UTOPIA SAINTE BERNADETTE
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SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

À LA VIE À LA MORT
Quelle joie de se retrouver sous les étoiles hier à Berat, en Haute-Garonne!Expo, rencontre et ciné avec Nevada. Quel bonheur.Déjà 200 personnes pour les prémisses d’un nouveau lieu vivant et pluridisciplinaire co animé par les habitants. Ce sont les premières festivités de l’été d’Utopia et du ...

Loi « sécurité globale » : « un outil pour permettre aux forces de l’ordre de cacher leurs dérapages »
Lu dans le journal Le Monde https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2020/11/05/loi-securite-globale-un-outil-pour-permettre-aux-forces-de-l-ordre-de-cacher-leurs-derapages_6058574_1653578.htmlJournalistes indépendants, collectifs, associations et syndicats se mobilisent contre un texte qu’...

LES GOÛTS ET LES COULEURS

Michel LECLERC - France 2022 1h50mn - avec Rebecca Marder, Félix Moati, Judith Chemla, Philippe Rebbot, François Morel... Scénario de Michel Leclerc et Baya Kasmi.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LES GOÛTS ET LES COULEURS« Les goûts et les couleurs, nous disaient nos grand-mères, ça ne se discute pas ». Sous-entendu : pas la peine de perdre du temps à s’entre-convaincre du contraire, on a chacune et chacun un mauvais goût solidement chevillé au corps, d’une objectivité très relative, et ce n’est pas à coups d’argumentaires fielleusement assénés qu’on s’en fera mutuellement changer. Les couleurs des uns, le goût des autres, pas la peine d’avoir fait socio pour comprendre que c’est le fruit d’une éducation, d’une culture, d’une classe sociale, d’une histoire particulière – qui en définitive nous fait mal juger par l’autre, de l’autre bord. Même si cet autre, indubitablement, nous plairait plutôt. Par exemple Marcia : à pas même 25 ans, cette encore presque gamine taquine la chansonnette avec talent et a déjà connu un petit succès d’estime. Juste suffisant pour lui valoir occasionnellement les honneurs des télés. Marcia vit sa vie d’intermittente du presque-haut du panier, aligne les dates de concerts, vit sa bohème parisienne dans une péniche amarrée sur un quai de Seine où elle partage la vie d’une plasticienne prometteuse. Cultivée, talentueuse, Marcia ne roule pas sur l’or mais profite de la vie qu’elle s’est choisie. La chance souriant aux audacieuses, elle s’est discrètement coulée dans l’intimité d’une ancienne chanteuse, Daredjane, qui a enchaîné les succès et surfé sur les modes des décennies durant avant de tomber dans l’oubli. L’enthousiasme de la jeunette convainc l’ex-star des 80's d’enregistrer, dans son appartement, quelques nouvelles chansons qu’elles écrivent ensemble – et Marcia, malgré les réticences de son impresario, se fait fort de mettre à profit sa notoriété naissante pour ressusciter la carrière de l’idole devenue son amie.



La disparition soudaine de Daredjane met un coup d’arrêt brutal à ce rêve éveillé. Pire : pour pouvoir espérer produire et faire connaître le fruit de leur travail commun, Marcia doit obtenir l’aval de l’ayant-droit de la chanteuse. Lequel se trouve être un lointain neveu, Anthony, issu d’une famille avec laquelle Daredjane avait plus que brutalement coupé les ponts : non seulement il a cultivé le profond ressentiment familial vis-à-vis de la chanteuse, mais il évolue dans un monde, social, culturel, aux antipodes de celui de Marcia. Sans surprise, elle est pour lui l’archétype de la bobo (bourgeoise bohème) parisienne, il est pour elle la représentation ultime du gros beauf de banlieue. Mais si elle a besoin de lui, il se fiche comme d’une guigne de ses projets artistiques et des refrains sophistiqués qu’on lui présente comme des chefs-d'œuvre indépassables. À la rigueur, l’appât du gain pourrait avoir raison de sa décision de liquider définitivement l’héritage…

Les petites luttes des classes, celles du quotidien, et les petits arrangements qu’il convient de trouver pour mettre à bas les préjugés, tisser un lien généreux de « vivre ensemble », c’est depuis Le Nom des gens le fil rouge des films de Michel Leclerc. Le mépris instinctif et réciproque qui oppose Marcia et Anthony se délite a fur et à mesure que, passées les premières escarmouches, mis de côté le dédain initial, la nécessité de se parler et de s’écouter s’impose à eux. Elle, pour vivre son aventure artistique et lui, parce que l’héritage inattendu qu’il accepte implique de comprendre la valeur de ce qu’il a entre les mains. L’ombre bienveillante de Daredjane (une belle hybridation de Brigitte Fontaine, Catherine Ringer, Catherine Ribeiro, Patti Smith et sans doute Serge Gainsbourg, portée avec grâce par Judith Chemla) les enveloppe, qui les fait revenir sans cesse sur sa carrière, son histoire et ses secrets… À chacun, un monde inconnu est soudain ouvert, qui ouvre tout droit le chemin vers la romance. Mais ce serait trop simple, Michel Leclerc et sa scénariste, plus malins que ça, réservent d’autres soubresauts à leur aventure.