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La Covid, la Ligne 5, le « Learning center » et UTOPIA
La Covid, la Ligne 5, le « Learning center » et UTOPIALes médias en auront fait leur feuilleton de l’été : la culture est au plus mal et le cinéma carrément à l’agonie. Impossible d’ouvrir un journal, d’allumer la radio ou de jeter un œil sur le fil de son réseau social préféré, sans e...

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Chers spectatrices et spectateurs : Pour vous parler de l’avancée des travaux au cinéma et alentours, et suivre ainsi le fil de la construction de cette future ligne de tram : Les travaux de la terrasse sont terminés. Les travaux de la rampe PMR sont terminés. Les travaux de l’escalier sont term...

NEVER RARELY SOMETIMES ALWAYS

Écrit et réalsé par Eliza HITTMAN - USA 2019 1h42mn VOSTF - avec Sidney Flanigan, Talia Ryder, Theodore Pellerin, Sharon Van Etten...

Du 16/09/20 au 13/10/20

NEVER RARELY SOMETIMES ALWAYSNe ratez pas ce petit bijou d’intelligence et de sensibilité qui se cache sous un titre un peu sybillin et qui sort en salles dans le creux de l’été. Il est à craindre qu’il passe un peu inaperçu, ce serait plus que dommage !
Dans la première scène, troublante, on découvre Autumn, 17 ans, à la fête de fin d’année de son lycée : elle interprète une chanson très personnelle, devant une assemblée de camarades de classe mi goguenards, mi méprisants… On comprend vite qu’Autumn, relativement discrète et introvertie, mène, dans sa petite ville sans histoire et sans intérêt de Pennsylvanie, une existence morose entre le lycée, où elle ne fait pas partie des filles « populaires », un petit boulot de caissière aux côtés de sa cousine à peine plus âgée et une famille où tout n’est pas au beau fixe : sa mère fait ce qu’elle peut mais ne peut pas grand chose, et son beau-père ne lui inspire aucun sentiment particulier et c’est réciproque. C’est la vie très ordinaire de cette jeunesse des classes populaires de l’Amérique profonde, qui se sent souvent délaissée et isolée. Partout et tout le temps, Autumn doit faire face au sexisme des hommes, à la vulgarité des lycéens, aux manœuvres de son chef à la supérette qui profite de la remise des caisses pour arracher une caresse, aux blagues salaces de son son beau père qui feraient passer Bigard pour un émule de Proust.
Et puis un jour, la vie d’Autumn va basculer lorsqu’elle apprend qu’elle est enceinte par un test de grossesse positif. Dans les États-Unis gangrenés par la pensée néoconservatrice et « pro life », il est plus facile pour une adolescente d’acheter un fusil d’assaut que de se faire avorter sans le consentement de ses parents. Autumn et sa cousine, après avoir dérobé quelques billets dans la recette de la supérette, vont donc prendre un bus pour New York : trois heures de route pour trouver un endroit où pouvoir avorter en tout anonymat.

Dans une veine qui pourrait évoquer le néo réalisme des premiers Cassavetes, le film, avec une remarquable économie de moyens et d’effets – trame simple, dialogues précis et jamais inutiles – raconte avec sobriété le parcours de combattante d’Autumn, sa détermination farouche en même temps que ses peurs et ses failles cachées. Le récit est surtout centré sur la très belle sororité entre les deux cousines, qui se passe le plus souvent de toute explication. La beauté du film et la montée de l’émotion résident dans des petits riens : quand, dans son centre médical de Pennsylvanie totalement acquis à la cause anti-avortement, l’échographe annonce à Autumn « le plus beau son qu’elle entendra », le battement de cœur de son bébé, et qu’elle détourne son regard embué de larmes ; ou quand, dans un interrogatoire et décisif, on demande à Autumn si elle a subi telles ou telles pratiques « Jamais ? Rarement ? Quelquefois ? Tout le temps ? », ce qui donne son titre à ce film si sensible, qui révèle une jeune actrice sublime de délicatesse : Sidney Flanigan.