MON C.E. ROULE POUR UTOPIA

METTEZ VOTRE PUB
DANS LA GAZETTE !


NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Groupe ( >30p.) : 3€
TARIF étudiants, lycéens, collégiens, demandeurs d'emploi, bénéficiaires du RSA : 4€ (sur présentation d'un justificatif)

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

LA GAZETTE UTOPIA - N°284 ( du 31 octobre au 11 décembre 2018) À TÉLÉCHARGER
Couv-284.jpg, oct. 2018 ... Lire LA GAZETTE UTOPIA - N°284 ( du 31 octobre au 11 décembre 2018) À TÉLÉCHARGER...

LA GAZETTE UTOPIA - N°283 ( du 26 septembre au 30 octobre 2018) À TÉLÉCHARGER
Couv-283.jpg, oct. 2018 ... Lire LA GAZETTE UTOPIA - N°283 ( du 26 septembre au 30 octobre 2018) À TÉLÉCHARGER...

LA GAZETTE DE RENTRÉE DU 15 AOÛT AU 25 SEPTEMBRE À TÉLÉCHARGER ( RÉOUVERTURE LE 15 AOÛT À 15H45)
COUV-282.jpg, août 2018 ... Lire LA GAZETTE DE RENTRÉE DU 15 AOÛT AU 25 SEPTEMBRE À TÉLÉCHARGER ( RÉOUVERTURE LE 15 AOÛT À 15H45)...

FERMETURE ESTIVALE - RÉOUVERTURE LE 15 AOÛT
vacances.jpg, août 2018vacances.jpg, août 2018 ... Lire FERMETURE ESTIVALE - RÉOUVERTURE LE 15 AOÛT...

Le rendez-vous CINÉ-LITTÉRAIRE proposé par la librairie LETTRE ET MERVEILLES
Le principe : un(e) écrivain, romancier(ère), essayiste, auteur de BD nous fait partager un film de son choix.
Séance unique MARDI 18 SEPTEMBRE à 20h30 à Utopia Pontoise suivie d'une rencontre avec le réalisateur MICHEL IONASCU et en présence de l'écrivain DIDIER DAENINCKX

Missak Manouchian, une esquisse de portrait

Michel Ionascu - documentaire France 2012 1h37mn - Avec Arsène Tchakarian, Henri Karayan, Didier Daeninckx, Raymond Aubrac, Julien Lauprêtre, Christophe Betenfeld, Sébastien Viaud...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

Missak Manouchian, une esquisse de portraitOn ne dira jamais assez combien les films qui captent les ultimes témoignages des Grands Témoins de l’Histoire et tout particulièrement de la Résistance sont indispensables. Le film de Michel Ionascu est de ceux là, et s’il devait y en avoir une triste preuve ce serait le décès depuis la fin du tournage en 2011 de deux de ses principaux intervenants, Henri Karayan, un des derniers compagnons de combat du groupe Manouchian et bien sûr Raymond Aubrac, qu’on ne présente plus et qui nous a quitté cette année, après des décennies d’interventions indispensables, généreusement données dans tous les établissements scolaires de France, qu’il parcourait de part en part chaque semaine bien après avoir dépassé 90 ans. Michel Ionascu, dans le sillage de l’écrivain de polars et militant contre le négationnisme Didier Daeninckx qui consacra en 2009 un livre au résistant d’origine arménienne, remonte la pendule des événements et va aux sources de cette histoire malheureusement trop méconnue de ces hommes d’origine étrangère, qui vinrent en France des années 20 aux années 30, et combattirent pour elle. Non pas pour une France étriquée et chauvine, qui exclut ses diversités, que les années 40 et celles plus récentes du gouvernement Sarkozy nous ont montrée, mais celle de l’héritage des Lumières et de la Révolution Française. Une France internationaliste pour qui Liberté, Egalité, Fraternité n’étaient pas de vains mots, des mots qui attiraient les humanistes révolutionnaires du monde entier.

Ionascu remonte le temps avec l’aide de Daeninckx, et de deux témoins clés, compagnons de route et de combat également arméniens, Arsène Tchakarian, devenu depuis un des conseillers historiques de l’association pour la mémoire des Fusillés du Mont Valérien, et Henri Karayan. Tous deux partageaient avec Manouchian une vie d’exil partie de la Turquie du génocide arménien, chacun ayant dans sa famille un disparu sous les coups de la barbarie ottomane. Certains avaient transité par la Bulgarie, d’autres comme Manouchian par le Liban. Ils avaient bénéficié du récent statut d’apatride, créé en 1925 principalement pour ceux qui fuyaient la Russie communiste, un statut qui imposait à chacun de choisir un pays d’exil. Ils avaient choisi la France, pour des raisons idéologiques. Manouchian arrivé dans les années 20, avait subi la grande crise de 1929 après son licenciement des usines Citroën, échappant aux grandes vagues d’expulsion d’immigrés grâce à son statut d’apatride. Il était rentré en politique adhérant à la fois au Parti communiste (« le seul parti qui semblait s’intéresser à nous » comme dit dans le film Tchakarian) et au HOC, le comité de soutien au Peuple Arménie, créé en 21 par la République socialiste d’Arménie. Mais il était aussi rentré en poésie, traduisant Baudelaire, Verlaine, Rimbaud en arménien. Son cheminement vers la Résistance au sein du groupe FTP Main d’œuvre Immigré dont Manouchian devait prendre la direction pour la région parisienne était donc tout naturel. Un groupe qui devait réaliser de nombreux coups de maître (assassinats de hauts gradés allemands, sabotage de trains avec l’aide de résistants cheminots) qui firent d’eux un des groupes de résistants les plus craints de l’occupant, qui après avoir fusillé la plupart d’entre eux au Mont Valérien, devait réaliser l’Affiche rouge. Le témoignage des derniers compagnons devant un groupe de lycéens de Ris Orangis passablement bouche bée est saisissant et nous rappelle combien cet héritage et ses valeurs sont plus que jamais nécessaires pour le présent.

Didier Daeninckx
Célèbre auteur de romans policiers et d’essais, entre autres Missak ( Editions Perrin ) mais aussi plus récemment Le Banquet des Affamés ( Editions Gallimard )
Après avoir été ouvrier imprimeur puis journaliste, Didier Daeninckx est auteur prolifique de romans noirs ( avec entre autres le personnage du flic névrosé , l’inspecteur Cadin ) depuis les années 80. Après la mort littéraire dans les années 90 de l’inspecteur Cadin, ses livres sont très empreints de critique sociale et de l’actualité immédiate ou de la mémoire oubliée: expulsion des travailleurs sans papiers maliens, sort des Kanaks au début du siècle dans « Cannibale ». En 1994 il reçoit pour l’ensemble de son œuvre le prix Paul Féval de Littérature populaire. Engagé politiquement dans les milieux d’extrême gauche, ancien compagnon de route du Parti communiste, il s’engage contre le négationnisme.