UTOPIA SAINTE BERNADETTE
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30237
Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de la...

SÉANCES BÉBÉS
Les séances “bébé” sont des séances où les parents peuvent venir avec leur nouveaux nés. Et déguster un film pendant qu’ils roupillent dans leurs bras. Les séances sont évidemment ouvertes à tous les spectateurs, il suffit de savoir qu’il peut arriver qu’un bébé fasse du bruit en suçant son pouc...

À LA VIE À LA MORT
Quelle joie de se retrouver sous les étoiles hier à Berat, en Haute-Garonne!Expo, rencontre et ciné avec Nevada. Quel bonheur.Déjà 200 personnes pour les prémisses d’un nouveau lieu vivant et pluridisciplinaire co animé par les habitants. Ce sont les premières festivités de l’été d’Utopia et du ...

REPRISE EN MAIN

Gilles PERRET - France 2022 1h43mn - avec Pierre Deladonchamps, Laetitia Dosch, Grégory Montel, Vincent Deniard, Finnegan Oldfield, Samuel Churin, Marie Denarnaud... Scénario de Gilles Perret et Marion Richoux.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

REPRISE EN MAINVoici la toute première fiction d’un réalisateur, Gilles Perret, qui a déjà une filmographie généreuse à son actif. Pour ne citer que quelques-uns de ses documentaires, tous projetés à Utopia : Les Jours heureux, La Sociale, J’veux du soleil, Debout les femmes ! (ces deux derniers en complicité avec François Ruffin)… Autant de films qui traduisent l’engagement de l’homme, son intérêt toujours renouvelé pour le bien commun, les luttes sociales. Ce n’est pas parce qu’il s’essaie à un autre genre de cinéma qu’il renie ses convictions, bien au contraire, c’est l’occasion de trouver une nouvelle manière de mettre en scène ses thèmes de prédilection, avec suspense et humour, d’inventer une intrigue qui lui permet accessoirement de faire un clin d’œil à l’une de ses premières passions : la varappe. C’est presque une déclinaison des tirades de Cyrano : ne pas grimper bien haut peut-être, mais y grimper tout seul… L’ascension ici s’entend au sens propre comme au figuré et la réjouissante reprise en main du titre sera autant celles de destins individuels que collectifs…



Que la montagne est belle ! Comment imaginer qu’en contrebas des sommets, dans la haute vallée savoyarde, il se trame une drôle d’histoire. Cédric, comme tous ses collègues, aime son métier. Il n’est pas peu fier de faire partie d’un des fleurons de l’industrie française. Il suffit d’observer son regard pétillant quand il explique à ses enfants la magie du décolletage. Tous ici sont fiers de mère en fils, de père en fille… Ce sont des générations qui se relaient fidèlement dans la même usine depuis des décennies. Fidélité peu partagée par un patronat qui a bien changé et s’apprête à agir une fois de plus dans le dos de ses salariés. Sans que cela soit annoncé, la boîte est sur le point d’être revendue aux plus voraces. Nous voilà dans une de ces usines comme tant d’autres où l’intelligence ouvrière, intellectuelle et manuelle ne représente plus grand-chose dans la tronche des actionnaires hors sol qui ne voient plus que par le petit bout de la lorgnette de leurs finances désincarnées. Que vaut une vie humaine face à l’appât du gain, la fureur de vouloir faire toujours plus de profit malgré la casse sociale prévisible ?
Cette histoire-là, plus répandue et dévastatrice que n’importe quelle pandémie mondiale, nous la connaissons, ainsi que tous ses rouages. Jeux de rachats entre fonds d’investissements psychopathes avec à la clef toujours plus de licenciements, de « dégraissages » dit-on, comme si l’humanité était aussi indésirable que la cellulite. Les dés en seraient jetés, il ne resterait aux travailleurs que leurs yeux pour pleurer, leurs cœurs pour trembler… Sauf que l’information va malencontreusement fuiter. Alors ? Courber l’échine comme toujours ? « Fatalitas, fatalitas ! » se serait écrié Chéri Bibi, comme tout damné de la terre qui voit son avenir torpillé. Mais c’est une froide colère qui s’empare dès lors de Cédric et elle va donner naissance à une idée complètement folle, un projet qui semble hors de portée de simples salariés : pour empêcher la transaction scélérate, racheter leur outil de travail, l’usine qui coûte la modique somme de 70 millions d’euros ! Ses amis d’enfance, sa famille, fauchés comme les blés, d’abord incrédules et après avoir proclamé que Cédric est tombé sur la tête, vont peut-être bien finir par se piquer au jeu…

Après tout qu’ont-il à perdre, toutes et tous ? Que peut-il y avoir de pire que de regarder les camarades tomber, que laisser leur territoire se paupériser, devenir moribond ? Les voilà prêts à entrer dans la mêlée avec pour seul bagage leur détermination et leur solidarité.