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La Covid, la Ligne 5, le « Learning center » et UTOPIA
La Covid, la Ligne 5, le « Learning center » et UTOPIALes médias en auront fait leur feuilleton de l’été : la culture est au plus mal et le cinéma carrément à l’agonie. Impossible d’ouvrir un journal, d’allumer la radio ou de jeter un œil sur le fil de son réseau social préféré, sans e...

CALENDRIER - ACCESSIBILITÉ PMR partie 10
Chers spectatrices et spectateurs : Pour vous parler de l’avancée des travaux au cinéma et alentours, et suivre ainsi le fil de la construction de cette future ligne de tram : Les travaux de la terrasse sont terminés. Les travaux de la rampe PMR sont terminés. Les travaux de l’escalier sont term...

EVA EN AOÛT

(La Virgen de augusto) Jonas TRUEBA - Espagne 2020 2h09mn VOSTF - avec Itsaso Arana, Vito Sanz, Isabelle Stoffel, Joe Manjon... Scénario de Jonas Trueba et Itsaso Arana.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

EVA EN AOÛTDès le générique, la filiation avec Éric Rohmer saute aux yeux. Un prénom féminin et une mention calendaire dans le titre, un écran vermillon pour présenter l’émotive héroïne, jeune Madrilène qui choisit de passer le mois d’août dans la fournaise ; et surtout un proverbe : « Tout un chacun veut être lui-même, et moi de même », attribué au philosophe espagnol Agustin Garcia Calvo. Le cinquième film de Jonas Trueba – mais le premier à sortir en France – assume sans ambages sa dette envers le cinéaste du Rayon vert.
Eva (interprétée tout en délicatesse par Itsaso Arana, une révélation) mise sur le hasard – le grand sujet rohmérien – pour égayer sa vie et son été. Au gré des visites de musées et des déambulations nocturnes dans une ville désertée par ses habitants et livrée à la canicule et aux touristes, la jeune femme déboussolée va réussir à se composer une nouvelle bande d’amis éphémères.

Voilà un film d’une infinie douceur, qui prend son temps comme les vacances, souvent, l’autorisent. Les dialogues y sont tantôt légers, tantôt existentiels. La bienveillance de tous les personnages les uns envers les autres, même quand ils se croisent pour la première fois à la sortie d’un cinéma ou dans un bar, devient presque incongrue. L’absence de menace autour d’Eva renforce le mystère. La jeune femme n’est pas très bavarde, préfère écouter les autres. On ne saura rien de son passé. Tout juste apprend-on qu’elle a voulu, un temps, devenir actrice et qu’elle est « sur le point d’avoir 33 ans ». Sa pureté, sa fragilité ont quelque chose de sacré. Elle s’émeut aux larmes quand elle assiste à une procession du haut de son balcon.

Avoir des enfants ou pas. Voyager ou être un touriste dans son propre pays. Devenir une « vraie personne ». Comment vivre au présent et se poser des questions sur son avenir ? Un moment, Eva écoute le propriétaire de l’appartement qui lui est confié citer un historien du cinéma à propos des comédies hollywoodiennes des années 1930. Avec pour la première fois ces personnages de femmes déterminées, indépendantes, charismatiques à qui Barbara Stanwyck ou Katharine Hepburn offraient leur intelligence et pas seulement leurs jambes, dissimulées, pour la première fois, sous un pantalon. Eva est l’une des leurs.

(J. Couston, Télérama)