UTOPIA SAINTE BERNADETTE
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SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

À LA VIE À LA MORT
Quelle joie de se retrouver sous les étoiles hier à Berat, en Haute-Garonne!Expo, rencontre et ciné avec Nevada. Quel bonheur.Déjà 200 personnes pour les prémisses d’un nouveau lieu vivant et pluridisciplinaire co animé par les habitants. Ce sont les premières festivités de l’été d’Utopia et du ...

Loi « sécurité globale » : « un outil pour permettre aux forces de l’ordre de cacher leurs dérapages »
Lu dans le journal Le Monde https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2020/11/05/loi-securite-globale-un-outil-pour-permettre-aux-forces-de-l-ordre-de-cacher-leurs-derapages_6058574_1653578.htmlJournalistes indépendants, collectifs, associations et syndicats se mobilisent contre un texte qu’...

LA FEMME DU FOSSOYEUR

Écrit et réalisé par Khadar Ayderus AHMED - Djibouti / Finlande 2021 1h23mn VOSTF - avec Yasmine Warsame, Omar Abdi, Kadar Abdoul-Azim Ibrahim, Samaleh Ali Obsieh... Étalon d’Or, Grand prix du FESPACO 2021 (le plus grand festival de cinéma en Afrique).

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA FEMME DU FOSSOYEURSomalie, Soudan, Djibouti, Éthiopie, autant de pays que l’on désigne sous le mot générique et poétique de Corne de l’Afrique et qui au cinéma se retrouvent souvent au cœur de scénarios dramatiques, frappés du sceau de la misère et de toutes les malédictions imaginables… Mais avec La Femme du fossoyeur, point du tout ! Le jeune réalisateur Khadar Ayderus Ahmed nous offre tout au contraire une splendide histoire d’amour, limpide et lumineuse.



Le film commence par une scène d’un certain humour noir où l’on découvre Guled et ses collègues fossoyeurs qui guettent plein d’espoir, à la sortie d’un hôpital, d’éventuels clients prêt à être mis en terre… Puis on retrouve Guled dans son foyer, avec sa femme Nasra et leur fils Mahad, dans la banlieue de Djibouti (la ville), où ils mènent une existence pauvre et heureuse… jusqu’à ce que Nasra soit frappée d’une maladie bénigne mais qui nécessite impérativement une opération trop coûteuse pour les finances du couple. Cette situation pousse Guled à entreprendre un voyage pour tenter de se réconcilier avec sa famille laissée au village, sa famille qui pourrait sans doute l’aider mais avec laquelle il s’est brouillé suite à son mariage d’amour avec Nasra.
Khadar Ayderus Ahmed, jeune réalisateur somalien réfugié en Finlande depuis l’âge de 16 ans, a voulu non seulement rendre hommage à son pays natal, le sortir des stéréotypes misérabilistes et stigmatisants – en particulier sur le patriarcat et l’obscurantisme accolés à ces régions – mais aussi au cinéma africain qu’il a tant de mal à voir en Finlande : il a pensé aux films du Tchadien Mahamet Saleh-Haroun ou du Mauritanien Abderrahmane Cissako, qui tous deux se sont attachés dans des œuvres d’un humanisme inspirant au sort des petites gens capables de déplacer des montagnes.
« Plus l’amour est profond, plus les sacrifices sont grands » dit la phrase choisie pour figurer en exergue sur l’affiche du film. Elle résume bien la force de ce couple et partant de ce film dont les protagonistes ne se laissent jamais gagner par le désespoir alors même que tout pourrait sembler perdu : on pense en particulier à cette scène drôlatique où le couple rompt la morosité du quotidien de la maladie en s’incrustant au mariage de gens qu’ils ne connaissent pas. Mais au-delà de la beauté de l’histoire d’amour, Khadar Ayderus Ahmed fait passer un message essentiel au public occidental : alors que des milliards ont parfois été gaspillés en Occident dans la lutte contre le Covid et que nous bénéficions de systèmes de santé protecteurs, les habitants des pays du Sud peuvent mourir à tout instant de maladies ou accidents bénins faute de soins gratuits ou de médicaments élémentaires, et ce malgré les bénéfices records de l’industrie pharmaceutique.

Pour ce message humaniste, pour l’interprétation remarquable des comédiens venus de tous les horizons (Omar Abdi est finlandais comme Khadar Ayderus Ahmed, Yasmine Warsame est une mannequin internationalement reconnue et le jeune Kadar Abdoul-Azim Ibrahim a été choisi dans une école de Djibouti), pour les images remarquablement éclairées, notamment celles du désert, La Femme du fossoyeur, d’abord sélectionné par la Semaine de la critique du Festival de Cannes, a remporté la récompense suprême au FESPACO de Ouagadougou. Le film a même été plébiscité en Somalie, terre natale du réalisateur, et il a été diffusé en prime time à la télévision nationale ! Dans un pays où le cinéma avait totalement disparu… Une récompense de plus pour ce beau film qu’on vous invite chaleureusement à découvrir.