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Le blog des profondeurs...
(de champ)

SEANCES "BEBES"
Chers parents voici les séances auxquelles vous pouvez sereinement amener vos bébés, nous mettons le son moins fort ! le vendredi 10 mai à 14h30 No le samedi 18 mai à 14h15 Quartet le vendredi 24 mai à 14h Free Angela le jeudi 30 mai à 12h05 Le premier homme le mercredi 5 juin à 14h Hannah Arend...

Pierre Rabhi bouscule nos programmes (et ça nous ferait plutôt plaisir)
mardi 2 avril, sous la pression populaire, nous proposons une rencontre supplémentaire avec Pierre Rabhi à l’issue de la projection du film de Marie-Dominique Dhelsing : PIERRE RABHI, AU NOM DE LA TERRE les places pour les deux séances à 18h et 20h se sont arrachées en quelques heures. Le fil...

Sans chanter ni déchanter
très chouette billet sur le blog de l’ami Jean-Michel Frodon, sur Les Lendemains de Bénédicte Pagnot. Nous vivons des temps déplaisants, où un premier film français que n’accompagne aucun parrainage prestigieux ni aucun signe extérieur de richesse (genre culte, vedette au générique, etc.) souffr...

CHRONICLE

Josh TRANK - USA/GB 2011 1h25mn VOSTF - avec Dane DeHaan, Alex Russel, Michael B. Jordan, Michael Kelly, Ashley Hinshaw...

CHRONICLEMais qui est donc ce jeunot de 24 ans capable, pour son premier film, d'enflammer le box office américain avec un budget de production riquiqui, à peine supérieur à un million d'euros ? C'est peut-être (alleluia !), le digne rejeton d'Orson Welles qui terrorisa l'Amérique à la fin des années trente avec une Guerre des Mondes d'une belle originalité. Bien sûr, j'exagère un brin pour titiller votre curiosité. Mais retenez le nom de ce presque gamin, car ce Josh Trank n'a pas fini de faire causer dans les chaumières. En effet, permettre à un producteur de gagner des millions est à la portée de n'importe quelle brute épaisse texane. Mais être capable dans le même élan de réconcilier, au pied de l'autel du cinématographe, le spectateur marxiste léniniste le plus éduqué et le bouffeur de pop-corn transgénique le plus réactionnaire du Dakota du sud, n'est pas donné à tout le monde, surtout quand le sujet, imposé par celui qui tient les cordons de la bourse, est aussi casse-gueule que l'insoutenable légèreté de l'être post-pubère au seuil de l'adolescence.
Car oui, ce Chronicle est au départ de l'aventure un film de teenagers comme on dit aux States, dont on pourrait craindre, sous nos latitudes, qu'il ne soit qu'un pitoyable avatar d'American Pie. Spectateurs d'Utopia que je sens rétifs à fréquenter ces têtes à claques d'ados yankees, laissez-moi vous prendre par la main pour vous conduire dans les méandres de ce film aussi tourmenté que l'âme russe dépeinte par Dostoïevski.

Il était une fois trois jeunes gens : Andrew, Matt et Steve, qui décrochèrent un soir d'une surboum où l'on s'ennuyait ferme pour se perdre dans une forêt baignée par les doux rayons de la lune. Je sens déjà vos petits petons se rétracter dans vos escarpins. Vont ils être taillés en pièce par une tronçonneuse maniée par un abominable homme des bois pro-Obama et plein de poils, rendu fou furieux par la multiplication des réunions du Tea-party dans son comté ? Que nenni. Nos trois compères, en fait de rencontre, vont seulement se retrouver dans les profondeurs d'une grotte face à un drôle d'objet fluorescent qu'ils vont s'empresser de tripoter dans tous les sens, en ricanant bêtement, avant de regagner peinards, leur lit douillet. Mais que se passe-t-il sous leurs draps, pendant la nuit ?
À leur réveil, nos trois lascars vont se découvrir des pouvoirs extraordinaires de super héros. Comme soulever les jupes des filles à distance, changer une voiture de place sur un parking d'un simple claquement de doigts, ou encore se venger d'une brute qui vous pourrissait la vie depuis longtemps. Sauf que ces anodines plaisanteries de potache vont progressivement virer au noir pour se lire comme la peinture allégorique d'un mal être adolescent dont les manifestations vont se traduire par la réalisation de fantasmes d'omnipotence et de destruction. C'est ainsi que l'un des trois héros du film, celui avec lequel l'identification du spectateur paraît la plus aisée, va se révéler être un jeune homme mal dans sa peau, battu par un père alcoolique, ex-pompier, victime du syndrome du 11 septembre et traumatisé par une mère qui meurt à petit feu victime d'un système de santé publique qui demande aux citoyens de payer cash pour être soignés.





De la comédie à l'apocalypse, les super pouvoirs du super héros deviendront pour Andrew, le troisième homme, une manière d'exprimer alors, sous l'uniforme du papa, frustration politique et colère. Tiens… ça ne vous rappelle rien ?