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(et où trouver la gazette)
NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 6€
ABONNEMENT : 45€ (10 places)
Séance sur fond gris : 3,50€
SEANCES "BEBES"
Chers parents voici les séances auxquelles vous pouvez sereinement amener vos bébés, nous mettons le son moins fort !
le vendredi 10 mai à 14h30 No
le samedi 18 mai à 14h15 Quartet
le vendredi 24 mai à 14h Free Angela
le jeudi 30 mai à 12h05 Le premier homme
le mercredi 5 juin à 14h Hannah Arend...
Pierre Rabhi bouscule nos programmes (et ça nous ferait plutôt plaisir)
mardi 2 avril, sous la pression populaire, nous proposons une rencontre supplémentaire avec Pierre Rabhi à l’issue de la projection du film de Marie-Dominique Dhelsing :
PIERRE RABHI, AU NOM DE LA TERRE
les places pour les deux séances à 18h et 20h se sont arrachées en quelques heures.
Le fil...
Sans chanter ni déchanter
très chouette billet sur le blog de l’ami Jean-Michel Frodon, sur Les Lendemains de Bénédicte Pagnot.
Nous vivons des temps déplaisants, où un premier film français que
n’accompagne aucun parrainage prestigieux ni aucun signe extérieur de
richesse (genre culte, vedette au générique, etc.) souffr...
Écrit et réalisé par Frédéric VIDEAU - France 2012 1h31mn - avec Agathe Bonitzer, Reda Kateb, Hélène Fillières, Noémie Lvovsky, Jacques Bonnaffé, Margot Couture, Gregory Gadebois, Marie Payen...
C’est un film remarquable et fascinant, qui vous pousse dans vos retranchements moraux, vous met parfois mal à l’aise face à vos propres certitudes soudainement ébranlées, un film qui s'attaque avec une intelligence infinie à un sujet délicat et tabou… Très librement inspiré d'un fait divers à sensation, le récit se situe dans les recoins forestiers du Limousin, où vit Vincent Maillard, un ouvrier du bois secret et soupe-au-lait. Même s'il est renfermé, même si sa vie sociale est réduite au minimum, personne ne soupçonne ce qui se passe dans le sous-sol de sa maison isolée, à l'orée des bois : depuis huit ans, il y séquestre Gaëlle, dans une pièce spécialement et soigneusement aménagée.
Ce qui intéresse Frédéric Videau, ce n'est pas le fait divers lui-même. On en connaît d'ailleurs tout de suite l’issue, puisqu'une des premières séquences du film montre l’évasion – acceptée par Vincent – de Gaëlle. Le film va à la fois s’intéresser à la réadaptation (ou non) au monde extérieur de la jeune fille après ses huit années de captivité et, à travers de larges flash-back, à l’étrange relation qui s’est nouée entre le ravisseur et sa victime, qui est devenue adolescente puis femme durant son séjour forcé où elle fut coupée de toute autre relation humaine. Et Frédéric Videau montre comment une petite fille grandit et se construit avec son ravisseur comme seule famille, comme seul « homme » dans sa vie, avec la peur sourde qu'il s'en prenne à elle… Passées la révolte, les tentatives désespérées d’évasion et de rébellion, vient le temps du compromis. Et le jeu psychologique entre les deux êtres devient passionnant. Car Vincent n’est pas un pédophile prédateur qui veut abuser de sa jeune victime. Non, c’est juste un déséquilibré, incapable sans doute de nouer de réelles relations affectives, qui a voulu se créer une famille idéale, sans demander l’avis de l’intéressée. Vincent enferme Gaëlle contre son gré mais veut en même temps lui assurer le confort matériel dans la mesure de ses moyens, il lui achète les disques ou les livres qu’elle désire, lui fournit la nourriture qui lui fait plaisir. Il se conduit en « père », il essaie d'assurer son éducation. Gaëlle a donc une petite marge pour négocier les conditions de sa détention, gagner quelques espaces de liberté et prendre l’ascendant psychologique sur Vincent, à défaut de l’ascendant physique qui lui permettrait de fuir. Au fil des mois puis des années, l’évidence est là : Vincent et Gaëlle forment une bien étrange famille, une réelle complicité s'installe, évidemment remise en cause dès que la réalité de la situation, de leur relation reprend le dessus. Ils forment même une sorte de couple quand Gaëlle grandit et devient femme…
La partie qui se passe après la libération de Gaëlle est tout aussi ambivalente, car après avoir vécu dans l’intimité d’un homme pendant huit ans et n’avoir connu que cette seule compagnie, comment retrouver un cercle familial lointain, brisé d’ailleurs par le rapt, comme si de rien n’était ? Gaëlle, par une étrange ironie du destin se retrouve dans une unité psychiatrique fermée avant de rejoindre le domicile maternel, une prison succédant à une autre, et paradoxalement le chalet en bois de Vincent semble bien plus chaud et protecteur que l’institution aseptisée où elle est accueillie…
Pour incarner toute la complexité du film et des personnages, il fallait deux acteurs exceptionnels. Frédéric Videau a su les choisir : Agathe Bonitzer et Reda Kateb sont magnifiques de présence, d'épaisseur, de singularité. Ils sont pour beaucoup dans la réussite de ce film profondément beau et troublant.
