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(et où trouver la gazette)
NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 6€
ABONNEMENT : 45€ (10 places)
Séance sur fond gris : 3,50€
SEANCES "BEBES"
Chers parents voici les séances auxquelles vous pouvez sereinement amener vos bébés, nous mettons le son moins fort !
le mardi 2 juillet à 16h Mud
le dimanche 7 juillet à 14h Millefeuille
le samedi 13 juillet à 15h15 Bambi
le mercredi 17 juillet à 16h Les beaux jours
le samedi 27 juillet à 15h30...
Pierre Rabhi bouscule nos programmes (et ça nous ferait plutôt plaisir)
mardi 2 avril, sous la pression populaire, nous proposons une rencontre supplémentaire avec Pierre Rabhi à l’issue de la projection du film de Marie-Dominique Dhelsing :
PIERRE RABHI, AU NOM DE LA TERRE
les places pour les deux séances à 18h et 20h se sont arrachées en quelques heures.
Le fil...
Sans chanter ni déchanter
très chouette billet sur le blog de l’ami Jean-Michel Frodon, sur Les Lendemains de Bénédicte Pagnot.
Nous vivons des temps déplaisants, où un premier film français que
n’accompagne aucun parrainage prestigieux ni aucun signe extérieur de
richesse (genre culte, vedette au générique, etc.) souffr...
Christian ROUAUD - documentaire France 2011 1h58mn -
Marizette, Christiane, Alice, Pierre, José… plein d’autres ! Ils sont drôles, émouvants, formidables et racontent, images à l’appui, la mémorable bagarre pleine d’imagination, d’intelligence et de culot que menèrent une poignée de paysans contre l’armée française et le gouvernement. Une bagarre qui n’a rien d’un combat d’arrière-garde, d’une affaire d’anciens combattants. Elle résonne encore très fort aujourd’hui, nous transporte et nous donne une pêche d’enfer !
Ça commence en 1971 : le père Debré, ministre de la guerre, annonce que le camp militaire du Larzac a besoin d’espace et que par conséquent, les paysans qui y font paître leurs moutons vont devoir céder la place aux missiles et aux fusils. On disait les paysans conservateurs et timorés, ils vont opposer à la force brutale et stupide une force de résistance pétrie d’humour et d’imagination. On les disait individualistes, ils vont se révéler d’une solidarité à toute épreuve, commençant par signer un pacte qu’il tiendront jusqu’au bout sans mollir : aucun d’entre eux n’acceptera de céder ses terres à l’armée quel qu’en soit le prix. Il étaient pourtant sacrément différents les uns des autres : paysans enracinés depuis toujours, nouveaux débarqués avec la vague soixante-huitarde, gros exploitants, ou tout petits, il y avait les modernes, les traditionalistes, les conservateurs, les révolutionnaires… jamais ceux qui prenaient les décisions du côté de Paris n’auraient pu imaginer que des éléments aussi disparates puissent se fédérer pour leur tenir tête et que la victoire serait du côté de la non violence et de l’utopie…
Lorsque l’État déclenche en 1972 une procédure d’expropriation, les paysans vont riposter par un lâcher de moutons sur la place du Champ de Mars à Paris, opération qui va stupéfier les médias et les politiques qui ne s’attendaient certes pas à ça. Quelques mois après, c’est une armada de tracteurs qui foncera du Larzac vers Paris… Chaque manif rameutera de plus en plus de monde et la mobilisation va s’étendre bientôt à la France entière : des comités Larzac vont germer un peu partout, et la poignée de fermes visées par les militaires va devenir le point de ralliement de tous ceux qui, gauchistes, pacifistes, anarchistes, chrétiens, mécréants, ou simples rêveurs se disaient prêts à fabriquer une société meilleure, sans violences ni canons.
Les bouseux dont les militaires et les politiques pensaient ne faire qu’une bouchée vont leur tenir tête plus de dix ans et finiront par gagner le droit de rester sur leurs terres. En juillet 1981, Mitterrand, ayant pigé le symbole extraordinaire qu’était devenu ce plateau-là, déclarera le projet d’extension abandonné dans l’enthousiasme général. Mais on ne sort pas indemne de si formidables années de lutte commune. Il en reste une conscience politique, une culture, une solidarité, une force qui les a tous définitivement façonnés : c’est à Millau que Bové et ses potes mettront en pièce un MacDo malvenu, c’est au Larzac en 2003 que plus de 300 000 personnes se retrouveront pour se ressourcer et clamer qu’un autre monde est possible et continuer à jeter les bases d’une alternative à la mondialisation libérale… Le petit canard né en 1975, Gardarem lo Larzac, continue de paraître, et à tisser des solidarités entre ceux qui luttent au Brésil, au Chiapas, en Ile et Vilaine ou ailleurs…
Christian Rouaud, déjà réalisateur de Lip, l'imagination au pouvoir, réussit là un film enthousiasmant, à la hauteur de l'histoire qu'il raconte. Et on est bien contents d'apprendre que 40 ans plus tard, le Larzac est toujours bien gardé : Oui aux pâturages, non aux forages ! La lutte ne s'arrête jamais et l'opposition à l'exploitation des gaz de schistes ne fait que commencer… À suivre !
