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SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

CINÉ TRICO'THÉ DE NOVEMBRE
On reprend les bonnes habitudes et on se retrouve le premier samedi du mois de novembre pour tricoter, siroter un thé, s’échanger des trucs et astuces en tout genre … et puis aussi discuter du film que l’on aura regardé ensemble. Cette fois ci nous avons choisi CAPHARNAÜM réalisé par de Nadine L...

Calendrier des postiers
Pour changer (et vous venger) des calendriers avec des petits chats, des petits chiens, des fleu-fleurs ou des chevaux galopant dans le soleil couchant, les postiers en grève de 92 vous proposent un clalendrier 2019 avec les signataires soutenant le mouvement : “Un jour, un signataire de calendr...

GIRL

Lukas DHONT - Belgique 2018 1h45mn - avec l'extraordinaire Victor Polster, Arieh Worthalter, Oliver Bodart, Tijmen Govaerts, Katelijne Dhaenens... Scénario de Lukas Dhont et Angelo Tijssens. Festival de Cannes 2018 : Caméra d’or – Prix de la Critique Internationale – Prix d'interprétation Un certain regard pour Victor Polster.

Du 07/11/18 au 18/12/18

GIRLC'est un premier film magistral qui voit l'avènement d'un grand cinéaste et d'un grand acteur qui est tout autant une grande actrice. Le divin Victor Polster qui incarne Lara (et en a l'âge) est avant tout danseur mais ce serait vraiment dommage pour le cinéma s'il cessait de tourner…
Rigueur, ténacité, féminité, témérité… autant de qualités que Lara doit cultiver pour atteindre son inaccessible rêve : devenir danseuse étoile ! Il lui faudra même plus encore : le goût du sacrifice. Pourtant Lara, la douce, la studieuse, la gracieuse Lara, du haut de ses 15 ans, a déjà tout pour devenir une superbe jeune femme sauf… un petit appendice superflu entre les jambes, qui l’a faite garçon dans son corps alors qu’elle se sait fille dans sa tête, un grain de sable qui enraye ses projets de vie et qu’elle doit éradiquer. C’est un véritable parcours de la combattante qu’elle mène avec acharnement, faisant fi des obstacles, obstinément, se moquant des moqueries, essayant d’ignorer les regards qui la toisent. Lara force notre respect. Sa famille aussi d’ailleurs : tous s’arc-boutent la tête haute pour défendre cette fille pas tout à fait comme les autres, l’épaulant sans faiblir dans l’adversité, en particulier son père Mathias (Arieh Worthalter, exceptionnel). Admirable en tous points, il s’efforce de ne pas céder aux angoisses légitimes qui le transpercent parfois devant le choix définitif de son enfant, faisant taire sa peur face à l’opération irréversible qui sonnera le glas d’un possible retour en arrière. Peut-être aura-t-il fallu du temps à Mathias pour comprendre, accepter mais si le doute l’assaille, jamais il ne le fait peser sur les jeunes épaules de Lara, ni n’essaie de la convaincre. Mû par une confiance absolue en sa progéniture, il incarne à lui seul cet amour inconditionnel qui choisi d’accompagner plutôt que de gouverner.

Plongés dans l’intimité de la petite famille monoparentale, nous sommes bluffés par tant d’ouverture d’esprit, de tolérance, même si elles ne font pas tout, même si Lara ne mesure pas toujours la chance qu’elle a d’être tombée dans un foyer capable d’une telle qualité d’écoute. Même Milo, son cadet, qui n’a pourtant pas encore l’âge de raison, semble accepter sans broncher que son grand frère soit en définitive une grande sœur. Il apparaît comme une évidence que Lara est celle qui apporte le supplément d’âme féminine qui manquait à la maisonnée. Les câlins du soir qu’elle prodigue à son petit frère ont une saveur maternelle rassurante dans laquelle il peut s’endormir réconforté, sans craindre le loup qui rôde dans les bois sombres des contes.
Alors que sonne l’heure d’une nouvelle rentrée scolaire, c’est un nouveau départ qui s’annonce. Lara, qui vient d’être acceptée (à l’essai) dans une des plus prestigieuse école de danse de Belgique, est dans les starting-blocks. Elle a huit semaines pour démontrer à l’établissement qu’elle pourra se mettre au niveau des autres ballerines qui ont démarré la danse classique bien plus jeunes. Lara piaffe également d’impatience face aux effets du traitement hormonal qui tardent à être flagrants. Chaque jour elle guette les métamorphoses de son corps trop grand qu’elle s’apprête à torturer pour qu’il rentre dans le moule de ses désirs. Avec un acharnement violent, voilà notre donzelle qui s’escrime à faire des pirouettes ambitieuses, refuse de voir le monde autrement qu’à hauteur de pointes…Tandis que son entourage suit comme il peut…

Jamais film ne fut si proche d’un corps adolescent en pleine mutation, de sa réalité. Il imprègne jusqu’à nos chairs de son mal-être intégral mais surtout de sa fougue impérieuse à vouloir corriger certaines erreurs de la nature, quel qu'en soit le prix à payer. C'est très beau, c'est très fort et particulièrement émouvant. Un premier film en tous points remarquable, décidément.