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DISCO BOY

Écrit et réalisé par Giacomo ABRUZZESE - France / Italie 2022 1h31 VOSTF - avec Franz Rogowski, Morr Ndiaye, Laëtitia Ky, Leon Lucev... Festival de Berlin 2023 : Ours d’argent pour sa « contribution artistique exceptionnelle ». Photographie magnifique d’Hélène Louvart - Musique de Vitalic.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

DISCO BOYAu Festival de Berlin où Disco Boy était en compétition, beaucoup d’observateurs le donnaient favori, tant ses audaces de mise en scène et ses images hypnotiques ont impressionné. Mais si les critiques se sont enflammés à juste titre sur l’aspect formel du film, peu ont souligné la force politique du propos, nous y reviendrons plus loin…

Mais commençons par le commencement. Tout démarre dans un bus de joyeux supporters de foot biélorusses qui franchissent la frontière polonaise pour aller assister à un match. Les douaniers les menacent de mille maux s’ils venaient à oublier de retrouver leur car après la rencontre… C’est pourtant ce que vont faire Aleksei et Mikhail, deux jeunes gens pleins de fougue qui ne rêvent que de fuir la modérément riante Biélorussie pour gagner la France. Dans le camion qui les as pris en stop, ils hurlent en chœur « Bordeaux » et « camembert », deux vocables qui seraient donc les symboles de notre beau pays. Mais le chemin de Mikhaïl va malheureusement s’arrêter au fond d’une rivière frontalière, et c’est seul – et le cœur lourd – qu’Aleksei arrive à Paris. Direction les bureaux de la Légion Etrangère, seul endroit où tout sans-papier, tout repris de justice du monde entier a droit à l’oubli s’il parvient à passer les rudes tests de sélection : en échange de cinq ans donnés à la défense de notre mère Patrie aux quatre coins du monde, Aleksei obtiendra un passeport français. Il fait tout pour être recruté, montrant une résistance exceptionnelle aux épreuves.
Et quelques mois après il se retrouve au fin fond de la jungle du delta du Niger, à combattre des militants « écoterroristes » luttant contre la pollution monstrueuse de leur région par l’industrie pétrolière. Et le combat à mort qu’Aleksei va livrer à Jomo, le jeune leader des militants, va hanter sa vie, depuis la forêt équatoriale jusqu’à une boite de nuit parisienne, où la jeune sœur de Jomo s’être exilée comme danseuse…

Quand on parlait de film politique, c’est qu’au lieu de se laisser aller à une quelconque fascination pour la Légion Étrangère, Giacomo Abruzzese – au passé politique fort : il a enseigné en Cisjordanie et sait de quoi il parle quand il s’agit de colonialisme – livre un message très clair sur la politique néocoloniale de la France, qui perpétue la Françafrique au service armé de laquelle se consacre la Légion Etrangère. Jomo et son groupe, le Mouvement d’Emancipation du Delta du Niger (qui existe vraiment), présenté souvent dans la presse occidentale comme un groupe terroriste mafieux, ne font que lutter pour la survie des habitants du delta. Aleksei acceptera-t-il de gagner son passeport par le sang qu’il fera couler au nom de la France ?
Comme on l’évoquait plus haut, le film est plastiquement magnifique, grâce à la lumière extraordinaire d’Hélène Louvart – notamment pour les images du delta du Niger ou les scènes de night-clubs. Grâce aussi à une mise en scène particulièrement inventive, comme dans cette scène de combat, littéralement hypnotique, filmée à la caméra thermique.

On notera enfin que le film confirme le charisme étrange de Franz Rogowski, de son visage marmoréen et angélique à la fois que nous avions découvert dans les films de son compatriote Christian Petzold, Transit et Ondine.