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Le blog des profondeurs...
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SEANCES "BEBES"
Chers parents voici les séances auxquelles vous pouvez sereinement amener vos bébés, nous mettons le son moins fort ! le vendredi 10 mai à 14h30 No le samedi 18 mai à 14h15 Quartet le vendredi 24 mai à 14h Free Angela le jeudi 30 mai à 12h05 Le premier homme le mercredi 5 juin à 14h Hannah Arend...

Pierre Rabhi bouscule nos programmes (et ça nous ferait plutôt plaisir)
mardi 2 avril, sous la pression populaire, nous proposons une rencontre supplémentaire avec Pierre Rabhi à l’issue de la projection du film de Marie-Dominique Dhelsing : PIERRE RABHI, AU NOM DE LA TERRE les places pour les deux séances à 18h et 20h se sont arrachées en quelques heures. Le fil...

Sans chanter ni déchanter
très chouette billet sur le blog de l’ami Jean-Michel Frodon, sur Les Lendemains de Bénédicte Pagnot. Nous vivons des temps déplaisants, où un premier film français que n’accompagne aucun parrainage prestigieux ni aucun signe extérieur de richesse (genre culte, vedette au générique, etc.) souffr...

38 TÉMOINS

Écrit et réalisé par Lucas BELVAUX - France 2012 1h45mn - avec Yvan Attal, Sophie Quinton, Nicole Garcia, François Feroleto, Natacha Régnier, Patrick Descamps, Didier Sandre... D'après le roman de Didier Decoin, « Est-ce ainsi que les femmes meurent ? ».

38 TÉMOINSVoici un film étonnamment dans l'air du temps, qui saisit à bras le corps les contradictions des piètres humains que nous sommes, n'hésitant pas à nous en dévoiler les faiblesses et les défaillances comme si, en les montrant ainsi sous un jour aussi cruel que juste, il pouvait nous aider à les dépasser. Étonnamment, disais-je, car avant d'être un film, avant même d'être un livre dont le film s'inspire, cette histoire eut réellement lieu et donna d'ailleurs naissance à un nouveau concept psychologique, le « syndrome Kitty Genovese », du nom de cette jeune femme poignardée en pleine nuit, le 13 Mars 1964, au pied de son immeuble dans le quartier du Queens à New-York. Et pourtant, à la vision du film, on n'imagine pas que cette histoire ait pu se passer à une autre époque qu'aujourd'hui, ni même dans une autre ville que Le Havre dans laquelle Lucas Belvaux a choisi d'en situer l'action, entre les façades grises des immeubles du centre-ville reconstruit, et l'appel du large de son port et des bateaux qu'il accueille chaque jour.

Mais bien au-delà de la retranscription plus ou moins fidèle du fait divers, ce qui importe dans cette histoire, qu'elle soit vraie ou pas, c'est la puissance de ce qu'elle évoque, de ce qu'elle nous dévoile des comportements humains. Et de ce côté-là, il n'y a franchement pas de discussion possible, le film de Lucas Belvaux est plus que vraisemblable : il remue, trouble, dérange, nous renvoie face à nous-même et fait naître d'innombrables questionnements qui nous poursuivent longtemps, bien après la projection…
Tout commence quand Louise rentre chez elle, au petit matin, de retour d'un voyage professionnel en Chine, et qu'elle découvre son quartier bouclé par la police. La nuit précédente, une femme a été assassinée, poignardée de plusieurs coups de couteau, juste au pied de l'immeuble dans lequel vivent Louise et son mari. La police enquête, questionne, frappe à toutes les portes, interroge les voisins les uns après les autres : 38 témoins potentiels et pourtant personne n'a rien vu, rien entendu. Un seul habitant reconnaît avoir été dérangé par des cris, raconte être sorti sur son balcon pour râler contre les perturbateurs, et réclamer le silence, pour pouvoir dormir en paix… Mais il n'a pas saisi l'urgence du drame en cours, n'a pas envisagé de prévenir la police…
Le mari de Louise, Pierre, était absent, il travaillait au port et, comme souvent, il est resté en poste jusque tard dans la nuit. Lui non plus n'a rien vu, rien entendu. Et tout ce silence, ces questions sans réponses et cette vérité qui reste en suspens, c'est insupportable pour Louise. Elle ne peut jouer l'indifférente face à cette horreur qui s'est passée juste là, sur ce trottoir qu'elle emprunte chaque jour et qui s'emplit depuis de fleurs et de bougies en guise d'hommage à la défunte. Là c'est le « syndrome Lady Di »…





L'inquiétude et la méfiance s'installent peu à peu dans le quartier alors que l'enquête piétine, et les journalistes commencent à rôder. En l'occurrence, une journaliste surtout suit l'affaire, pour le canard local, essaie en vain d'interroger les habitants du quartier, et finit par attirer l'attention de Louise qui, même si elle n'était pas là le soir du meurtre, a besoin d'en parler, d'évacuer, d'essayer de comprendre, elle qui se heurte depuis son retour au silence pesant de son mari. Jusqu'à cette nuit où Pierre décide de lui parler, longuement, et d'enfin tout lui raconter… Et son récit va la bouleverser, et ébranler tous ceux qui sont concernés de près ou de loin par cette terrible histoire.