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Séance unique lundi 17 juin à 20h
en présence du réalisateur Virgile Novarina et animée par Christine Erard Bolliger directrice artistique des Journées du cinéma Suisse.

PIERRE PINONCELLI, L’ARTISTE À LA PHALANGE COUPÉE

Virgile NOVARINA - France 2022 1h25mn - avec les interventions de Pierre Pinoncelli, Michel Ragon, Sarane Alexandrian, Jean Ferrero, Michel Guinle, Frédéric Altmann, Catherine Millet, Didier Ottinger, Ingrid Betancourt, Claude Gilli, Ben… et de témoins de happenings et de membres des force...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

PIERRE PINONCELLI, L’ARTISTE À LA PHALANGE COUPÉENovembre 1969. La semaine Sigma, festival interdisciplinaire de Bordeaux, s’ouvre pour sa cinquième édition par un happening de Pierre Pinoncelli devant la Galerie des Beaux-Arts, intitulé Mort au pain. Un bûcher constitué de baguettes de pain est incendié devant la foule, avant que l’artiste, peint de la tête aux pieds, ne sorte d’une malle des brassées de « pains peints » multicolores qui sont distribués dans la liesse. Lors de la même édition, une momie aux bandages ensanglantés erre dans les rues de la ville, s’écroulant sur le pavé, se relevant, avant d’être embarquée par la maréchaussée. Cette action de protestation de Pinoncelli, devenue emblématique, dénonçait l’indifférence internationale à l’égard de la guerre qui ravageait alors le Biafra.
L’homme n’en est pas à son premier coup d’éclat, et n’en est certainement pas à son dernier. Le portrait que brosse Virgile Novarina dans son documentaire réalisé du vivant de l’artiste, décédé en 2021, est celui d’un franc-tireur en marge du milieu institutionnel de l’art qu’il aura terrifié tout au long de sa carrière par ses actions et prises de positions politiquement engagées, prenant bien souvent des risques considérables, et par une forme d’humour ravageur s’évertuant à démontrer les contradictions de notre société.

Diagnostiqué « hypomaniaque » par des psychiatres après avoir aspergé de peinture rouge le ministre de la culture André Malraux lors d’une inauguration, l’artiste assumera toute sa vie le principe d’une agitation créative, cependant méticuleusement réfléchie.
Né dans une bonne famille d’industriels à Saint-Étienne en 1929, le petit Pierre Pinoncely commence très tôt à secouer les habitudes bourgeoises de son entourage, et il sera plus tard contraint de modifier son nom en Pinoncelli pour ne pas jeter l’opprobre sur les siens. D’abord auteur dans les années 60 d’une « figuration autre » selon le critique Michel Ragon, puis « peintre sur soi » dans sa période pop ultra colorée annonçant une série d’actions subversives, Pinoncelli opte résolument pour une voie radicale, à part, solitaire, même si on l’a associé à « l’école de Nice ». Son œuvre, dans sa diversité et son originalité libertaire, a pourtant été éclipsée par une action décisive : l’attentat artistique visant la « Fontaine » signée R. Mutt. À deux reprises, à l’occasion d’expositions consacrées à Marcel Duchamp et Dada, le fameux ready-made réalisé en 1917 retrouva sa fonction première en tant qu’urinoir avant d’être ébréché d’un coup de marteau. Ce geste suscita un vaste débat, valut à Pinoncelli une importante couverture médiatique et de gros soucis avec la justice… Quant à la phalange coupée qui donne son titre au précieux film de Virgile Novarina, c’est une des apogées bouleversantes de la trajectoire d’un artiste sans concession, que nous vous laissons découvrir.

« Il faut collectionner les pierres qu’on vous jette, c’est le commencement d’un piédestal », disait Hector Berlioz, une phrase qu’on aurait pu attribuer à Pierre Pinoncelli, iconoclaste post-dadaïste qui appartient désormais, au grand dam de certains, à l’histoire de l’art.