


NOUS CONTACTER
NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)
NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 6€
ABONNEMENT : 45€ (10 places)
Séance sur fond gris : 3,50€
SEANCES "BEBES"
Chers parents voici les séances auxquelles vous pouvez sereinement amener vos bébés, nous mettons le son moins fort !
le vendredi 10 mai à 14h30 No
le samedi 18 mai à 14h15 Quartet
le vendredi 24 mai à 14h Free Angela
le jeudi 30 mai à 12h05 Le premier homme
le mercredi 5 juin à 14h Hannah Arend...
Pierre Rabhi bouscule nos programmes (et ça nous ferait plutôt plaisir)
mardi 2 avril, sous la pression populaire, nous proposons une rencontre supplémentaire avec Pierre Rabhi à l’issue de la projection du film de Marie-Dominique Dhelsing :
PIERRE RABHI, AU NOM DE LA TERRE
les places pour les deux séances à 18h et 20h se sont arrachées en quelques heures.
Le fil...
Sans chanter ni déchanter
très chouette billet sur le blog de l’ami Jean-Michel Frodon, sur Les Lendemains de Bénédicte Pagnot.
Nous vivons des temps déplaisants, où un premier film français que
n’accompagne aucun parrainage prestigieux ni aucun signe extérieur de
richesse (genre culte, vedette au générique, etc.) souffr...
Cary FUKUNAGA - USA 2012 2h VOSTF - avec Mia Wasikowska, Michael Fassbender, Jamie Bell, Judi Dench... Scénario de Moira Buffini, d’après le roman de Charlotte Brontë.
Il ne manque rien. Ni la lande à perte de vue et ses maigres tâches de mauve peintes par la bruyère, ni le vent glaçant qui s’engouffre dans les crinolines comme un esprit malin, ni les imposantes demeures perdues au milieu d’une nature hostile, qui semble tout dominer : les corps fragiles aussi bien que les esprits passionnés. Et s’il fallait chercher un peu plus loin, on trouverait sans doute quelques énigmatiques fantômes prêts à visiter les rêves des vulnérables mortels.
Celles et ceux qui ont déjà lu des œuvres des sœurs Brontë (Jane Eyre de Charlotte ou Les Hauts de Hurlevent d'Emily) reconnaîtront cette ambiance si particulière, aux confins du fantastique, qui domine leur œuvre. Un univers où les passions s’engagent sur des terrains glissants comme les souliers s’enfoncent dans la tourbe humide des plaines, là où la raison n’a plus tout à fait sa place, où les conventions sociales d’une époque écrite par et pour les hommes ne laissent que peu de place au désir féminin. Toutes et tous les autres, celles et ceux qui n'ont jamais lu les Brontë, on ne peut que les inviter ardemment à goûter à ces pages qui s’inscrivent durablement dans une mémoire de lecteur comme seuls les très grands romans savent le faire.
Si ce film n’est pas, loin s’en faut, la première adaptation au cinéma, c’est sans doute celui qui est le plus habité, le plus inspiré et le plus fidèle à l’imposant roman de Charlotte Brontë.
Il est d’une fulgurante beauté qui se découvre à la lueur des bougies. Il est d’une intelligence subtile et raffinée qui sait glisser sur le romanesque sans jamais s’y écorcher, flottant sur un classicisme qui aurait tout pour être oppressant mais qui, ici, sert le texte avec une merveilleuse légèreté.
Bien plus que le récit d’un amour fou, c’est le portrait d’une jeune femme d’une étonnante modernité. Jane Eyre est une héroïne libre et indépendante qui, sans pour autant maudire sa condition, ne se résout jamais à la prison sociale dans laquelle son époque, l’Angleterre du 19ème siècle, voudrait absolument l’enfermer. Elle, la petite orpheline méprisée de tous, rejetée par sa famille adoptive tout autant que par l’institution religieuse à laquelle elle a été confiée, s’est forgé très vite la conviction que son salut ne viendrait que par la grâce de deux fondamentaux : son indépendance financière et son instruction. Mais si l’on peut avoir l’illusion de choisir et de maîtriser un tant soit peu sa destinée, il est une chose que rien ni personne ne peut prédire : les élans du cœur.
Attiré par son éclat plus que par sa beauté, par son esprit vif plus que par ses silences soumis, Rochester va trouver en Jane l’incarnation d’un esprit libre, lui qui semble si mystérieusement enfermé dans un carcan où s’entremêlent le poids de sa position sociale (il est le maître, riche, possédant, dominant) et un terrible secret qui semble le ronger comme un feu intérieur.
Jane, elle qui n’a que trop connu le poison amer que distille l’absence de l’amour d’un foyer, semble toujours se tourner vers les autres, généreuse et confiante, comme une revanche sur une enfance trop triste et solitaire. Aimantée par cet homme tourmenté et peu aimable, elle ne sait pas encore que leurs deux âmes ne sont que les deux versants d’un même astre tourné tantôt vers la lumière, tantôt vers les ténèbres…
