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CALENDRIER - ACCESSIBILITÉ PMR partie 10
Chers spectatrices et spectateurs,Pour vous parler de l’avancée des travaux au cinéma et alentours, et suivre ainsi le fil de la construction de cette future ligne de tram :Les travaux de la terrasse sont terminés.          Les travaux de la rampe PMR sont terminés.                Les travaux de...

"Un sale métier" à voir sur Mediapart
UN SALE METIER, c’est le titre (emprunté au Voleur de Georges Darien) d’un très chouette film réalisé par Pascal Catheland il y a quelques années, qui est visible en accès libre sur le site de Mediapart pendant une semaine à partir du 26 avril 2020 : Un sale métier / Mediapart. La présentation d...

LES GRANDS VOISINS, LA CITE REVEE
LES GRANDS VOISINS et Utopia Sainte Bernadette à MontpellierUne fois n’est pas coutume, à la suite de nos amis d’Utopia Tournefeuille, nous nous essayons à partager avec vous un film, LES GRANDS VOISINS - et de profiter autant que possible de ce moment pour discuter, ensemble, avec d’autres. San...

MILLENIUM ACTRESS

Satoshi KON - film d'animation Japon 2001 1h27mn VOSTF - Scénario de Satoshi Kon et Sadayuki Murai. Pour les enfants à partir de 12 ans. INÉDIT EN SALLES - COPIE RESTAURÉE.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MILLENIUM ACTRESSQu'on se le dise : Millenium actress est une pure, une véritable merveille. Graphiquement époustouflant, son récit-gigogne ambitieux, alambiqué mais d'une constante clarté, tient autant de la haute voltige que de la haute couture et laisse comme deux ronds de flan puisqu'il parvient non seulement à ne jamais perdre le spectateur, mais mieux : à passionner les néophytes que nous sommes pour les soubresauts de l'histoire du Japon, habilement mêlés au destin tumultueux d'une femme devenue par hasard, par passion pour un homme, pour échapper à sa famille et à sa condition, actrice de cinéma. Cette actrice, Chiyoko Fujiwara, ancienne star de studios aujourd'hui disparus, vit retirée du monde. Chiyoko accepte, le temps d'une unique interview, de revenir sur son immense carrière qui, outre l'histoire du pays, se confond avec celle du cinéma japonais. Et on se demande rapidement si la fébrilité excessive de Genya Tachibana, l'heureux reporter-cinéphile qui recueille ses confessions, tient à la trop grande admiration qu'il porte à l'actrice ou s'il n'aurait pas dans l'histoire un autre rôle à jouer. En effet, lorsque l'entretien débute, le journaliste remet en cadeau à l'actrice une clé, en apparence assez banale, mais qui va ouvrir les portes qui retiennent le flot jaillissant de ses souvenirs.

On n'en revient pas qu'il ait fallu attendre 20 ans pour que Millenium actress, film magistral d'un réalisateur trop tôt disparu, sorte enfin sur les écrans. En une courte décennie et seulement quatre longs métrages, de Perfect blue (1997), qui posait avec éclat les bases de son cinéma, à Paprika (2006), son ultime chef d'œuvre, Satoshi Kon s'est imposé comme une figure majeure, incontournable, non seulement du cinéma d'animation japonais, mais du cinéma-tout-court mondial. Quatre films avec lesquels, passant avec aisance du thriller au film d'anticipation, du mélo au conte de Noël à la Capra, Satoshi Kon étonne, émeut et passionne (Tokyo Godfathers, 2003, superbe relecture moderne du Fils du désert de John Ford, est à ce jour toujours cantonné en France aux bacs de DVD). Quatre réussites totales, qui déclinent dans un large éventail de genres sa fascination pour la filiation, la mémoire, l'univers mental et ses représentations possibles à l'écran.

Prenant donc appui sur les codes du mélodrame, Millenium actress nous entraine à un rythme haletant à la poursuite des souvenirs de Chiyoko. Depuis son expérience fondatrice – son coup de foudre, très jeune fille, pour un peintre en fuite, pourchassé par la police, et qui lui confie une mystérieuse clé en échange de la promesse de se revoir – jusqu'à l'ultime plan de son ultime film et la destruction des studios qui ont fait sa renommée (rassurez-vous, on ne dévoile rien : tout ça est raconté dès le début du film), sa vie est tout entière vouée à retrouver la trace cet homme-mirage. Et l'on comprend rapidement que l'enjeu, ce qui la guide, est moins l'aboutissement de ses recherches que la quête elle-même. Conçu comme une déclaration d'amour de Satoshi Kon au cinéma, Millenium actress convoque en outre de façon jubilatoire les références cinéphiliques (la fameuse clé est à la fois le Rosebud de Chiyoko et le McGuffin hitchcockien du film), brasse dans un magnifique tourbillon romanesque les évocations de Kurosawa, Mizoguchi, Ozu, et d'une foultitudes d'œuvres et d'auteurs méconnus du cinéphile occidental, pour construire la filmographie rêvée de son héroïne. Le résultat est un monument de créativité, un film foisonnant et vertigineux, dont l'habileté de la construction n'entrave en rien la puissance émotionnelle. Une magnifique histoire d'amour fou, dont la beauté formelle laisse émerveillé.