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LE GANG DES BOIS DU TEMPLE

Écrit et réalisé par Rabah AMEUR-ZAÏMECHE - France 2022 1h53mn - avec Régis Laroche, Philippe Petit, Marie Loustalot, Salim Ameur-Zaïmeche, Kamel Mezdour... Musique live de Annkrist et Sofiane Saïdi.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LE GANG DES BOIS DU TEMPLEAttendez-vous à être pris, surpris, retournés, malmenés – quoiqu’avec douceur – dans vos paisibles certitudes. Avec un titre pareil, Le Gang des Bois du Temple sonne aux oreilles comme un polar pur jus, poisseux, radicalement noir, relevé sans doute, comme dans les Séries Noires des années 90, d’un zeste de réalisme social assez cru. Ce n’est pas totalement faux : Rabah Ameur-Zaïmeche maîtrise parfaitement la grammaire du genre, avec son braquage, sa galerie de voyous unis pour le meilleur et le pire, l’inexorable vengeance de ceux qui ont été spoliés et, comme dans une tragédie antique, un destin auquel les protagonistes dans leur majorité ne pourront pas échapper… Oui ça pourrait être un Melville… Mais si Rabah Ameur-Zaïmeche connaît les codes, il les détourne, ne les applique pas comme on les attend, impose des ruptures, de rythme et de sens. Et l’évocation de ces « Bois du Temple » évoque tout aussi bien la figure de Mandrin, voleur mythique auquel le cinéaste consacra l’un de ses plus beaux films. L’ouverture du film n’est d’ailleurs pas celle d’un film noir classique.
On y découvre Monsieur Pons, au dernier étage d’un immeuble, qui, tel une vigie, observe l’horizon de la cité autour de lui et plus largement de la grande ville au-delà. Il attend seul dans un appartement vide. On comprend qu’il guette les ambulanciers qui vont emmener le corps de sa défunte mère. Orphelin éploré, ravagé de tristesse, cadenassé à double tour, Monsieur Pons n’en est pas moins un ancien militaire des forces spéciales, démobilisé – comme en jachère. Avec un groupe d’hommes de la cité, unis semble-t-il depuis l’enfance, il se laisse convaincre de participer à ce qu’ils croient être le coup de leur vie : le braquage d’un mini van de luxe qui doit transporter vers l’aéroport un émir et ses mallettes de billets et de diamants. Comme de juste, si le braquage lui-même se déroule sans accrocs, la suite va sévèrement déraper.

Plus d’un an après sa présentation à Berlin, on désespérait de voir débouler sur nos écrans le nouveau film de Rabah Ameur-Zaïmeche, cinéaste trop rare, singulier, inclassable – et qu’on adore (Wesh wesh qu’est ce qui se passe ?, Dernier maquis, Les Chants de Mandrin, Histoire de Judas… autant de pierres précieuses apportées au fil des ans à l’édification d’une filmographie impressionnante, impeccable, intransigeante). Cette étonnante histoire de gangsters inspirée par deux faits divers réels (le meurtre horrible du journaliste saoudien Kashoogi par les autorités de son pays et un réel braquage perpétré entre l’aéroport de Roissy et Paris) doit se laisser infuser, à l’image du thé subsaharien que l’on boit en trois fois – le goût du thé est tour à tour amer comme la vie, mousseux comme l’amour et suave comme la mort. À l’enchaînement de l’intrigue policière, le réalisateur impose ici encore son rythme atypique, qui brosse en les télescopant le tableau saisissant de deux mondes, si loin, si proches, celui de la cité, celui des dirigeants – leurs valeurs, les rapports de force qui les régissent. Polar certes, et excellent, mais aussi grand film politique.