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SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

Dernier Ciné trico'thé de la saison !
On se retrouve le samedi 1er juin dans le hall du cinéma après la séance - vers 16h - de L’ADIEU À LA NUIT, pour papoter, siroter un thé (sûrement glacé !) et tricoter !... Lire Dernier Ciné trico'thé de la saison !...

Nouveautés Vidéo en Poche
Il y a du nouveau sur Vidéo en Poche ! Nous sommes très heureux de vous annoncer l’entrée au catalogue du film 120 battements par minute de Robin Campillo ainsi que de Jeanette, l’enfance de Jeanne d’Arc de Bruno Dumont. Le principe est toujours le même, venez avec votre clé USB ou votre dis...

L’ENFER DANS LA VILLE

Écrit et réalisé par Renato CASTELLANI - Italie 1959 1h46mn VOSTF - avec Anna Magnani, Giulietta Masina, Myriam Bru...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

L’ENFER DANS LA VILLEIci les femmes ont le verbe haut, le geste preste, d’autant quand elles se cherchent, se provoquent. Leurs accents ensoleillés nous renvoient des images de ribambelles de mioches, de guirlandes de nippes bariolées qui virevoltent sur d’immenses cordes à linge suspendues dans les ruelles étroites. Nul doute, nous sommes en Italie, celle du dessous des cartes, celle des geôles cachées. Ici les femmes ont la parole tendre quand elles fondent comme des midinettes oubliant un vague instant leurs manières de filles des rues qui en ont trop vu, trop fait. De belles dévergondées ! Leurs chants illuminent parfois les barreaux de leur prison.

C’est un film torride qui nous parvient du fond des âges, vibrant et râpeux comme la voix d’Anna Magnani qui nous aguiche, nous submerge, nous mène par le bout du nez. Elle incarne une belle brune, Egle, à qui personne n’ose résister, ni les hommes, ni ses compagnes d’incarcération. Un caïd au féminin qui impose le respect. Cela a beau se passer en milieu fermé, on l’oublie vite, tant elles sont vivantes, espiègles, dissipées, parfois coquines et coquettes, ou n’essayant plus de l’être, grandes gueules ou discrètes. S’il n’y avait les grilles, on se croirait presque dans un pensionnat pour jeunes filles, d’autant que les matonnes sont des nonnes, une sorte d’école de la mauvaise vie. Les plus anciennes affranchissent les novices, les taquinent volontiers mais partagent leurs combines. Le temps aidant, on se connait par cœur et on fait avec. Il y a celles qui sont là pour longtemps, purgeant de lourdes peines, il y a celles de passage qui n’y reviendront jamais, mais pour la majorité, c'est un perpétuel retour à la case prison, comme si leur existence n’était qu’un mauvais jeu de l’oie. Mauvaise donne, mauvaise pioche et tu replonges pour un tour… Il vaut mieux en rire ! Tu pleurniches ? Tes compagnes de taule auront tôt fait de te redresser !
Tiens, en voilà une qui débarque, de pleurnicheuse et elle le fait très bien (Giulietta Masina, dans le rôle de Lina, est une vraie tête à claques). Lina, avec sa bouille ronde, ses grands yeux effarouchés qui roulent dans tous les sens, ne voulant pas croire à ce cauchemar, clamant son innocence. On se gausse, forcément ! C’est toujours la même rengaine avec les petites nouvelles. Mais si celle-ci disait vrai ? On la parque dans une cellule : huit petits lits en rang d’oignons… L’un pour Berni, l’autre pour Renata, encore un pour « la comtesse »… Mais il y a surtout celui de la redoutable Egle, qui n’en fait qu’à sa tête, dort toute la journée quand les autres piaillent, puis chante à tue-tête la nuit pour énerver son monde, en particulier la terrible Moby Dick, du cachot d'en face. À les écouter s’alpaguer, pleines de gouaille et d’entrain, on a l’impression que le soleil rayonne, l’ambiance se rempli d’hormones, bouillonne malgré la grisaille des murs. On se dit que Lina ne fera pas long feu ici. Pourtant, contre toute attente, Egle va prendre la jeune oie blanche sous son aile…

La principale raison de voir ou revoir L’Enfer dans la ville reste la prestation épatante d’Anna Magnani, passant par tous les états d’âme, de bout en bout crédible tout en flirtant dangereusement avec le cabotinage. Toujours sa fougue l’emporte. Il lui suffit d’un regard, d’un geste, d’une modulation vocale pour nous porter l’estocade et nous faire tomber sous son charme…