douce rêveuse. Seule dans l’intimité de sa chambrette, elle sort de leur cachette des nuisettes soigneusement pliées, des tenues sensuelles qu’elle ne saurait porter ouvertement dans sa vie quotidienne à Damas… Nous sommes en mars 2011, le carillon du printemps arabe sonne aux portes de la Syrie mais le quotidien semble s’être figé dans un hiver indélébile, où les femmes n’ont pas la place d’expérimenter, d’apprendre à connaître leurs corps. Déesses toutes-puissantes dans leurs foyers, mais si peu maîtresses de leurs destinés, de leurs émois, impossibles à dévoiler, encore plus à assouvir au grand jour. Le bouillonnement qui monte en Nahla est tout autant indicible. Qui pourrait l’entendre ? La transparente Myriam, sa sœur cadette, irrévocablement emmaillotée dans le carcan familial ? Sa benjamine, dont les coups de gueule ironiques résonnent comme l’espoir d’une génération nouvelle qui ne quémandera plus la permission d’exister ? Sa mère ? Elle n’a d’autre choix que de régner, omnipotente et roide, sur cette maisonnée sans mâle, seule garante de la morale et des traditions depuis la disparition de son mari. Leur vie, à toutes les quatre, semble confinée dans ce huis-clos au féminin, étouffant à force d'être rassurant. Pour Nahla aucune échappatoire. Son parcours se limite à un perpétuel aller-retour entre la boutique, où elle vend sans conviction des fringues à des clientes impossibles à satisfaire, et l’appartement familial.



Tout cela pourrait prendre fin avec l’entrée en lice de Samir, un prétendant syrien sérieux, qui demande un beau jour la main de Nahla, sans même l’avoir effleurée. Mais qu’importe ! Ce beau parti, médecin résidant en Amérique, semble tomber du ciel. Il représente une occasion inespérée de fuir vers un pays de libertés, loin de la guerre civile qui gronde… Mais Nahla a soudain la tête ailleurs, perturbée par la présence d’une drôle de dame qui vient emménager à l’étage du dessus… Elle s’appelle Jiji. Sa bouche est trop large, ses yeux trop grands, son verbe trop haut. Elle semble être passée de l’autre côté de la barrière, dans les strates inaccessibles d’une émancipation interdite aux gens dociles. Nahla, fascinée, l’observe à la dérobée… puis s’enhardit…

Ce très beau premier film, sans être autobiographique, plonge ses racines dans le vécu de la réalisatrice, son rapport à la Syrie, sa terre natale, qu’elle a fui sans retour possible. Loin de se lancer dans un pamphlet véhément, elle procède par petites touches, reliant l’intimité de son héroïne à l’histoire de son pays. Elle nous amène à ressentir l’enjeu politique majeur que représente la sexualité féminine, le climat oppressant qui pèse sur le ventre des femmes. Elle nous donne à voir le courage discret qu’elles déploient au quotidien…