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"Un sale métier" à voir sur Mediapart
UN SALE METIER, c’est le titre (emprunté au Voleur de Georges Darien) d’un très chouette film réalisé par Pascal Catheland il y a quelques années, qui est visible en accès libre sur le site de Mediapart pendant une semaine à partir du 26 avril 2020 : Un sale métier / Mediapart. La présentation d...

LES GRANDS VOISINS, LA CITE REVEE
LES GRANDS VOISINS et Utopia Sainte Bernadette à MontpellierUne fois n’est pas coutume, à la suite de nos amis d’Utopia Tournefeuille, nous nous essayons à partager avec vous un film, LES GRANDS VOISINS - et de profiter autant que possible de ce moment pour discuter, ensemble, avec d’autres. San...

La Lettre de Wajdi Mouawad
“Nogent-sur-Marne, le 12 avril 2020Mon cher petit garçon, T’écrire ces quatre mots me bouleverse. Ils rendent si réel l’homme que tu es, en cet aujourd’hui qui est le tien, quand, dans celui qui est le mien, tu n’es encore qu’un enfant. Cette lettre je l’adresse donc à l’homme que tu n’es pas en...

YESTERDAY

Danny BOYLE - GB 2019 1h57mn VOSTF - avec Himesh Patel, Lily James, Ed Sheeran, Kate McKinnon... Scénario de Richard Curtis (Quatre mariages et un enterrement, Coup de foudre à Notting hill…). Musique, pour l'essentiel, de John Lennon et Paul McCartney.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

YESTERDAYElle est charmante, espiègle, frondeuse, bourrée d'énergie et futée comme pas deux : elle, c'est Ellie. Prof par passion à temps plus que complet, elle ne délaisserait pour rien au monde son boulot ni ses gamins. Pas même pour Jack, son amour d'enfant, devenu son amour secret d'adolescente puis son amour secret tout court. Jack, pour qui elle s'est improvisée « manager » depuis qu'il a abandonné l'enseignement afin de vivre à fond sa passion pour l'écriture et la musique. Fils aimé et aimant d'un joli couple d'immigrés indiens qui s'efforce de paraître s'intéresser à sa possible carrière artistique, Jack est un songwriter appliqué, consciencieux, mais sans génie, qui rêve de gloire et vivote de ses chansons, d'arrières-salles enfumées en chapiteaux désertés de festivals de troisième zone… Jack aime la chanson d'un amour total, irraisonné, mais ce n'est pas réciproque. Et tout à sa passion aussi dévorante qu'infructueuse pour les mots, les notes et la guitare, Jack ne voit pas ce qui pourtant devrait lui crever les yeux : l'affection que lui porte Ellie a depuis longtemps dépassé le stade de leurs innocents jeux d'enfants. C'est gros comme une maison : tout l'enjeu du film sera de savoir quand et surtout comment ce grand benêt de Jack va enfin ouvrir les yeux et accepter d'écouter ses sentiments pour la belle Ellie – et les tours et détours improbables, épiques, étourdissants, que va prendre ce chemin de Damas…

Et les Beatles dans tout ça, me direz-vous ? Eh bien un matin, suite à un bref black-out planétaire responsable de l'accident qui l'a expédié à l'hosto, Jack se réveille dans un monde à première vue normal – si ce n'est que, lorsqu'il fredonne Yesterday pour étrenner devant ses amis sa nouvelle guitare ou Let it be sur le piano familial, la stupeur est générale. Comment, par quel miracle, Jack, a-t-il pu accoucher de chansons pareilles ? Dans ce monde-là, les Beatles n'ont donc jamais existé ! On imagine le coup de tonnerre : c'est un peu comme si Jorge Mario Bergoglio (aka le pape François) se réveillait un matin avec la révélation de la non existence de Dieu… Dès lors, plusieurs dilemmes moraux vont perturber ce pauvre Jack. D'abord, ce patrimoine magnifique, ces merveilles de chansons que son entourage lui attribue sans coup férir, a-t-il le droit de le faire sien et d'en tirer une gloire usurpée ? Mais aussi, ce même patrimoine, à ses yeux inestimable, a-t-il le droit de ne pas l'offrir au monde et de le garder jalousement pour lui ? Et perfidement, à l'occasion : entre sa mémoire qui lui joue des tours, la pression d'une industrie qui voit en lui une exceptionnelle machine à cash, et les conseils avisés d'Ed Sheeran, star bien réelle qui a pris le petit génie sous son aile, peut-il décemment accepter de modifier, adapter à l'air du temps, trafiquer les tubes des Fab Four ? Et Ellie, dans tout ça ? Le brave Jack va avoir fort à faire avec son for intérieur pour démêler tous les nœuds de cette situation inextricable.



Porté par Lily James et Himesh Patel, jeune comédien tout à fait craquant en loser propulsé sous les sunlights à l'insu de son plein gré, Yesterday glisse de la comédie romantique à la critique acidulée de l'industrie de la musique, alterne avec légèreté les morceaux de bravoure (entre autres musicaux), les montées d'adrénaline (oui, il y a bien un suspense…), et les scènes apaisées, généreusement sucrées, qui réunissent les deux tourtereaux. Sous la caméra d'un Danny Boyle qui met un peu en veilleuse son goût immodéré pour les invraisemblables effets de prises de vue, cette jolie comédie pop estivale se révèle une excellente surprise, maligne, ludique et joyeuse, relevée d'un soupçon de mélancolie.