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Viramundo, un voyage musical avec Gilberto Gil
Du 17 avril au 7 mai en Vidéo en Poche, en avant-première, pour 5€ et en HD ! (voir la page de présentation du film)
Une expérience européenne (The Tide Experiment)
va proposer une sortie quasi simultanée en salles et en vidéo dans dix
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Veolia attaque Water makes money !
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Les nouveaux films en Vidéo en Poche, et très bientôt… WOUF !
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Droit de suite
En septembre nous accueillions une passionnante soirée consacrée au résistant et immigré arménien Missak Manouchian, fusillé en 1943 . Une soirée en présence entre autres de l’écrivain Didier Daeninckx et d’un des derniers compagnons survivants de Manouchian, Arsène Tchakarian. Jean Présent un d...
Écrit et réalisé par Terence DAVIES - Angleterre 2012 1h38mn VOSTF - avec Rachel Weisz, Tom Hiddleston, Simon Russel Beale, Ann Mitchell... D’après la pièce de Terence Rattigan.
C’est un film superbement et radicalement désuet et british. Aussi british et désuet que le brandy, les scones, les chapeaux melons, les couvre-théières en tissu ou le tweed. Il pourrait paraître folklorique ou ringard, il est simplement d’une élégance extrême à une époque rongée par l'insupportable obsession du « cool ». Ce film d'une intelligence et d'un goût exquis évoque une Angleterre oubliée, celle des années 50 et de la difficile après guerre, une Angleterre digne, entravée par les conventions et les restrictions, enterrée dans la mémoire collective par les libératrices et futiles années 60. Cette époque, un auteur l’a auscultée sous toutes ses coutures les plus cruelles : Terence Rattigan, dramaturge incontournable des émotions britanniques et de la souffrance des femmes de la haute bourgeoisie. Son chef d’œuvre Bonne fête, Hesther (devenu The Deep blue sea) aurait pu ne jamais voir son adaptation au cinéma s'il n'y avait eu l’étrange, l'unique Terence Davies. Cinéaste discret mais sublime, Davies n’a jamais cessé d’interroger les souvenirs de son enfance dans les années 50 (autant dans ses deux fictions, Distant voices, still lives et Long day closes que dans son fabuleux documentaire sur Liverpool, Of time and the city), et sa passion pour le mélo britannique.
Drame classique sur le triangle amoureux, The Deep blue sea met en scène Hester Collyer, fille de pasteur et jeune épouse élégante de Sir William Collyer, haut magistrat honorable, de deux bonnes décennies son aîné. L’existence du couple, confortable et paisible, s’écoule dans l’affection et le respect mutuels. Jusqu’au jour où Hester croise le regard intense et brûlant de Freddie Page, ancien pilote de la RAF récemment démobilisé et pour lequel elle éprouve une attirance immédiate. Une histoire qui pourrait être terriblement banale si elle ne se déroulait pas dans un contexte bien particulier : celui de la haute bourgeoisie des années 50. Parce que ce qui se règle aujourd’hui par un divorce à l’amiable était il y a 60 ans une tragédie : quelques dix ans auparavant, un roi avait même choisi d'abandonner la couronne pour l’amour d’une femme divorcée… Sans compter que les rapports entre femme/mari/amant étaient alors plus complexes et plus ambigus. Hesther respecte infiniment son mari, prêt à tout donner pour elle, mais ne peut résister à la passion pour Freddie avec qui elle découvre le plaisir charnel, la passion destructrice, qui enflamme les sens et le cœur hors de toute raison. Et pour cela elle va transgresser les règles de son rang, accepter de tout perdre pour vivre l’existence des laissés pour compte de l’après guerre, dans un taudis sans eau courante… alors même que Freddie ne montre pas d’égale passion pour elle, bien plus enclin à aller s’enivrer et jouer avec ses anciens compagnons de combat !
En plus du magnifique et complexe portrait d'une femme prise dans les rets de la passion (remarquablement interprétée par Rachel Weisz), Terence Davies cisèle de riches personnages masculins : Sir Collyer, archétype du haut fonctionnaire enfermé dans ses conventions et sa dignité alors qu’il n’est que bonté et amour pour la femme qu’il perd ; Freddie Page, séducteur insupportablement cruel et futile qui cache en lui la fêlure des combattants qui ont survécu en voyant mourir leurs compagnons et ne parviendront jamais à s’habituer à la vie civile. Au-delà de dialogues brillants et littéraires, il y a surtout le travail visuel exemplaire de Davies, dont chaque plan semble avoir été pensé au millimètre et dont les tonalités rendent à la perfection ces années 50 ternes et grises durant lesquelles les passions ne pouvaient que conduire à l'échec, voire au désespoir.
Amusante pirouette : Terence Ratigan, dandy jusqu’au bout, ne supporta jamais les tonitruantes Swinging Sixties et préféra quitter Londres pour se retirer aux Bermudes. Rendons grâce à Terence Davies de l’avoir ressuscité. Vous reprendrez bien une larme de Martini Dry ?
