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Le blog des profondeurs...
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SEANCES "BEBES"
Chers parents voici les séances auxquelles vous pouvez sereinement amener vos bébés, nous mettons le son moins fort ! le mardi 2 juillet à 16h Mud le dimanche 7 juillet à 14h Millefeuille le samedi 13 juillet à 15h15 Bambi le mercredi 17 juillet à 16h Les beaux jours le samedi 27 juillet à 15h30...

Pierre Rabhi bouscule nos programmes (et ça nous ferait plutôt plaisir)
mardi 2 avril, sous la pression populaire, nous proposons une rencontre supplémentaire avec Pierre Rabhi à l’issue de la projection du film de Marie-Dominique Dhelsing : PIERRE RABHI, AU NOM DE LA TERRE les places pour les deux séances à 18h et 20h se sont arrachées en quelques heures. Le fil...

Sans chanter ni déchanter
très chouette billet sur le blog de l’ami Jean-Michel Frodon, sur Les Lendemains de Bénédicte Pagnot. Nous vivons des temps déplaisants, où un premier film français que n’accompagne aucun parrainage prestigieux ni aucun signe extérieur de richesse (genre culte, vedette au générique, etc.) souffr...

HOLY MOTORS

Écrit et réalisé par Leos CARAX - France 2012 1h55mn - avec Denis Lavant, Edith Scob, Kylie Minogue, Eva Mendes, Elise Lhomeau, Michel Piccoli...

HOLY MOTORSHoly Motors a illuminé le Festival de Cannes – d'où il est reparti bredouille, pas le moindre prix, au grand désappointement de ses multiples fans – de sa bizarrerie, de son humour noir, de sa mélancolie. C'est l'histoire d'un voyage en limousine. À son bord, deux personnages : la conductrice, Céline, à la beauté étrange et surannée (Edith Scob), très attentionnée à l'égard de son passager, Monsieur Oscar (Denis Lavant), qui a d'abord l'allure d'un homme d'affaires, avant de changer dix fois d'identité et d'apparence pour honorer les rendez-vous notés sur son agenda. L'intérieur de la limousine ressemble à une loge où M. Oscar se change en fonction des rôles qu'il doit endosser : tueur à gages, mendiante, vieillard, père de famille, créature virtuelle...

À chaque rendez-vous correspond un épisode halluciné, radicalement différent du précédent, où Denis Lavant, transformiste de génie, comédien à l'énergie primitive et tellurique, investit un univers visuel et émotionnel singulier. Le plus effrayant est celui où, sous les traits d'un clochard monstrueux, il hante les égouts et les cimetières, et mange les cheveux d'une mannequin voilée jouée par Eva Mendes. Le plus sidérant : quand M. Oscar se métamorphose en créature virtuelle et fluo et s'adonne à un ballet érotique. Le plus émouvant: la séquence où, dans La Samaritaine intérieurement démolie, il retrouve un amour ancien en la personne de Kylie Minogue, sosie de Jean Seberg, qui interprète une chanson déchirante avant de monter sur le toit dont la vue domine Paris, et notamment le Pont-Neuf.
À chaque rendez-vous, M. Oscar accomplit son « travail ». Mais à son impresario (Michel Piccoli, dans une apparition courte mais marquante), qui note qu'il semble « ne plus y croire comme avant », M. Oscar répond que désormais les caméras sont miniaturisées au point d'être invisibles et donc partout. L'idée n'est pas neuve, mais Holy Motors en tire toutes les conséquences quant au cinéma : si le monde est condamné à être en perpétuelle représentation, la frontière entre le réel et la fiction est abolie. Les « rendez-vous » pour passer d'un état à un autre ont désormais quelque chose de vain. Là où tout se montre, où tout s'auto-promeut (même sur les tombes, les défunts appellent les vivants à visiter leur site !), comment M. Oscar pourrait-il y croire comme avant ? Cet « avant » qui peuple Holy Motors.
Le voyage en limousine est également une épopée à travers l'histoire du cinéma : le muet est très présent, Lang et Lynch ne sont pas loin, Godard encore moins, le Pont Neuf renvoie bien sûr aux propres films de Carax, et Edith Scob clôt Holy Motors avec le masque qu'elle portait dans Les Yeux sans visage de Georges Franju...

La mélancolie crépusculaire du film est démentie par sa splendeur hypnotisante qui, en elle-même, est un hymne à la persistance du cinéma. Leos Carax, qui n'avait pas réalisé de long-métrage depuis treize ans (Pola X), apparaît en personne dans les premières images. Par un passage forcément secret, il rejoint une salle de cinéma où les spectateurs sont endormis. Holy Motors est le plus beau rêve qu'ils pourront faire. Ils n'en croiront tellement pas leurs yeux qu'il les rouvriront. Et alors, ils verront...





(C. Kantcheff, Politis)