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SÉANCES BÉBÉS
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Séance unique le jeudi 26 janvier à 20h, suivie d’une rencontre avec la coréalisatrice du film, Marielle Issartel.

HISTOIRES D’A

Mariane ISSARTEL et Charles BELMONT - documentaire France 1973 1h30mn -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

HISTOIRES D’AHistoires d’A est tout autant un documentaire d’histoire qu’un document historique. Pendant les deux mois de tournage, entre avril et mai 1973, les cinéastes Marielle Issartel et Charles Belmont enregistrent une période charnière de la lutte pour les droits des femmes en France. À cette époque vient en effet d’être publié dans la presse un manifeste de 331 médecins revendiquant en leur nom avoir pratiqué des avortements clandestins, et de se créer le Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC), qui débouchera sur la légalisation de l’IVG en 1975. Le film, ouvertement contestataire, montre des actes illégaux. Il s’attire immédiatement les foudres du gouvernement et est interdit par le Ministre des Affaires Culturelles de l’époque (dénonçons-le : Maurice Druon). Sa diffusion devient alors pour les militantes et militants un enjeu politique. Pendant plus d’un an, les bobines circulent sous le manteau et le film est diffusé clandestinement jusqu’à la promulgation de la loi Veil.

Ce A d’Histoires d’A désigne les Anonymes qui se racontent face caméra ou se laissent filmer dans le cadre de réunions du Planning Familial. Ce sont des militantes féministes, des femmes au foyer, des mères célibataires, des femmes enceintes qui désirent avorter, des médecins prêts à les aider. On y parle ouvertement des injonctions de la société, de l’hypocrisie des pouvoirs publics, des politiques natalistes qui acculent les femmes de tous les côtés : il n’y a pas assez d’allocations pour vivre dignement mais pas assez de crèches pour que les femmes travaillent ; pas de remboursement de la contraception et une pénalisation de l’avortement qui oblige à recourir à des méthodes dangereuses, au péril de la vie de milliers de femmes chaque année. Glissant du collectif à l’individuel, d’images de manifestations à la sphère intime, Marielle Issartel et Charles Belmont récoltent à juste distance des paroles qui n’ont à l’époque pas voix au chapitre, captent une colère qui gronde face à des années d’oppression.

Ce A, c’est aussi celui du mot Avortement, enjeu politique majeur pour les femmes d’hier (et malheureusement d’aujourd’hui). Financé par le Planning Familial, Histoires d’A ne cache en rien sa vocation éducative. Loin de la violence des avortements clandestins dépeinte encore récemment dans le formidable film L’Événement d’Audrey Diwan, le documentaire vise à faire connaître au public une méthode alors méconnue en France : l’avortement par aspiration, pratiqué par des médecins qualifiés. Comme l’écrit Hélène Fleckinger dans La Revue Documentaires : « L’image d’un avortement dédramatisé, rendu simple et presque banal, c’est en effet proposer une image déculpabilisante pour les femmes, qui doit faire penser et dire : pourquoi pas ici, et maintenant, la liberté d’avorter ? ». Il y a en effet au cœur de la démarche de Marielle Issartel et de Charles Belmont une croyance dans l’acte de filmer comme manifeste politique. À notre époque où ce droit fondamental est de nouveau remis en cause dans plusieurs pays « développés », de la Pologne aux États-Unis, Histoires d’A apparaît encore aujourd’hui tristement contemporain, et ô combien nécessaire. Un film rare à découvrir de toute urgence.