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Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

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Séance unique le dimanche 2 décembre à 11h proposée et animée par Experts solidaires, suivie d'une discussion avec Jean-Pierre Mahé, Mélanie Ramnuth et Ismaël Benmansour. http://www.experts-solidaires.org
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BAMAKO

Écrit et réalisé par Abderrahmane SISSAKO - Mali 2006 1h58mn VOSTF - avec Aïssa Maïga, Tiecoura Traoré, Hélène Diarra, Roland Rappaport, Djénéba Koné... SÉLECTION OFFICIELLE FESTIVAL DE CANNES 2006, GRAND PRIX FESTIVAL DE PARIS 2006.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

BAMAKODrôle de film, pas banal, ambitieux et passionnant. Le seul à représenter l’Afrique au festival de Cannes 2006. Le seul aussi au Festival de Paris dont il a remporté le 1er Prix en juin. Drôle de film qui nous plonge dans le quotidien d’une poignée d’habitants d’un quartier de Bamako, dans une cour encerclée de maisons habitées par des familles qui ne se perdent pas de l’œil, partagent les choses du quotidien, banales, marrantes, dramatiques, touchantes. Drôle de film qui a choisi le quotidien le plus ordinaire comme décor d’un événement majeur et exceptionnel, quoique purement imaginaire. Dans ce microcosme qui semble pourtant loin des préoccupations du reste du monde va se tenir une procédure judiciaire inédite et ahurissante. Au milieu des poules, d’amants en plein drame, de femmes qui teignent des étoffes, de mecs qui papotent, d’autres qui écoutent un vieux poste déglingué, de voisins qui viennent jeter un œil… s’installe la scène d’un tribunal dont la gravité ne prête pas à la plaisanterie.
La modicité des sièges et du décor n’empêche pas le respect du protocole : avocats, juges arborent les attributs de leur fonction. L’instant est lourd de solennité et, dans cette cour dorée gavée de soleil, le procès qui se déroule est du niveau des grands procès de cinéma, palpitant avec ses moments d’émotion, ses témoins un peu folklos, mais tous porteurs d’une vérité forte. La société civile africaine, par la voix de ses meilleurs avocats, accuse le FMI, la Banque Mondiale le G8 et autres institutions d’être la cause des malheurs qui accablent l’Afrique.
Drôle de film joué par des comédiens, mais aussi par des vrais avocats, des vrais habitants des maisons autour de la cour… Tous convaincus de l’importance de leur témoignage, à juste titre, car en l’espace de presque deux heures, on va piger l’étendue du désastre et tout d’abord que la cause première du malheur de l’Afrique est moins sa pauvreté que ses richesses, constamment convoitées, toujours pillées.
On rappellera au passage que FMI et Banque Mondiale ont été mis en place à la fin de la seconde guerre mondiale aux fins de réguler le système financier international et d’aider les pays émergeants... Une aide empoisonnée qui vaudra aux pays africains, devant les difficultés à rembourser leur dette, de se voir imposer des programmes « d’ajustement structurel » d’inspiration très libérale dans les années 80.
Un remède qui s’avère, avec le recul, pire que le mal et aboutit au bout de vingt ans de « politique de redressement » à une aggravation de la situation : pauvreté bien plus grande pour les populations, abaissement de l’espérance de vie, progression de la mortalité infantile, baisse du taux d’alphabétisation etc.
Les pays riches avaient fixé à l’Afrique des règles qu’ils se gardaient bien de s’appliquer à eux-mêmes : suppression des subventions à l’agriculture, au textile, démantèlement des services publics, privatisations (qui se sont curieusement réalisées au profit de multinationales des pays riches)… Pourtant, si l’on s’en tient à l’ensemble des flux financiers, il y a belle lurette que les pays africains ont remboursé leur « dette », mais beaucoup d’entre eux ont dû tout céder et ne pourront plus assurer leur développement futur… « Désormais l’annulation tardive de la dette apparaît comme un leurre » dit Abderrahmane Sissako.