UTOPIA SAINTE BERNADETTE
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30237
Et voilà, Vidéo en Poche c’est fini, le compteur s’arrête à 30237 copies vendues sans DRM sur clés USB ! À bientôt dans le cyberespace indépendant et surtout IRL dans les salles de cinéma Le 30 novembre à minuit, Vidéo en Poche a tiré sa révérence et retourne dans sa bouteille de la...

SÉANCES BÉBÉS
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À LA VIE À LA MORT
Quelle joie de se retrouver sous les étoiles hier à Berat, en Haute-Garonne!Expo, rencontre et ciné avec Nevada. Quel bonheur.Déjà 200 personnes pour les prémisses d’un nouveau lieu vivant et pluridisciplinaire co animé par les habitants. Ce sont les premières festivités de l’été d’Utopia et du ...

ANNIE COLÈRE

Blandine LENOIR - France 2022 1h58mn - avec Laure Calamy, Zita Hanrot, India Hair, Rosemary Standley, Damien Chapelle, Yannick Choirat... Scénario de Blandine Lenoir et Axelle Ropert.

Du 28/12/22 au 07/02/23

ANNIE COLÈRECurieusement, c’est une chanson de Dalida qui restera dans nos têtes comme l’hymne de ce film vibrant et exaltant. Une des premières scènes, bouleversante, est en effet portée par Les Enfants du Pirée, un des titres les plus célèbres de la chanteuse : nous sommes dans les années 70, plusieurs femmes réunies autour d’une autre, allongée, sont en train de pratiquer un avortement clandestin. Angoissée, Annie (Laure Calamy) tente d’oublier la tension et la douleur en prenant la main de Monique, qui lui chante magnifiquement cette chanson – il faut dire entre parenthèses que Monique est incarnée par Rosemary Standley, la formidable chanteuse du groupe Moriarty. Tout cela pourrait paraître anecdotique si cette scène ne résumait pas l’essentiel : la solidarité et l’engagement d’un groupe de femmes qui, réunies au sein du MLAC (Mouvement pour la Libération de l’Avortement et de la Contraception, créé en avril 1973), un peu moins de deux ans avant l’adoption de la Loi Veil, se sont mobilisées pour non seulement faire avancer le débat public mais aussi organiser, grâce à la nouvelle méthode Karman, simple et révolutionnaire, des centaines d’interruptions de grossesse afin que plus aucune femme ne risque de mourir d’avortements pratiqués à la maison ou dans des officines plus ou moins louches.



Dans une autre scène du début du récit, où plusieurs femmes se retrouvent dans l’arrière-boutique d’une librairie, on découvre la diversité des femmes qui viennent pour avorter : jeunes filles de bonne famille qui n’auraient jamais imaginé pouvoir tomber enceintes, amoureuses un peu naïves qui croyaient à tort en l’engagement de leurs fiancés, et aussi beaucoup de mères de famille qui, pour des raisons essentiellement économiques, ne peuvent accueillir un nouvel enfant. C’est justement le cas d’Annie, ouvrière matelassière, mère de deux enfants, qui, suite à un drame vécu par son amie et voisine, va s’engager plus activement dans le MLAC.
Au-delà de la situation de celles qui souhaitent avorter, Annie Colère raconte le parcours des femmes qui vont comme Annie consacrer une bonne partie de leur vie à leur engagement, provoquant parfois l’incompréhension de leurs proches et en particulier de leurs maris – celui d’Annie est pourtant un syndicaliste mais le féminisme n’a pas forcément percé tout de suite à la CGT ! Annie Colère, c’est c’est donc aussi l’histoire d’un éveil en politique, chez l’ouvrière Annie, chez l’infirmière Hélène (Zita Hanrot) chez la jeune médecin Claudine (India Hair), chez beaucoup d’autres… C’est dans ces moments où il traduit cette prise de conscience collective et le combat déterminé qui s’ensuit que le film est particulièrement enthousiasmant.

On connaît évidemment l’épilogue heureux de la Loi Veil du 17 janvier 1975 mais très justement, le film rappelle que cette loi fut votée grâce à la mobilisation des femmes, grâce au combat du MLAC, grâce aux prises de position courageuses de personnalités comme Gisèle Halimi ou Delphine Seyrig… Il rappelle aussi qu’il fallut attendre huit ans de plus pour que l’interruption volontaire de grossesse soit prise en charge par la sécurité sociale…
L’exemple américain, avec la remise en cause du droit à l’avortement dans certains États, et chez nous le refus de nombreux parlementaires de la majorité (et évidemment de la droite et de l’extrême-droite) d’inscrire ce droit dans la Constitution nous rappellent que rien n’est définitivement acquis, et qu’il faut rester vigilants.