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Le blog des profondeurs...
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SEANCES "BEBES"
Chers parents voici les séances auxquelles vous pouvez sereinement amener vos bébés, nous mettons le son moins fort ! le vendredi 10 mai à 14h30 No le samedi 18 mai à 14h15 Quartet le vendredi 24 mai à 14h Free Angela le jeudi 30 mai à 12h05 Le premier homme le mercredi 5 juin à 14h Hannah Arend...

Pierre Rabhi bouscule nos programmes (et ça nous ferait plutôt plaisir)
mardi 2 avril, sous la pression populaire, nous proposons une rencontre supplémentaire avec Pierre Rabhi à l’issue de la projection du film de Marie-Dominique Dhelsing : PIERRE RABHI, AU NOM DE LA TERRE les places pour les deux séances à 18h et 20h se sont arrachées en quelques heures. Le fil...

Sans chanter ni déchanter
très chouette billet sur le blog de l’ami Jean-Michel Frodon, sur Les Lendemains de Bénédicte Pagnot. Nous vivons des temps déplaisants, où un premier film français que n’accompagne aucun parrainage prestigieux ni aucun signe extérieur de richesse (genre culte, vedette au générique, etc.) souffr...

Vendredi 4 Mai, séance "Bébé" à 14h10.

2 DAYS IN NEW YORK

Écrit et réalisé par Julie Delpy - France 2011 1h31mn - Avec Julie Delpy, Albert Delpy, Chris Rock, Alexia Landeau, Alex Nahon... Sélection au Festival de Sundance 2012.

2 DAYS IN NEW YORKPourquoi changer une recette qui marche ? Après tout, des générations se sont régalées de babas au rhum, ou de canard à l’orange sans que ces recettes ne varient d’un iota. Le cinéma de Julie Delpy, c’est un peu la même chose, et on en redemande. Dans 2 Days in Paris, comédie décalée et loufoque, Julie Delpy se mettait en scène dans le personnage de Marion, artiste bobo un peu névrosée et foldingue, en couple à New York avec Jack, intellectuel juif paranoïaque légèrement égocentrique en visite à Paris dans la famille improbable de Marion. Au menu, comique de la confrontation des cultures, discussions ubuesques dans le couple digne d’un bon Woody Allen. On était touché, on riait, et surtout on était séduit par un film qui sentait la sincérité et la bonne humeur, d’autant qu’on soupçonnait que le personnage de Marion n’était pas très éloigné de celui de Julie Delpy.

Quelques années plus tard, Marion a quitté Jack et s’est mis avec Mingus (joliment incarné par le comique Chris Rock), un animateur comique de radio très new yorkais et beaucoup plus sérieux qu’il n’y paraît, pour constituer une jolie famille recomposée, puisque y vivent Lulu le fils de Marion et la fille de Mingus, une préadolescente aux tendances gothiques, ce qui pour une petite black est plutôt rare. Marion artiste conceptuel (elle a décidé par geste artistique de vendre son âme aux enchères) qui fait des photos d’elles avec ses ex au lit, et Mingus animateur de radio, sont un parfait couple bobo à la vie réglée comme du papier à musique. Jusqu’à ce que déboule le père de Marion, Jeannot, un joyeux barbu ventripotent sosie du Père Noël aux tendances anarchisantes dont le manque d’hygiène et la fâcheuse habitude de rayer les gros 4x4 qu’il déteste campent le personnage. D’autant qu’il arrive avec Rose, l’insupportable sœur cadette de Manon, qui allie exhibitionnisme, nymphomanie et manie irrépressible de critiquer en tant que psychologue l’éducation des enfants de Marion. Le plus insupportable étant probablement Manu le copain de Rose, dont le sans-gêne n’a aucun égal. Et la vie de Mingus, et par extension celle de Marion, va devenir un enfer, Mingus se consolant en parlant à Barack Obama qu’il a en figure géante en carton.

Julie Delpy n’y va pas mollo sur la caricature du Français en vacances à New York, entre le père qui se fait choper à la douane avec des dizaines de saucissons planqués sous les vêtements et Manu qui fait monter un dealer chez Mingus devant les enfants, sans parler des malentendus linguistiques drôlatiques, le Français étant par essence anti-polyglotte. Mais elle y va aussi fort sur la caricature de l’Américain politiquement correct, procédurier, un peu coincé. Et tout ça passe très bien dans le rire, parce que Julie Delpy traite ses personnages y compris les plus odieux, avec une tendresse communicative. Et elle filme sa ville comme on le voit peu au cinéma avec le regard d’une expatriée amoureuse qui sait capter les petits charmes d’une cité que le natif de New York ne perçoit plus. Mais à travers l’épreuve que constitue pour Marion et Mingus la venue de la famille française, 2 Days in New York est aussi une jolie réflexion sur le couple au défi d’un mauvais passage.
Et quand le film se termine on espère qu’un nouveau changement s’opèrera dans la vie de Marion, pour que l’on ait un nouvel épisode avec deux jours où que ce soit dans le monde.