UTOPIA SAINTE BERNADETTE
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SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

À LA VIE À LA MORT
Quelle joie de se retrouver sous les étoiles hier à Berat, en Haute-Garonne!Expo, rencontre et ciné avec Nevada. Quel bonheur.Déjà 200 personnes pour les prémisses d’un nouveau lieu vivant et pluridisciplinaire co animé par les habitants. Ce sont les premières festivités de l’été d’Utopia et du ...

Loi « sécurité globale » : « un outil pour permettre aux forces de l’ordre de cacher leurs dérapages »
Lu dans le journal Le Monde https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2020/11/05/loi-securite-globale-un-outil-pour-permettre-aux-forces-de-l-ordre-de-cacher-leurs-derapages_6058574_1653578.htmlJournalistes indépendants, collectifs, associations et syndicats se mobilisent contre un texte qu’...

GAZA MON AMOUR

Écrit et réalisé par Tarzan et Arab NASSER - Palestine / France 2020 1h28mn VOSTF - avec Salim Daw, Hiam Abbass, Maisa Abd Elhadi, George Iskandar... Collaboration au scénario, Fadette Drouard.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

GAZA MON AMOURPour affronter et transmettre dans leurs films la situation intenable que subit leur pays natal, Arab et Tarzan Nasser, les jumeaux fétiches du cinéma palestinien, originaires de Gaza, ont choisi les armes de la poésie, de l’humour, de la tendresse. Pour montrer que malgré les aléas, les privations, les entraves à la liberté, les bombes qui tuent et mutilent, un peuple libre et fier continue à vivre, à aimer, à espérer, à rire, à faire la fête. Dans leur premier long métrage, Dégradé, les frères Nasser racontaient déjà, avec une dérision irrésistible et un amour communicatif de leurs personnages, une tranche de vie de la petite enclave palestinienne coincée entre Égypte et Israël à travers les conversations – parfois parasitées par le bruit des tirs d’armes à feu venant de la rue – entre les clientes hautes en couleur d’un salon de coiffure. Dans ce très beau Gaza mon amour, ils nous livrent une histoire d’amour aussi simple que belle et quasi-miraculeuse.

Issa est un pêcheur sexagénaire un peu ronchon, qui vivote des quelques kilos de poissons pêchés dans l’étroite bande côtière concédée aux Gazaouis. Jaloux de son indépendance et de sa liberté d’action – et sans doute aussi parce qu’il n’a pas rencontré l’âme sœur –, il ne s’est jamais marié, malgré les manigances de sa sœur qui s’obstine à vouloir lui proposer des prétendantes. Et puis, un beau jour, Issa croise Siham, une belle couturière qui tient avec sa fille divorcée une échoppe de vêtements pour femmes. Et là tout change : Issa se transforme en soupirant aussi timide et pataud qu’un jouvenceau et se lance dans des tentatives d’approche pour le moins maladroites : il s’arrose du parfum bon marché fourni par son ami commerçant – qui, lui, ne rêve que d’exil en Europe – et va même, prétexte dérisoire, jusqu’à demander à la couturière de lui raccourcir un pantalon parfaitement à sa taille ! Mais voilà, rien n’est simple à Gaza. Il y a le qu’en dira-t-on, la réputation, le statut du prétendant, la fierté de la courtisée, mais aussi et surtout tout ce qui fait le quotidien du territoire : les coupures incessantes d’électricité, la misère endémique, les tracasseries des militaires israéliens, les bombardements plus ou moins lointains qui finissent par se rapprocher et qui peuvent tout interrompre.
La vie d’Issa devient encore plus compliquée quand il récupère dans ses filets une statue antique d’Apollon, qui arbore pour la blague un sexe en érection, une trouvaille d’une valeur inestimable qu’il va tenter de cacher mais qui va vite devenir un objet de convoitise et de tractations entre factions du Hamas !

Les frères Nasser décrivent avec un talent fou les aspects aussi terribles qu’absurdes de la vie quotidienne à Gaza, dans un style chaplinesque et drôlatique qui n’est pas sans rappeler le cinéma d’Elia Suleiman, tout en dessinant avec une grande sensibilité la carte du tendre entre Issa et Siham, incarnés magnifiquement par Salim Daw et notre chère Hiam Abbas. On avait les Coen, les Dardenne, les Larrieu… Accueillons avec joie une nouvelle fratrie dans notre petit panthéon du cinéma : les jumeaux Nasser, ambassadeurs sur grand écran d’une Palestine irréductible.