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(et où trouver la gazette)
NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 6€
ABONNEMENT : 45€ (10 places)
Séance sur fond gris : 3,50€
SEANCES "BEBES"
Chers parents voici les séances auxquelles vous pouvez sereinement amener vos bébés, nous mettons le son moins fort !
le vendredi 10 mai à 14h30 No
le samedi 18 mai à 14h15 Quartet
le vendredi 24 mai à 14h Free Angela
le jeudi 30 mai à 12h05 Le premier homme
le mercredi 5 juin à 14h Hannah Arend...
Pierre Rabhi bouscule nos programmes (et ça nous ferait plutôt plaisir)
mardi 2 avril, sous la pression populaire, nous proposons une rencontre supplémentaire avec Pierre Rabhi à l’issue de la projection du film de Marie-Dominique Dhelsing :
PIERRE RABHI, AU NOM DE LA TERRE
les places pour les deux séances à 18h et 20h se sont arrachées en quelques heures.
Le fil...
Sans chanter ni déchanter
très chouette billet sur le blog de l’ami Jean-Michel Frodon, sur Les Lendemains de Bénédicte Pagnot.
Nous vivons des temps déplaisants, où un premier film français que
n’accompagne aucun parrainage prestigieux ni aucun signe extérieur de
richesse (genre culte, vedette au générique, etc.) souffr...
Dimanche 20 Mai, séance "Bébé" à 14h.
Morteza FARSHBAF - Iran 2011 1h25mn VOSTF - avec Sharareh Pasha, Kiomars Giti, Amir Hossein... Scénario d'Anahita Ghazvinizadeh et Morteza Farshbaf. Grand Prix et Mention Spéciale de la Critique - Festival du film asiatique de Deauville 2012.
Cet étonnant film iranien s'ouvre par une séquence formidable, qui à la fois vous déboussole et vous captive, vous met les sens en éveil. On est tout d’abord plongé dans le noir, avec pour seul repère sonore le bruit assourdi (comme celui que l’on entend à travers une paroi) d’une dispute entre un homme et une femme. Puis on découvre une voiture roulant au loin sur une piste de montagne, avec une discussion entre les occupants apparaissant seulement en sous-titres, comme si on avait coupé le son. Puis on s'approche, on rentre dans l’habitacle pour découvrir en fait… un couple de sourds muets en train de dialoguer vivement en langage des signes ! Avec à l’arrière du véhicule un jeune garçon, spectateur impuissant d’une conversation qu’il est a priori incapable de suivre. Peu à peu on comprend que le couple qui se disputait dans la première scène a quitté au milieu de la nuit, sans prévenir, la maison du couple de sourds muets, a pris la route et a été victime d'un accident mortel. Le jeune garçon est leur fils, laissé à la garde de son oncle et de sa tante qui se demandent désormais comment diable annoncer la triste nouvelle au jeune garçon et s’ils sont les plus à même de s’occuper de lui…
Le nouveau venu Morteza Farshbaf (c'est son premier long métrage) exploite avec talent tous les aspects, tous les paradoxes de cette situation à la fois dramatique et presque cocasse. À commencer par la complexité de cette discussion en langage des signes lors d'un voyage en voiture : les deux protagonistes sont côte à côte et non face à face, et il vaut mieux en principe que le conducteur reste concentré sur la route plutôt que de regarder les signes que lui fait sa passagère ! Le réalisateur joue également des ruptures, par exemple quand la voiture traverse un des nombreux tunnels de cette région montagneuse, un tunnel non éclairé qui interrompt forcément la conversation visuelle du couple.
Le film est donc un vrai road-movie, avec pas mal de rebondissements (panne, discussions avec un garagiste où il apparaîtra que le jeune neveu, contrairement aux apparences, comprend assez bien ce qui se passe et ce qui se dit), qui conduit notre trio du Nord vallonné de l'Iran jusqu'à Téhéran : on goûte la splendeur des paysages, au milieu desquels les humains sont souvent filmés de très loin, comme dans les films de Kiarostami. Et le temps du voyage permet aux relations entre les personnages de se remettre en question pour mieux se reconstruire (un peu comme dans Les Acacias, le très joli film chilien programmé chez nous récemment).
À l'instar du désormais fameux Une séparation, Querelles questionne le couple et le rapport à la famille, avec une vision humaniste et très moderne, dénuée de préjugés, bien loin des clichés que l'on plaque souvent sur la société iranienne et plus particulièrement sur la place et le rôle des femmes. Les deux protagonistes principaux ne sont pas incarnés par des comédiens professionnels mais par un réel couple de sourds muets qui donne toute son authenticité à ce beau film, preuve supplémentaire de la vitalité renouvelée du cinéma iranien.
