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Le blog des profondeurs...
(de champ)

SEANCES "BEBES"
Chers parents voici les séances auxquelles vous pouvez sereinement amener vos bébés, nous mettons le son moins fort ! le mardi 2 juillet à 16h Mud le dimanche 7 juillet à 14h Millefeuille le samedi 13 juillet à 15h15 Bambi le mercredi 17 juillet à 16h Les beaux jours le samedi 27 juillet à 15h30...

Pierre Rabhi bouscule nos programmes (et ça nous ferait plutôt plaisir)
mardi 2 avril, sous la pression populaire, nous proposons une rencontre supplémentaire avec Pierre Rabhi à l’issue de la projection du film de Marie-Dominique Dhelsing : PIERRE RABHI, AU NOM DE LA TERRE les places pour les deux séances à 18h et 20h se sont arrachées en quelques heures. Le fil...

Sans chanter ni déchanter
très chouette billet sur le blog de l’ami Jean-Michel Frodon, sur Les Lendemains de Bénédicte Pagnot. Nous vivons des temps déplaisants, où un premier film français que n’accompagne aucun parrainage prestigieux ni aucun signe extérieur de richesse (genre culte, vedette au générique, etc.) souffr...

LES VIEUX CHATS

(Gatos viejos) Sébastian SILVA et Pedro PEIRANO - Chili 2011 1h30mn VOSTF - avec Bélgica Castro, Catalina Saavedra, Claudia Celedon...

LES VIEUX CHATSC'est un de ces appartements bourgeois encombré de meubles, de tableaux et d'objets d'art accumulés au fil du temps, sur lequel semble planer de multiples strates de vie passée. Dans ce décor qui semble figé dans une éternité tranquille, se faufile, à l'heure du loup, deux matous un peu froissés, qui s'en viennent donner une aubade très matinale devant la chambre à coucher.
Dans un lit, somnole un vieux couple qui ne semble pas pressé de répondre à cette envie pressante de croquettes. C'est ainsi pense-t-on que se savoure une retraite bien méritée. Même si l'oeil entrouvert d'Isadora, la tendre épouse d'Enrique, laisse tout à coup pointer un brin d'inquiétude, voire d'angoisse, comme s'il anticipait une calamité, en l'occurrence un appel téléphonique de leur fille Rosario.

Un sacré numéro, la Rosario, dont les visites intéressées et vibrionnantes ne sont guère du goût de nos ancêtres, pas plus que de celui des deux matous qui se voient perturbés dans leurs habitudes (la chère enfant est allergique aux poils de chat). Jusqu'à l'ascenseur lui-même qui, au diapason de la maisonnée, semble se refuser à tout service et choisit de tomber en panne à l'approche de la furie. Et de fait la voici, de retour d'un périple au Pérou, qui annonce sa visite prochaine avec son copain Hugo, une fière à bras qui répond en réalité, pour l'état civil, au doux nom de Beatriz.
Le temps pour le vieux couple d'esquisser une vaine parade, pour tenter d'échapper au pire, et voici Rosario qui débarque, les bras chargés de photos de son séjour, et d'un vaste échantillon de savons aux plantes médicinales dont elle entend faire petit commerce au Chili. Mais sous la logorrhée, après un bourre-pif à la cocaïne dans les chiottes pour se donner du courage, perce alors une arrière pensée, dont elle va accabler les deux vieillards : tenter par ruse ou par force de faire signer à sa mère la vente de son appartement. Une démarche qui trouve sa justification dans le souci que se fait une fille aimante pour « l'avenir » : le quartier est de plus en plus dangereux, habiter au 8e étage avec un ascenseur souvent en panne n'est pas raisonnable, mais plus encore, voir des abeilles à dimension humaine s'agiter en face dans le parc est sans doute le signe qu'il vaudrait mieux habiter en rez de chaussée…

D'abandons en résistances, la vieille dame n'est pas dupe et même si sa tête n'est plus trop solide, elle sait lui envoyer quand même dans les gencives « tu es ridicule à force d'être aussi transparente ». « Familles, je vous hais » lançait Gide dans un bon jour. Faut-il l'avouer, on prend d'autant plus de plaisir à cet affrontement mère-fille que l'on recommence, hélas, à trouver aujourd'hui certaines vertus à ce nid de serpents à sonnette qu'est la famille. Mais au-delà même de cet amour/haine, on ne peut s'empêcher de compter les points en pensant aux vieux chats qui viennent miauler le matin aux portes de la chambre pour obtenir leur ration de croquettes. Pour eux, ce serait la piqûre, aussi sûrement que ce serait la mort pour leurs maîtres. Et à ce titre, on croise les doigts pour eux…

PS : rappelez-vous, Sebastian Silva et Pedro Peirano nous avaient déjà donné en 2009 le savoureux La Nana, aujourd'hui disponible en Vidéo en Poche.