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SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

Dernier Ciné trico'thé de la saison !
On se retrouve le samedi 1er juin dans le hall du cinéma après la séance - vers 16h - de L’ADIEU À LA NUIT, pour papoter, siroter un thé (sûrement glacé !) et tricoter !... Lire Dernier Ciné trico'thé de la saison !...

Nouveautés Vidéo en Poche
Il y a du nouveau sur Vidéo en Poche ! Nous sommes très heureux de vous annoncer l’entrée au catalogue du film 120 battements par minute de Robin Campillo ainsi que de Jeanette, l’enfance de Jeanne d’Arc de Bruno Dumont. Le principe est toujours le même, venez avec votre clé USB ou votre dis...

Séance unique, mercredi 23 janvier à 13h45, proposée et présentée dans le cadre du 21ème Festival Chrétien du Cinéma.

LA TERRE ÉPHÉMÈRE

George OVASHVILI - Géorgie 2014 1h40mn VOSTF - avec Ilyas Salman, Mariam Buturishvili, Irakli Samushia... Scénario de George Ovashvili, Nugzar Shataidze et Rœlof Jan Minneboo.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA TERRE ÉPHÉMÈRELe film est à l'image de son titre, beau et mystérieux, simple et pourtant poétique… Et ce titre, La Terre éphémère, aussi joli et imagé soit-il, n'est pas qu'une formule, c'est une réalité : chaque été, le cours du fleuve Inguri, frontière naturelle entre la Géorgie et l'Abkhazie, laisse émerger des îlots de terre fertile qui seront de nouveau recouverts pas les eaux dès les premières pluies. Ces îlots sont une aubaine pour les paysans : ils peuvent y cultiver le maïs qui leur permettra de vivre tout le reste de l'année, à condition de pouvoir le récolter avant que le niveau du fleuve ne remonte à la fin de l'été.
La Terre éphémère suit un de ces paysans, un vieil abkhaze, qui prend possession d'un de ces îlots. Et l'on découvre alors le travail harassant qui l'attend. Il faut non seulement apporter tous les outils nécessaires à la culture sur ce lopin cerné par les eaux, mais il faut également y construire un abri pour s'y installer durant la saison. Le paysan commence donc les aller-retours sur son modeste bateau, dépose sur l'île son matériel et les planches de bois qui serviront à la construction d'une cabane, et débute l'aménagement de sa parcelle au cœur du fleuve. On sent immédiatement dans ses gestes, lents et précis, la force de l'habitude et la connaissance des tâches à effectuer. Mais on sent aussi à quel point le temps est compté pour espérer récolter avant la remontée des eaux. Le vieil homme avance donc imperturbablement son dur labeur, avant d'être rejoint et aidé par sa petite fille qui s'installe sur l'île avec lui. Leurs journées s'écoulent alors au rythme de la nature et des travaux à accomplir, régulièrement perturbées par le passage de patrouilles militaires sur le fleuve…

Huis-clos en plein air, encerclé par les eaux, La Terre éphémère ne s'éloigne à aucun moment de cette bande de terre nue et humide sur laquelle la vie éclôt peu à peu. Et si cette île est une aubaine pour le paysan en raison de sa fertilité, elle est aussi une fantastique idée de cinéma, paysage aussi magnifique qu'irréel d'un champ de maïs planté au milieu des eaux, vision sublimée par d'élégants mouvements de caméra et des cadrages somptueux. Le film s'adapte ainsi au rythme du travail du vieux paysan et de sa petite fille, scrute leurs visages et sonde leurs silences, laissant naître la tension du temps qui passe implacablement, et dont on ne peut oublier qu'il est compté.
On ne saura rien de la vie en dehors de l'île, rien ne sera dit de la relation qui lie ce paysan et sa petite fille, mais on comprendra pourtant beaucoup de choses en les observant évoluer sur cette île le temps d'un été. Et c'est le monde extérieur qui va jouer les intrus : d'abord des coups de feu et des cris entendus au loin, puis les rondes des militaires sur le fleuve et la présence de soldats qui les observent depuis les berges. D'eux aussi, on ne saura que peu de choses, et on ne pourra que déduire, de la différence de la langue qu'ils parlent et de l'uniforme qu'ils portent, qu'un conflit est en cours. Mais leur présence de plus en plus pressante et leurs patrouilles qui s'approchent inexorablement de l'île menacent de rompre un équilibre déjà bien fragile…