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SINJAR, NAISSANCE DES FANTÔMES

Alexe LIEBERT - documentaire France 2023 1h44mn VOSTF - Avec la voix de Golshifteh Farahani...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

SINJAR, NAISSANCE DES FANTÔMESSi le 13 novembre 2015 reste dans les mémoires la date funeste des attentats terroristes à Paris livrés par Daech, c’est aussi la date de leur défaite à Sinjar, ville frontière entre la Syrie et l’Irak, tombée entre leurs mains un an plus tôt.

Tout a commencé le 3 août 2014, lorsque les djihadistes de l’État islamique, venant de déclarer l’instauration de leur califat à Mossoul, fondent de toutes parts sur Sinjar, région et montagne du nord de l’Irak, berceau des Yezidis. Ces combattants islamistes prétendent que la religion de ce peuple kurdophone, un monothéisme qui trouve ses racines dans la Perse antique et qui survit en Mésopotamie depuis quatre mille ans, est considéré comme une hérésie, certains courants extrémistes de l’islam allant jusqu’à affirmer que l’Ange Paon est l’incarnation de Satan, faisant des yézidis des « adorateurs de Satan ».
Face à l’avancée des djihadistes, les peshmergas, miliciens kurdes d’Irak qui jusque-là contrôlaient la région, battent alors en retraite, abandonnant les populations. Les combattants s’emparent des villages et des dizaines d’hommes sont sommairement exécutés. Des milliers de yézidis sont capturés et emmenés à Mossoul, Tel Afar ou Baaj : les hommes sont forcés de se convertir, les femmes vendues comme esclaves sexuelles, les enfants adoptés. Environ 130 000 hommes, femmes et enfants yézidis se seraient échappés vers le mont Sinjar. Piégés dans la montagne, beaucoup sont morts de faim ou de soif. Une partie seulement a été secourue par les Kurdes de Syrie et de Turquie. Leurs temples et sanctuaires ont été détruits et leurs villages rasés.
Kocho, village martyre des montagnes, est le lieu d’origine de Nadia Murad, prix Nobel de la paix en 2018, qui deviendra l’une des voix des survivantes. Sur place, le processus d’identification des victimes a mis de longues années à s’ouvrir. Faute de moyens, il progresse lentement. Au moins 80 fosses communes ont été localisées, contenant des centaines de corps. Les restes de 104 victimes, les premières à avoir été identifiées, ont été enterrés à Kocho en 2021. Les bilans des massacres d’août 2014 restent donc imprécis, et le sort de milliers de victimes demeure incertain. Environ 5000 hommes et femmes ont été tués, 7000 femmes et jeunes filles capturées et réduites en esclavage, estime la Fondation Yazda, créée par Nadia Murad. Les jeunes garçons, eux, ont été souvent enrôlés comme combattants. En 2022, cette fondation estimait à 2 800 les femmes et enfants encore captifs. Des libérations surviennent encore régulièrement, en Irak, en Syrie, mais aussi en Turquie ou dans les pays du Golfe et du Maghreb. Depuis 2021, ces massacres ont été reconnus par les Nations unies comme un acte de génocide.
C’est l’histoire de cette invasion que nous dévoile ce magnifique documentaire, contée ici dans un langage à la fois cru et pudique, où les images de la dévastation, des ruines et de l’effacement côtoient la poésie d’un texte qui veut garder la mémoire vive, l’espoir présent, comme si la Montagne de Sinjar elle-même, terre sacrée, berceau et forteresse des Yézidis se mettait à raconter.

Sinjar, naissance des fantômes est un récit documentaire qui interroge la condition présente des Yézidis de Sinjar, victimes de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Il questionne le temps suspendu du traumatisme et de l’exil, où des décombres doit naître la résilience ou l’abandon, sur la crête incertaine d’une montagne qui attend de voir revenir les siens. Comment refermer la fracture et apaiser la voix des fantômes ? Quel chemin emprunter pour guérir du traumatisme, dans ce temps immobile qui en ravive la douleur jour après jour ? Mené avec beaucoup de justesse par le binôme Alexe Liebert à la réalisation et Michel Slomka à la photographie, ce film continue de nous habiter, bien longtemps après la dernière image, le dernier mot… Incontournable !