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"Un sale métier" à voir sur Mediapart
UN SALE METIER, c’est le titre (emprunté au Voleur de Georges Darien) d’un très chouette film réalisé par Pascal Catheland il y a quelques années, qui est visible en accès libre sur le site de Mediapart pendant une semaine à partir du 26 avril 2020 : Un sale métier / Mediapart. La présentation d...

LES GRANDS VOISINS, LA CITE REVEE
LES GRANDS VOISINS et Utopia Sainte Bernadette à MontpellierUne fois n’est pas coutume, à la suite de nos amis d’Utopia Tournefeuille, nous nous essayons à partager avec vous un film, LES GRANDS VOISINS - et de profiter autant que possible de ce moment pour discuter, ensemble, avec d’autres. San...

La Lettre de Wajdi Mouawad
“Nogent-sur-Marne, le 12 avril 2020Mon cher petit garçon, T’écrire ces quatre mots me bouleverse. Ils rendent si réel l’homme que tu es, en cet aujourd’hui qui est le tien, quand, dans celui qui est le mien, tu n’es encore qu’un enfant. Cette lettre je l’adresse donc à l’homme que tu n’es pas en...

STEVE BANNON, LE GRAND MANIPULATEUR

(The Brink) Alison KLAYMAN - documentaire USA 2019 1h31mn VOSTF - avec Steven K. Bannon, Nigel Farage, Jérôme Rivière, Louis Aliot, Mischaël, Paul Gosar, Filip Dewinter, Kent Ekeroth, Matteo Salvini...

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STEVE BANNON, LE GRAND MANIPULATEURL'embonpoint décomplexé, l'œil torve mais le regard acéré, le sourire rare et enjôleur, le cheveu gras et la lippe gourmande, courtois et séduisant en représentation mais volontiers débraillé et goguenard dans l'intimité, tel se présente l'homme dont on dit (et lui le premier) qu'il a « fait » l'élection de Donald Trump – qu'il est en quelque sorte le Pygmalion d'un des hommes les plus puissants (et les plus dangereux) de la planète, par ailleurs l'un des pires présidents qu'aient connu les États-Unis d'Amérique. Représentant auto-proclamé de l'aile nationaliste la plus conservatrice, la plus démagogiquement populiste de l'électorat de Trump, il en assimile sans ciller la nature profondément xénophobe, raciste, antisémite, misogyne, homophobe, on en passe et des meilleures. Incontestablement intelligent et beau parleur, roué comme un vendeur de polices d'assurance, il n'a pas son pareil pour haranguer une foule, retourner un contradicteur, désamorcer la critique, passionner son interlocuteur… Pourtant, nommé « Haut conseiller et chef de la stratégie » de Trump en novembre 2016 (il est à la manœuvre lorsque les USA se retirent de l'accord de Paris sur le climat), son engagement suprémaciste blanc radical fait tâche à la Maison Blanche et il est gentiment poussé vers la sortie après les rassemblements d'extrême-droite « Unite the right » de Charlottesville. C'est à ce moment-là, tombé en relative disgrâce, qu'il rappelle la productrice qui lui avait proposé de réaliser un film sur son engagement politique… Car l'homme a en outre un égo grand comme l'Everest – et c'est probablement l'unique raison pour laquelle ce film existe.

Tout entier dévoué à la mission politique quasi divine qu'il pense être la sienne, pour résumer l'avènement de l'Internationale libérale-populiste, il dirige comme un entrepreneur sa petite entreprise familiale, fait et défait la petite cour qui l'entoure, parcourt le globe en tous sens, joue de ses influences, crée des alliances entre les partis nationalistes, conseille et à l'occasion finance les extrêmes-droites européennes.
« Vous voulez que vos ennemis soient des monstres, mais en vérité, ils sont humains, et pour moi, c’est ce qui les rend le plus effrayants ». Alyson Klayman a vécu pendant plus d'un an dans l'ombre du militant, de l'homme d'affaires, de l'entremetteur, du bonimenteur… Elle filme au jour le jour la patiente reconstruction de l'animal politique, ses prestations, ses rencontres, ses ambitions, s'efforçant simplement de mettre méthodiquement à jour le danger qu'ils représentent, lui et son action. Toute l'ambiguïté du projet, toute sa singularité – mais aussi tout son intérêt, toute sa force et toute sa pertinence – tiennent en une question : est-il possible, en toute subjectivité, de faire, sans le trahir, le portrait de quelqu'un qu'on considère probablement comme son pire ennemi politique ? À la fois avec lui (avec son accord, mieux : avec sa participation) et contre lui. Le projet du film, véritable voyage embarqué aux racines du mal, est de toute évidence d'envoyer un message d'alerte aux spectateurs du monde entier. Au risque de se prendre au piège de la sympathie que le personnage, charmeur, ambigu, peut inspirer.

Après un an passé à côtoyer la sphère nationaliste américaine et européenne, Alison Klayman a toutes les raisons de craindre le renforcement de l'extrême-droite internationale. « C'est notre tour », aiment à dire ses dirigeants. « Le danger est réel », nous alerte-t-elle.