LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 6,50€
CARNET D'ABONNEMENT : 47€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séance sur fond gris : 4€
Moins de 14 ans : 4€
(paiements uniquement en chèques et en espèces)

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

CINÉ TRICO'THÉ DE NOVEMBRE
On reprend les bonnes habitudes et on se retrouve le premier samedi du mois de novembre pour tricoter, siroter un thé, s’échanger des trucs et astuces en tout genre … et puis aussi discuter du film que l’on aura regardé ensemble. Cette fois ci nous avons choisi CAPHARNAÜM réalisé par de Nadine L...

Calendrier des postiers
Pour changer (et vous venger) des calendriers avec des petits chats, des petits chiens, des fleu-fleurs ou des chevaux galopant dans le soleil couchant, les postiers en grève de 92 vous proposent un clalendrier 2019 avec les signataires soutenant le mouvement : “Un jour, un signataire de calendr...

LES CAMARADES

Mario MONICELLI - Italie 1963 2h10mn VOSTF - avec Marcello Mastroianni, Renato Salvadori, Bernard Blier, Annie Girardot, Folco Lulli, François Perrier... Scénario de Mario Monicelli, Agenore Incrocci et Furio Scarpelli (le fameux duo Age & Scarpelli). VERSION INTÉGRALE INÉDITE.

Du 14/11/18 au 18/12/18

LES CAMARADESLa nuit est à deux doigts de laisser la place au jour. Dans la pauvre maison, la pénombre pourtant s'annonce constante et la mère secoue son monde. Le plus minot traine la patte : pas envie d'école, envie d'aller travailler avec son frangin, guère plus vieux, mais qui a déjà l'autorité de celui qui rapporte les sous. On casse la glace pour se laver le bout du nez, le charbon ne prend pas pour cause d'humidité (le charbonnier a pissé dessus rigole l'ainé) on boira le lait froid…
On a été averti dès les premières images par la musique de Carlo Rustichelli, entraînante, gaillarde, volubile : nous sommes en Italie, et si la vie y est dure en ce début des années 1900, elle sait aussi être joviale et drôle. Sur la misère, même du côté de Turin en pleine industrialisation, fleurissent malgré tout l'humour, la chaleur humaine. On y a la répartie facile, la main leste, les engueulades à quatre sous se bousculent, la solidarité y est nécessité vitale : un jour c'est moi demain ce sera toi… fatalement, ça crée des liens.
Dans le ciel qui s'éclaircit peut à peu, la cheminée de l'usine signe l'horizon vers lequel marche la petite foule des mal réveillés, mal fagotés, gamelle à la main : il y aura une brève pause à midi et ça ne fait pas lourd dans une journée de 13 ou 14 heures. Chacun prend son poste. Au coup de sifflet, les machines donnent le rythme…

Dès le début, dès les premières notes, les premières images au noir et blanc magnifiquement restauré, on est happé par le lyrisme emballant du film et très vite on comprend qu'il est plus qu'un très beau moment de cinéma : un moment de l'histoire qui raconte la naissance de notre époque actuelle, les premiers balbutiements de la lutte ouvrière…
C'est un travail collectif concerté dans l'enthousiasme par les meilleurs du cinéma italien. Il n'y a pas un mot de trop, pas une scène inutile, pas un personnage qui ne donne du sens et de la finesse à une aventure humaine à la fois douloureuse et exaltante, drôle et tragique. Age et Scarpelli au scénario, Carlo Rustichelli à la musique, Monicelli à la réalisation… un cocktail détonnant que vous retrouverez bientôt (on l'espère) avec Brancaleone aux croisades qui raconte le moyen-âge avec la même verve vivifiante et juste que ce film-ci relate la première révolte ouvrière d'Italie.

1905 : dans une fabrique textile, les accidents se multiplient et un ouvrier se fait happer le bras par une machine à tisser. On fait bien une collecte, mais certains s'énervent, une grande gueule dénonce : aujourd'hui lui, mais fatalement d'autres bientôt, les journées sont trop longues, le travail trop dur, trop chichement payé, le repos trop bref. Alors l'un d'eux lance l'idée : ce soir, on arrête les machines une heure plus tôt. Mais le chef a vent de la fronde, et les laborieux, terrifiés par leur propre audace, n'oseront pas affronter leurs patrons et finiront cette heure jusqu'à la dernière goutte…
La suite, je ne vous la dis pas, mais sachez qu'il n'y a rien de manichéen, jamais, dans les portraits de cette petite communauté humaine : on y est fort et faible à la fois, courageux et trouillard, couillon et subtil, braillard et amoureux sensible… On n'en fait plus beaucoup, des films comme ça, capables de traverser le temps sans prendre la moindre ride, bonifiés par les années qui en font émerger toutes les subtilités.

A noter : Annie Girardot en adorable jeunette qui se prostitue par refus d'un travail qui ne permet pas d'échapper à la misère.