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AMOUR

Écrit et réalisé par Michael HANEKE - France 2012 2h07mn - avec Emmanuelle Riva, Jean-Louis Trintignant, Isabelle Huppert, Alexandre Tharaud... PALME D'OR, FESTIVAL DE CANNES 2012.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

AMOURIl y a un joli proverbe africain qui dit : le soleil est toujours le soleil, qu'il monte ou qu'il descende. Ici, Haneke nous plonge dans l'incandescence des derniers feux de la vie d'un couple amoureux au moment de la quitter. On pourrait craindre d'affronter cette histoire, tant elle nous concerne et hante toute notre vie : que devient l'amour lorsque la vie s'effrite ? La réponse est superbe, portée par deux personnages d'une grâce infinie. Il arrive que ni les faiblesses du corps ni les défaillances de l'esprit ne parviennent à altérer un sentiment forgé par des années de connivence et de tendresse et qu'en toute lucidité, au moment de l'adieu, les derniers gestes soient autant de manifestations d'amour. Il arrive qu'une vie trouve une conclusion qui ressemble à son déroulement : celle de Georges et Anne était tissée d'harmonie et d'accords sublimes.
C'est magnifique, et curieusement apaisant, comme si la lucidité bienveillante de Haneke, en se coulant dans le rythme d'une vie qui s'essouffle, donnait à sentir encore plus fortement combien chaque moment qui reste est précieux. Les images sont splendides (signées Darius Khondji) et si bien trempées dans l'humain qu'on oublie le savoir faire brillantissime de Haneke pour se laisser simplement toucher par la lumière qui baisse, le geste qui trébuche, les humeurs des corps, les regards et les mots.

C'est au théâtre qu'on rencontre Anne et Georges, venus assister au concert d'un ancien élève d'Anne. La musique fait partie de leur vie, leur fille elle-même est musicienne, éloignée d'eux par sa propre carrière. On soulignera au passage qu'Alexandre Tharaud est le pianiste qui joue sur scène, il est aussi celui qui a enregistré la bande son qui irrigue le film : Schubert, Beethoven, Bach…
Quand ils se retrouvent dans leur appartement parisien, bourré de bouquins, de disques et de ces choses qui témoignent d'une vie nourrie d'échanges et de goûts partagés, il a en lui retirant son manteau le geste galant, le petit mot flatteur d'un amant, comme si le temps ne pouvait rien contre autant de tendresse. On restera désormais dans cet appartement magique où chacun des plus petits gestes quotidiens semble raconter combien ils ont su se créer un univers préservé et comment leur complémentarité leur a épargné morosité, ennui, toutes ces choses qui guettent tant d'autres couples qui n'ont pas besoin d'attendre d'avoir 80 ans pour n'avoir plus rien à se dire ; l'art leur a toujours été un trait d'union et leur insatiable appétit de beauté a toujours nourri leurs échanges.
Un matin, Anne a une absence… pas grand chose, mais qui n'échappe pas à Georges qui s'en inquiète aussitôt. Commence alors l'inévitable marche vers la fin, tandis que Georges s'adapte au mieux pour rendre moins dur à Anne son déclin. L'amour de Georges se fera rempart contre le regard et les maladresses des autres : de sa fille qui a du mal à comprendre et admettre ses choix, d'une aide à domicile qui mécaniquement débite des fadaises infantilisantes et qu'il finira par chasser, du jeune pianiste qui vit avec désarroi le déclin de son mentor tant admiré, de concierges bien intentionnés à la sollicitude envahissante… En quelques gestes, en quelques mots, tout est dit des difficultés de tout un chacun à trouver la bonne distance, tant la perspective finale terrifie le commun des mortels et Georges doit se battre pour épargner à Anne le poids de leur pénible compassion.

C'est très fort, très beau, et il faut dire et redire qu'Emmanuelle Riva et Jean Louis Trintignant sont impressionnants d'intensité, et que leur histoire avec le cinéma a laissé une telle empreinte qu'elle enrichit d'une émotion encore plus puissante cette histoire de vie et d'amour indestructible.