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MARIN DES MONTAGNES

Karim AÏNOUZ - Brésil / France 2021 1h35mn -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MARIN DES MONTAGNESÇa commence par des plans du ferry qui relie chaque jour Marseille à Alger. Le passager qui filme ici les coursives vides, les salles de restaurant… et l’Afrique qui se dessine au loin n’est pas tout à fait un passager comme les autres. Karim Aïnouz est né au Brésil, à Fortaleza, et il est devenu au fil des années un cinéaste mondialement connu, primé à Cannes pour le splendide La Vie invisible d’Euridice Gusmao (2019) et réalisateur du récent et passionnant Le Jeu de la reine, au programme de cette gazette. Mais comme son patronyme l’indique, Karim Aïnouz est né d’un père algérien qui a quitté très vite femme et enfant pour participer activement à la révolution algérienne.

Après le décès de sa mère, Karim Aïnouz a décidé de prendre la mer pour partir sur les traces d’un père qu’il n’a jamais connu tout en adressant une lettre filmée à cette mère disparue et tant aimée.
Au-delà de la tentative de reconstruction d’une histoire familiale, il s’agit pour le cinéaste de ré-assembler le puzzle de son identité dont les pièces lui semblent éparpillées, incapable qu’il est de se sentir réellement de tel ou tel pays, malgré les décennies passées au Brésil.
Sur le bateau, la voix off de Karim Aïnouz évoque la « calentura », cette fièvre qui affectait les marins et les poussait à se jeter à l’eau. C’est un peu, symboliquement, ce qui arrive au réalisateur qui, au lieu de diriger et rationaliser son récit, se jette à caméra perdue dans la grouillante et vivante Alger. Et le contact avec sa population si jeune percute les aspirations du réalisateur qui se laisse emporter, passionné par les nombreux témoignages des passants qu’il rencontre, avides de raconter leur vécu, leurs espoirs…
Et puis, après ce séjour foisonnant à Alger, il va se diriger vers le village natal de son père, sur les hauteurs de la Kabylie, non loin de Tizi Ouzou. Et l’improbable va se produire : la rencontre avec un homonyme, un autre Karim Aïnouz ! Lequel croit ainsi avoir trouvé une deuxième famille…

Au fil de ce documentaire très personnel, atypique et superbe, le réalisateur brosse un portrait familial assez bouleversant, en rendant hommage à sa mère – à qui le film est dédié – et en construisant peu à peu l’identité d’un père inconnu et fantasmé. Et dans le même temps il fait résonner les destins finalement proches de l’Algérie et du Brésil : deux pays dont les citoyens se sont battus pour conquérir leur liberté et pour imposer la démocratie avant de déchanter avec la prise du pouvoir par des autocrates tels Bouteflika ou Bolsonaro, mais qui, irréductiblement, gardent espoir.