LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 6,50€
CARNET D'ABONNEMENT : 47€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance sur fond gris : 4€
Moins de 14 ans : 4€
(paiements uniquement en chèques et en espèces)

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

CINÉ TRICO'THÉ DE NOVEMBRE
On reprend les bonnes habitudes et on se retrouve le premier samedi du mois de novembre pour tricoter, siroter un thé, s’échanger des trucs et astuces en tout genre … et puis aussi discuter du film que l’on aura regardé ensemble. Cette fois ci nous avons choisi CAPHARNAÜM réalisé par de Nadine L...

Calendrier des postiers
Pour changer (et vous venger) des calendriers avec des petits chats, des petits chiens, des fleu-fleurs ou des chevaux galopant dans le soleil couchant, les postiers en grève de 92 vous proposent un clalendrier 2019 avec les signataires soutenant le mouvement : “Un jour, un signataire de calendr...

La séance du dimanche 7 octobre à 18h45 sera suivie d'une rencontre avec Sinisa Juricic, producteur croate du film et fixer pour les reporters pendant la guerre.

CHRIS THE SWISS

Film d'Anja KOFMEL, animation de Simon ELTS et Serge VALBERT - documentaire Suisse / Croatie 2018 1h30mn VOSTF -

Du 03/10/18 au 23/10/18

CHRIS THE SWISSOn n'écrit jamais aussi bien la grande histoire qu'à la première personne. Même si les historiens ont pour but d'apporter de l'objectivité au récit des hommes, elle n'est que la somme raisonnée des subjectivités. Si le beau et troublant (autant par son récit personnel que par sa forme) premier long métrage de la suissesse Anja Kofmel évoque une des plus grandes tragédies du xxe siècle européen, il n'en démarre pas moins par un cauchemar d'enfant. Une petite séquence en animation montre une petite fille réveillée par des chuchotements et des sanglots d'adultes : c'était la nuit, il y a de cela vingt ans, où Anja a appris la mort de son grand cousin admiré Chris, journaliste de guerre, retrouvé étranglé à quelques centaines de kilomètres de la paisible Suisse alémanique, dans un champ boueux de Croatie. Dès les premières minutes, la réalisatrice nous plonge dans cette forme hybride qui fait toute la force et la beauté du film, la poésie des souvenirs familiaux et la tragédie d'une histoire trouble enfouie avec sa part de réalité incertaine, que retranscrivent l'animation et le travail d'enquête. Deux décennies en effet après cette nuit d'effroi, Anja Kofmel, réalisatrice de films d'animation et jusque là nullement journaliste ni documentariste de terrain, décide, armée de quelques vieux carnets de voyage et de notes de son cousin, de prendre le même train que celui qu'avait pris Christian Würtenberg (le Chris du film) en 1992, direction Zagreb.

Débute ainsi une enquête d'autant plus complexe que le pouvoir croate, aujourd'hui d'extrême droite, est peu désireux de déterrer le passé et se soucie surtout de faire perdurer la mémoire des prétendus héros croates qui ont conquis l'indépendance du pays face aux Tchetchniks serbes. Car l'histoire est des plus troubles : Chris, reporter radiophonique sur les différents fronts de la première guerre des Balkans (celle qui opposait Croates et Serbes), avait fini par rejoindre une hétéroclite milice internationale, composée de volontaires ultra catholiques d'extrême droite, venus en découdre avec les héritiers du communisme de Belgrade. Une milice dirigée par un personnage de méchant tout droit sorti d'un album de Corto Maltese : Chico, un Bolivien d'origine hongroise, formé militairement par l'Union soviétique avant de devenir journaliste pour le journal conservateur la Vanguardia puis de former sa milice pro-croate.

L'enquête d'Anja Kofmel pose des dizaines de questions : pourquoi Chris avait-il endossé l'uniforme ? Par fascination romantique pour ces anti-héros ? Pour infiltrer la milice, dont on pense qu'elle était financée par l'obscur Opus Dei, à l'affut d'un reportage choc qui aurait fait sa renommée de reporter ? La réalisatrice interroge même à un moment le sulfureux terroriste Carlos, qui a croisé la route de Chris et émet l'idée que c'était un agent secret suisse !
Le film alterne donc une enquête palpitante – faite de de rencontres avec d'autres reporters de guerre, qui transmettent bien l'ambiguïté d'un travail où chacun peut à un moment basculer au delà de l'objectivité journalistique, mais aussi d'anciens mercenaires membres de la milice – et des moments étonnants d'échappée visuelle, de poésie noire à travers les séquences d'animation. Chris the Swiss est ainsi une vraie réussite dans sa forme, aussi originale qu'aboutie, et dans sa réflexion sur le rôle du journalisme en même temps que sur les mécanismes qui poussent encore aujourd'hui des jeunes gens à partir aveuglément vers des conflits armés à travers le monde.