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Viramundo, un voyage musical avec Gilberto Gil
Du 17 avril au 7 mai en Vidéo en Poche, en avant-première, pour 5€ et en HD ! (voir la page de présentation du film) Une expérience européenne (The Tide Experiment) va proposer une sortie quasi simultanée en salles et en vidéo dans dix territoires européens : ça n’a l’air de ri...

Veolia attaque Water makes money !
Le 14 février 2013 s’ouvre à Paris le procès en diffamation intenté par Veolia contre le film Water makes money qui osait parler en 2010 des pratiques des multinationales de l’eau. Sur le banc des accusés, l’association La mare aux canards qui a distribué le film en France, et Jean-Luc Touly, a...

Les nouveaux films en Vidéo en Poche, et très bientôt… WOUF !
Les nouveaux chiens de garde sera disponible dès le 4 décembre (en HD) : venez au ciné remplir une clé USB avec des films Vidéo en Poche, il y en a pour tous les goûts et les âges. 5€ par film, sans DRM et en HD quand c’est possible, la résolution minimale étant celle d’un DVD. Vous pouve...

Droit de suite
En septembre nous accueillions une passionnante soirée consacrée au résistant et immigré arménien Missak Manouchian, fusillé en 1943 . Une soirée en présence entre autres de l’écrivain Didier Daeninckx et d’un des derniers compagnons survivants de Manouchian, Arsène Tchakarian. Jean Présent un d...

JULES ET JIM

François TRUFFAUT - France 1962 1h42mn - Avec Jeanne Moreau, Oskar Werner, Henri Serre, Marie Dubois, Cyrus Bassiak... Scénario de François Truffaut et Jean Gruault, d’après le roman de Henri-Pierre Roché. Musique de Georges Delerue - VERSION NUMÉRIQUE RESTAURÉE.

JULES ET JIMEn 1962, François Truffaut adapte un roman méconnu d’Henri-Pierre Roché. Il aime tellement ce texte qu’il en cite de longs passages en voix off. Le réalisateur ne se casse pas la tête avec la reconstitution. Des jeunes gens en lavallière, de vieilles automobiles, des cafés à l’ancienne, le ton est donné. Le secret est ailleurs. Jules et Jim tournent autour de cette Catherine qui est trop moderne pour eux. C’est une chatte qui retrouverait toujours ses petits. Ils lui courent après. Elle s’en va. Ils reviennent. Ils se quittent, ne se perdent jamais. Cette histoire d’amour est aussi une histoire d’amitié. Deux hommes regardent une créature à l’innocence ravageuse.

Les années défilent à toute allure. Une guerre, un mariage, une fille adorable, tout cela passe comme un souffle. Catherine saute dans la Seine, se déguise en voyou à casquette, se dessine une moustache avec un charbon de bois, chante Le Tourbillon de la vie.« Elle est une apparition pour tous, peut-être pas une femme pour soi tout seul. » Ces trois-là veulent croire que la vie est simple. Elle est faite de rendez-vous manqués et de malentendus. Faut-il avoir un enfant ? Les sentiments ont-ils une date de péremption ? Pourquoi trimbaler du vitriol dans sa valise ?

Ce film en noir et blanc est plein de couleurs. Il s’en dégage une intense poésie du quotidien. Il y règne une liberté de tous les instants. Truffaut filme comme il respire. Quand il ne sait pas, il invente. Quand il hésite, il emprunte des raccourcis, multiplie les trouvailles. Voici Paris. Voici une maison dans le Var, un chalet dans les Vosges. Voici des promenades à vélo, de la boxe française et une partie de dominos. Voici la liste des bourgognes et des bordeaux. Les héros, eux, prennent de la bouteille. Ils finiront engloutis par leur rêve caché. Jules et Jim, en plus d’être une sorte de miracle sur pellicule, constitue aussi une bonne action. Cela permit à un écrivain de sortir de l’oubli. Plus tard, Truffaut s’attaquerait aux Deux Anglaises et le Continent. Cela s’appelle la fidélité. Le talent qu’il avait, l’air de rien. Sa modestie fut récompensée. Sur l’écran, on voit la difficulté d’être, les émotions qui s’emmêlent les pieds, le prix qu’il y a à payer pour l’insouciance. C’est grave, léger, profond et chaque plan continue à étonner.

(librement inspiré d’un article d’Eric Neuhoff)