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Le blog des profondeurs...
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SEANCES "BEBES"
Chers parents voici les séances auxquelles vous pouvez sereinement amener vos bébés, nous mettons le son moins fort ! le vendredi 10 mai à 14h30 No le samedi 18 mai à 14h15 Quartet le vendredi 24 mai à 14h Free Angela le jeudi 30 mai à 12h05 Le premier homme le mercredi 5 juin à 14h Hannah Arend...

Pierre Rabhi bouscule nos programmes (et ça nous ferait plutôt plaisir)
mardi 2 avril, sous la pression populaire, nous proposons une rencontre supplémentaire avec Pierre Rabhi à l’issue de la projection du film de Marie-Dominique Dhelsing : PIERRE RABHI, AU NOM DE LA TERRE les places pour les deux séances à 18h et 20h se sont arrachées en quelques heures. Le fil...

Sans chanter ni déchanter
très chouette billet sur le blog de l’ami Jean-Michel Frodon, sur Les Lendemains de Bénédicte Pagnot. Nous vivons des temps déplaisants, où un premier film français que n’accompagne aucun parrainage prestigieux ni aucun signe extérieur de richesse (genre culte, vedette au générique, etc.) souffr...

WEEK-END

Écrit et réalisé par Andrew HAIGH - GB 2011 1h36mn VOSTF - avec Tom Cullen, Chris New, Jonathan Race, Laura Freeman...

WEEK-END« La première fois que tu couches avec un inconnu, tu deviens un genre de toile blanche sur laquelle tu peux projeter une image idéale de toi… » dit Glen, amateur d'histoires d'amour éphémères, libre comme le vent. Les recommencements lui plaisent, sans pour autant que ces amours-là soient sans importance, et le film dit avec sensualité et finesse la fulgurante évolution des sentiments le temps d'une brève rencontre : ça commence par un coup de désir, mais si les corps fusionnent, les esprits et les mots font le reste… Il apparaît alors que la notion d'âme sœur n'est pas un concept abstrait quel que soit le genre, quel que soit le sexe et quel que soit le temps dont on dispose.

Ce vendredi soir-là, Russel se sent un peu décalé au milieu de ses amis : pas vraiment envie de rentrer chez lui. Il traîne jusqu'à la fin de la soirée dans un club gay et, juste avant la fermeture, il rencontre Glen, l'invite chez lui. Aventure d'une nuit pense-t-il… Mais au petit matin, Glen n'est pas parti. Il est resté là. Les corps sont à la fête, mais très vite les mots s'imposent dans leurs jeux, autant que les caresses, participant du processus de rapprochement, les attachant l'un à l'autre plus sûrement que n'importe quelle longue vie d'habitudes. Ils étaient deux inconnus et se retrouvent intimes. Intensément intimes. Chacun sensible aux sentiments, aux émotions, aux histoires de l'autre, et chaque instant de plus resserre encore un lien qui, Russel en a très vite la certitude, le marquera pour la vie.

Pour raconter une telle histoire, pour qu'elle apparaisse autant unique qu'universelle, il fallait un doigté, une finesse, un talent particulier. Rien de spectaculaire dans la façon de faire d'Andrew Haigh, ni trémolos ni violons, juste une sensibilité à fleur de personnage, relayée par deux acteurs vibrants, immergés dans une histoire qui leur ressemble, où les mots ont un rôle essentiel. Il est probable que le fait d'avoir tourné le film dans sa chronologie, et sur une petite quinzaine de jours, a densifié la relation : rien n'est en trop et rien ne manque de tout ce qui construit une histoire d'amour forte.
Il n'est pas si facile de parler d'amour, d'en faire sentir les fêlures et les craintes aussi bien que les fulgurances. Cette rencontre est bien au-delà de l'anecdote et fonctionne comme un révélateur de l'âme humaine, au-delà de la pudeur, au-delà de la crainte de ne pas se montrer sous son meilleur angle… L'espace de deux jours, Glen et Russel sont devenus proches jusqu'à ne plus avoir besoin de projeter une « image idéale de soi » et accepter enfin de n'être que soi-même en toute impudeur.





Le film a été tourné sur les lieux mêmes du magnifique film de Karel Reisz Samedi soir, dimanche matin, grand classique du « free cinema » anglais des années soixante, et ce n'est pas un hasard, il y a dans le filigrane de Week-end comme une parenté, un climat qui est plus qu'une forme d'hommage à son prédécesseur. Week-end a récolté plein de prix dans les festivals du monde entier : coup de cœur à Dinar, Grand Prix du Jury et Meilleur acteur à Nashville, Grand Prix à Los Angeles, Meilleur premier film à Londres… Récompenses méritées, le film vaut vraiment le coup d'oeil !