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Du 17 avril au 7 mai en Vidéo en Poche, en avant-première, pour 5€ et en HD ! (voir la page de présentation du film)
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Droit de suite
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Écrit et réalisé par Michael WINTERBOTTOM - GB 2011 1h53mn VOSTF - avec Freida Pinto, Riz Ahmed, Roshan Seth, Kalki Koechin, Anurag Kashyap... Librement inspiré du roman Tess d’Urberville, de Thomas Hardy.
Elle est ténue, la frontière qui sépare l’histoire d’amour malheureuse de la tragédie. Souvent, on la discerne à peine et quelquefois, elle ne se dessine pas du tout, demeurant dans l’ombre d’une simple fin tragique qui signe en définitive celle d’une histoire à deux qui finit mal. Pourquoi alors ce sentiment, avec Trishna, de ressentir au plus près la construction de cette frontière au fur et mesure de l’histoire ? D’où vient cette sensation terrible d’assister, de nos yeux impuissants, à cette lente mais inéluctable marche vers une destinée tragique là où il ne pourrait y avoir, comme c’est souvent le cas au cinéma, qu’un simple dénouement malheureux ?
Peut-être est-ce l’Inde, riche de tant de légendes, de tant de mythes, de tant de dieux et de déesses. Peut-être est-ce cette manière si particulière qu’a Trishna de traverser cette histoire comme en suspens, comme si la tragédie dont elle est l’innocent sujet la dépassait complètement, puissance beaucoup trop forte pour elle. Peut-être est-ce l’œil de Michael Winterbottom, qui semble durant tout le film ne raconter son histoire qu’à travers le prisme de sa fin. Peut-être sans doute est-ce aussi l’œuvre de Thomas Hardy, Tess d'Urberville, dont le film est librement inspiré.
Trishna fascine comme nous fascine l’Inde… comme un territoire aux mystères infinis qu’on ne parvient pas à percer, comme une âme aux vérités si bien enfouies que l’on ne peut les atteindre. La beauté du film est là : dans le mystère opaque que cache Trishna sous le voile lisse de sa beauté trop parfaite, dans son regard résigné qui, à force de trop de rêves, semble s’être éteint, dans cette force insoupçonnée qu’elle saura déployer pour devenir enfin maîtresse et non plus esclave, fusse pour le pire, à défaut d’avoir pu goûter au meilleur.
Quelque part au Rajasthan… Terre où la misère est aux portes des innombrables et somptueux palais qui font le bonheur des touristes… Trsihna vit dans un village pauvre et subvient aux besoins de sa famille en travaillant comme serveuse dans l’un des nombreux hôtels luxueux que compte la région. Anglais de passeport mais Indien de culture, Jay est revenu vivre dans le pays de sa famille. Il est beau gosse, il est d'une famille riche et tente, tant bien que mal, de trouver un quelconque intérêt à la gestion des biens et de la fortune de son père malade.
Tout commence comme dans un conte de fées : avec grâce et douceur, avec délicatesse et retenue. Jay tombe sous le charme de la jeune femme, la courtise et lui propose un nouvel emploi, mieux payé, dans un des hôtels appartenant à son père, à Bombay. Trishna accepte de partir loin, de quitter les siens… Jay et Trishna s’aiment… une nouvelle vie pourrait commencer.
Mais ce serait oublier le mur invisible qui les sépare. Un mur qu’aucun semblant de modernité, qu’aucune promesse de liberté ne peut abattre. Il est riche, elle est pauvre. Il est issu de la caste des dominants, elle est de celles des dominés. Il est homme, elle est femme. D’une aliénation à une autre, d’une prison à une autre, Trishna va traverser son pays comme elle traverse sa vie : avec une résignation qui semble comme inscrite dans ses gènes. Fille de… maîtresse de… servante de… amante de… elle qui n’aspire qu’à une chose : être Trishna, tout court.
