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SANTIAGO, ITALIA

Nanni MORETTI - documentaire Italie 2018 1h20mn VOSTF -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

SANTIAGO, ITALIAUn regard perçant, un sourire à la fois grave et malicieux, n’osant pas être complètement heureux… Ce sont ceux de Salvator Allende le jour de son élection, en 1970, comme si un destin terrible était déjà scellé, alors que la foule galvanisée l’acclame de toutes ses forces. Ce sont les prémices de mois de liesse, de joie virevoltante, car soudain les rêves semblent pouvoir se concrétiser. Mettre fin à la fuite des capitaux, nationaliser les industries et la production de cuivre (qui ne profite jusque-là qu’aux Yankees), donner un emploi digne à chaque citoyen, de quoi vivre décemment, un demi-litre gratuit de lait par enfant quotidiennement afin qu’aucun ne souffre plus de malnutrition, redistribuer les terres agricoles aux paysans… Instruction gratuite pour tous, extension de la couverture maladie, augmentation de 40 % des salaires, gel des prix des produits de base… Ce sont les premières mesures prises par ce nouveau gouvernement qui n'a pas de socialiste que le nom. Nos gilets jaunes n’oseraient pas en demander autant ! Le gouvernement d'Allende ne pleurniche pas auprès des grands patrons pour qu’ils donnent une obole à Noël à leurs employés. Le Chili d'Allende fait confiance à l’intelligence collective des citoyens au lieu de s’en défier.

Le Chili s’effondre-t-il ? Que nenni ! Les résultats économiques sont tels que le PIB progresse de 9% et que le taux de chômage ne sera plus que de 3,1 % en 1972. Les seuls qui ne sont pas ravis sont les classes jusques-là dominantes, qui doivent désormais payer un impôt sur le revenu, et bien sûr les États-Unis qui perdent leur vache à lait. Et si la bonne gouvernance faisait tache d’huile ? Nixon tremble et gronde : « Notre principale préoccupation concernant le Chili, c'est le fait qu'Allende puisse consolider son pouvoir, et que le monde ait alors l'impression qu'il est en train de réussir. Nous ne devons pas laisser l'Amérique latine penser qu'elle peut prendre ce chemin sans en subir les conséquences ». La presse nationale inféodée à la classe dominante riche mènera des campagnes de désinformation massives, agressives afin de discréditer le gouvernement de l’Unidad Popular…
La suite ? C’est le 11 septembre, celui de Santiago en 1973 : l’attaque de la Moneda ! Imaginez l’aviation française en train de bombarder le palais de l’Élysée et son gouvernement démocratiquement élu : « Impensable ! » direz-vous. C’est pourtant ce que vit le peuple Chilien cette année-là. « C’est une chose étrange : une armée qui se bat contre le peuple de son pays pour imposer une situation de force » dit l’un des protagonistes.
Alors que la plupart des pays européens n'ont pas le courage de condamner le putsch (ne serait-ce que pour ne pas heurter les Américains), le film raconte le lien qui va se tisser dès lors entre les Italiens et les réfugiés qu'ils vont accueillir. Un lien qui ne va cesser de croitre et de se consolider. À partir de l’ambassade italienne à Santiago tout d’abord (le bruit circule vite qu’il suffit de sauter son mur pour y trouver refuge), mais en Italie également par la suite. Car cet élan de solidarité spontané, courageux, sans attendre les ordres venus de plus haut, va faire boule de neige, sans qu’il y ait besoin de grands discours. Le jardin de l’Europe accueillera à bras ouvert les Chiliens exilés, leur fournissant non seulement un toit, de quoi manger, mais aussi un travail, pour que tous vivent dans la dignité. Ceux qui croyaient repartir aussi sec dans leur pays d’origine, dès le coup d’état terminé, s’installeront dans le temps, tout comme le régime de Pinochet qui les empêchera de faire marche arrière…

Nanni Moretti fait le choix d’aller interviewer des gens de terrain, diplomates, résistants, militaires d’alors… et de maintenant ! Il s’efface humblement derrière son sujet qui est tellement puissant, touchant qu’il n’a pas besoin d’effets de manche ou de caméra pour nous saisir. D’autant qu’il résonne fortement avec notre époque : les portes de l'Italie se ferment aujourd'hui à double tour face aux nouveaux migrants. Moretti dit d'ailleurs que c'est l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite italienne qui l'a amené à réaliser ce magnifique film d'espoir et de solidarité. El pueblo unido jamás será vencido ! Il popolo unito non sarà mai sconfitto !