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(et où trouver la gazette)
NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 6€
ABONNEMENT : 45€ (10 places)
Séance sur fond gris : 3,50€
SEANCES "BEBES"
Chers parents voici les séances auxquelles vous pouvez sereinement amener vos bébés, nous mettons le son moins fort !
le vendredi 10 mai à 14h30 No
le samedi 18 mai à 14h15 Quartet
le vendredi 24 mai à 14h Free Angela
le jeudi 30 mai à 12h05 Le premier homme
le mercredi 5 juin à 14h Hannah Arend...
Pierre Rabhi bouscule nos programmes (et ça nous ferait plutôt plaisir)
mardi 2 avril, sous la pression populaire, nous proposons une rencontre supplémentaire avec Pierre Rabhi à l’issue de la projection du film de Marie-Dominique Dhelsing :
PIERRE RABHI, AU NOM DE LA TERRE
les places pour les deux séances à 18h et 20h se sont arrachées en quelques heures.
Le fil...
Sans chanter ni déchanter
très chouette billet sur le blog de l’ami Jean-Michel Frodon, sur Les Lendemains de Bénédicte Pagnot.
Nous vivons des temps déplaisants, où un premier film français que
n’accompagne aucun parrainage prestigieux ni aucun signe extérieur de
richesse (genre culte, vedette au générique, etc.) souffr...
Écrit et réalisé par Hirokazu KORE-EDA - Japon 2011 2h08mn VOSTF - avec Koki et Ohshirô Maeda, Hiroshi Abe, Nene Otsuka, Kirin Kiki, Jô Odagiri, Yoshio Harada...
Qu'il est rare qu'un film rayonne comme cet I wish, drôle, touchant et plein d'espoir ! Et qu'il est précieux qu'il nous vienne du Japon qui, depuis un peu plus d'un an, doit se relever des catastrophes que l'on sait. Le cinéma japonais n'a de cesse ces dernières années d'ausculter une société en perte de repères, Kore-Eda en est même l'un des chefs de file. La force de I wish est de ne jamais éluder la réalité ou les difficultés, mais de les prendre à bras le corps avec un optimisme absolument infaillible. Quant au talent du réalisateur, il est immense : avoir compris qu'il n'y aurait rien de plus fort pour cela que de confier son film à deux gamins, deux petits bonhommes purs et plein de volonté, deux frangins dont rien au monde n'entamerait les rêves et la complicité.
Si les deux frères, Koichi et Ryunosuke, se prennent en main, c'est bien à cause du vide laissé par le monde adulte. Comme dans Nobody knows, réalisé par Kore-Eda en 2004 (mais ici de manière beaucoup moins tragique), les enfants sont comme livrés à eux-mêmes, souvent plus lucides et responsables que les grands. Par exemple, ce volcan tout proche qui vient d'entrer en éruption et qui couvre la ville d'une fine pluie de cendres : « pourquoi les gens restent-t-ils si calmes ? », s'étonne Koichi. Ou ce père paumé, guitariste lymphatique d'un groupe obscur, que Ryunosuke vient réveiller tous les matins avant de filer en classe…
Mais le problème principal de Koichi et Ryunosuke, c'est que leurs parents se sont séparés. Koichi, l'aîné âgé de douze ans, est parti vivre au Sud de l'île de Kyushu avec sa mère, tandis que son petit frère Ryunosuke est resté au Nord avec son père. Ils n'ont qu'une envie, que leur famille soit à nouveau réunie. Il ne reste plus qu'à trouver comment faire… Koichi espère secrètement que l'explosion du volcan pourra lui permettre de quitter sa petite ville du Sud. Bon, ce n'est peut-être pas la solution la plus simple ! Et puis un jour, il entend parler d'une ligne de TGV qui va très bientôt relier le Nord au Sud. Il paraît même qu'à l'endroit où les trains vont se croiser pour la première fois, il y aura une telle décharge d'énergie que des miracles pourront se réaliser. Koichi et Ryunosuke mettent immédiatement leurs copains sur le coup (en fait surtout des copines pour Ryunosuke…). Ils seront sept en tout. Renseignements horaires pris et calculs de trajectoire effectués, il ne reste plus qu'à organiser, dans le dos des parents, le voyage jusqu'au point stratégique qui marquera les retrouvailles des deux frères et permettra à chacun d'exprimer son souhait. Voilà donc les sept enfants lancés au contact du monde dans un périple initiatique clandestin…
I wish est un film limpide et aérien qui, sous un aspect comique, relève d'une grande intelligence. Une de ses réussites est d'avoir su préserver la pureté avec laquelle les enfants voient le monde sans jamais tomber dans une quelconque naïveté. Bien au contraire, le parcours des uns et des autres sera systématiquement dévié par la réalité des choses, rien ne se passant jamais tout à fait comme prévu. Mais qu'importe, leur épopée n'en sera que plus vive et formatrice. Le travail de Kore-Eda avec les gamins est exceptionnel tant ils sont sincères et attachants, particulièrement Koichi et Ryunosuke, frères inséparables à l'écran comme dans la vie. Lumineux, le film l'est comme ceux des grands cinéastes japonais contemporains qui soudain, au milieu d'une carrière résolument sombre, réalisent un film étincelant. On pense au Kitano de L'Été de Kikujiro ou au Kiyoshi Kurosawa de Tokyo Sonata. En marge d'un monde adulte en décrépitude, eux aussi avaient compris que c'est en mettant l'enfant au centre qu'on mise sur des lendemains qui chantent un peu plus clair.
