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"Un sale métier" à voir sur Mediapart
UN SALE METIER, c’est le titre (emprunté au Voleur de Georges Darien) d’un très chouette film réalisé par Pascal Catheland il y a quelques années, qui est visible en accès libre sur le site de Mediapart pendant une semaine à partir du 26 avril 2020 : Un sale métier / Mediapart. La présentation d...

LES GRANDS VOISINS, LA CITE REVEE
LES GRANDS VOISINS et Utopia Sainte Bernadette à MontpellierUne fois n’est pas coutume, à la suite de nos amis d’Utopia Tournefeuille, nous nous essayons à partager avec vous un film, LES GRANDS VOISINS - et de profiter autant que possible de ce moment pour discuter, ensemble, avec d’autres. San...

La Lettre de Wajdi Mouawad
“Nogent-sur-Marne, le 12 avril 2020Mon cher petit garçon, T’écrire ces quatre mots me bouleverse. Ils rendent si réel l’homme que tu es, en cet aujourd’hui qui est le tien, quand, dans celui qui est le mien, tu n’es encore qu’un enfant. Cette lettre je l’adresse donc à l’homme que tu n’es pas en...

KONGO

Hadrien LA VAPEUR et Corto VACLAV - documentaire France / Congo 2019 1h10mn VOSTF -

Du 01/07/20 au 21/07/20

KONGOQuelle étrange affaire que ce Kongo ! Un film perché entre songe, mythe, documentaire, un véritable ovni franchement intrigant et dépaysant.
Autant il peut paraitre étrange à un occidental blanc comme un cachet d’aspirine de retrouver le matin dans sa boîte-aux-lettres la réclame d’un féticheur vous promettant amour, gloire et argent, autant ça relève en Afrique du quotidien et surtout des croyances profondes. Nous voilà rendus à Brazzaville, capitale de République du Congo, où, contrairement à notre vieille Europe, la chasse au sorciers n’a jamais fait partie des obsessions nationales, heureusement. Ce n’est pas pour autant qu’ils pullulent, mais ils sont clairement identifiés et ont pignon sur rue. Évidemment ils n’ont pas l' allure caricaturale de ceux, affublés de baguettes magiques et de chapeaux pointus, qu’on rencontre dans nos contes à dormir debout. Ils ont clairement une utilité sociale, d’écoute, de gestion des conflits, de guérisseurs bienveillants…

Médard est un de ceux-là, un Ngunza, un sacré personnage ! Il fait partie des figures locales incontournables, accueillant chacun dans son église bâtie sur une parcelle familiale où la collusion entre vie profane et sacrée est absolue. C’est ici qu’il aide ceux qui sont à la marge, qu'il calme leurs angoisses, qu'il les protège des mauvais sorts… sans oublier de les décharger de quelques deniers au passage. Car enfin, il faut bien qu’il vive, lui aussi. Et vous le verrez, il ne s’en prive pas. Sa religion ne lui impose visiblement pas le célibat… Pas bien sûr que ce soit très catholique, mais tous pourtant le baptisent l’apôtre Médard. On va le suivre dans ses tribulations ordinaires et extraordinaires, dans l’intimité des ménages, dans son quotidien imprévisible, qui va le devenir encore plus quand une de ses ouailles va l’accuser d’avoir pratiqué la magie noire. On vous laisse découvrir comment il fera face à cette odieuse accusation et ses preuves accablantes, avant d’aller piquer un plongeon en eaux troubles parmi les sirènes du fleuve…

Ces paysages ensorcelants, chargés d’esprits et de croyances séculaires vont nous amener à changer de paradigmes, à adopter un point de vue loin de nos certitudes étriquées, héritées, à nos corps défendants, de notre passé colonial. Le film ne s’en tient pas à un étrange périple anecdotique, il nous amène à nous questionner sur notre cartésianisme, la justesse de nos propres croyances, leur impact sur d’autres civilisations. Il n’y a qu’à observer et se taire, d’abord amusés, puis progressivement médusés par la prégnance du phénomène, son intensité. Malgré la colonisation, les campagnes d’évangélisation, cette profonde vibration spirituelle africaine, qui peut nous sembler irrationnelle, a survécu, défiant le temps. Elle a changé de forme, a dû s’adapter, certes, mais a survécu et l’on peut gager que c’est pour longtemps encore. Dans le fond toute cette sorcellerie qui plane est une forme de résistance protectrice, celle d’un monde qui, tout en rêvant de confort moderne, n’a pas encore complètement ployé sous les fourches caudines du capitalisme, ni cédé devant la rapacité des entreprises chinoises qui viennent à leur tour exploiter une terre qui n’est pas celle de leurs ancêtres. Reste à savoir si les esprits autochtones auront toujours la puissance de les bouter dehors à coups de mauvais sorts.