UTOPIA SAINTE BERNADETTE
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SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

À LA VIE À LA MORT
Quelle joie de se retrouver sous les étoiles hier à Berat, en Haute-Garonne!Expo, rencontre et ciné avec Nevada. Quel bonheur.Déjà 200 personnes pour les prémisses d’un nouveau lieu vivant et pluridisciplinaire co animé par les habitants. Ce sont les premières festivités de l’été d’Utopia et du ...

Loi « sécurité globale » : « un outil pour permettre aux forces de l’ordre de cacher leurs dérapages »
Lu dans le journal Le Monde https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2020/11/05/loi-securite-globale-un-outil-pour-permettre-aux-forces-de-l-ordre-de-cacher-leurs-derapages_6058574_1653578.htmlJournalistes indépendants, collectifs, associations et syndicats se mobilisent contre un texte qu’...

THE INTRUDER

Roger CORMAN - USA 1962 1h23mn VOSTF - avec William Shatner, Frank Maxwell, Beverly Lunsford, Robert Ermhardt, Leo Gordon... Scénario de Charles Beaumont d'après son roman (en français, Un intrus).

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

THE INTRUDEREntre autres pépites – souvent des films d'horreur plus ou moins fauchés –, Roger Corman, le grand manitou de la série B, a tourné ce formidable The Intruder qu'on redécouvre aujourd'hui grâce à l'indispensable distributeur Carlotta Films.
L’action se situe au début des années 1960 à Caxton, charmante bourgade du sud des Etats-Unis, ontologiquement raciste, comme le rappelle l’un de ses habitants. Y débarque le meilleur élément perturbateur qui soit en la personne d’Adam Cramer (William Shatner génial, bien plus que dans son futur rôle du capitaine Kirk de la série Star Trek), soi-disant envoyé par une organisation à « vocation sociale » mais bel et bien émissaire d’un groupuscule d’extrême droite de type Ku Klux Klan opposé aux récentes lois d’intégration autorisant un quota d'élèves noirs à intégrer un lycée jusque là réservé exclusivement aux Blancs. Brillant tribun, il va réussir à soulever la population et à raviver la haine ségrégationniste qui ne demandait qu’à flamber…

« Je voulais m’éloigner du cinéma de genre et tourner un film engagé, évoquant la lutte pour les droits civiques et l’intégration des enfants noirs dans les écoles du Sud. Personne n’a voulu me financer. Le tournage fut éprouvant, menaces de mort à la clé. » Réalisé en 1962 avec l’argent rapporté par le succès de ses deux premières adaptations d’Edgar Poe (La Chute de la maison Usher et La Chambre des tortures), The Intruder a été filmé en décors naturels dans plusieurs villes du Missouri, en faisant appel à des autochtones pour la figuration. Dont très peu (euphémisme) partageaient les opinions progressistes de Corman et de son scénariste !
Fidèle à ses idéaux contestataires et à sa sympathie pour les marginaux, Roger Corman a réussi un film politique de haute volée. Le scénario est un modèle du genre. On le doit à Charles Beaumont, auteur de science-fiction qui adapte ici son propre roman, avant de se faire un nom à la télévision, en signant de nombreux épisodes de La Quatrième Dimension. Au passage, ce rusé de Corman n’oubliera pas de réduire les coûts en confiant à Beaumont un rôle dans le film ! Son scénario oppose d’abord les deux communautés de manière presque documentaire puis bascule dans la réflexion sur la manipulation des foules et le mirage du pouvoir oratoire.
La caméra, placée dans des angles impossibles, comme souvent chez Corman, scrute des personnages extrêmement bien écrits, aux fêlures et réactions inattendues. Jamais tout noir ou tout blanc. Le tout ficelé en quatre vingt trois minutes seulement. Du grand art. Et sans véritable équivalent dans la production de l’époque, le début des sixties, où Hollywood ne brillait pas encore par son audace politique.

Bien accueilli par la critique, The Intruder reste néanmoins connu pour être le premier film avec lequel son auteur a perdu de l’argent. Faisant mentir le titre de son épatante autobiographie, Comment j’ai fait cent films à Hollywood sans jamais perdre un centime, éditions Capricci.
A la suite de cet échec commercial, qui frappait un film auquel il avait énormément cru et qui reste celui dont il est le plus fier, Corman décide de revenir à un cinéma de divertissement et ne réalisera plus jamais de film ouvertement engagé. Ce qui rend The Intruder d'autant plus précieux.

(d'après J. Couston, Télérama)