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NON à la Vente de La Maison départementale des syndicats du Val d'Oise
Le Conseil Général dans le cadre d’une opération immobilière a décidé d’expulser les syndicats du Val d’Oise, dès février 2015. Les syndicats départementaux y sont hébergés depuis plus de 35 ans et y mènent une activité intense. « Les salarié-e-s ont besoin des syndicats reconnus d’utilité publi...

Manifestez contre la visite de Marion Maréchal-Le Pen à Eragny...jeudi 6 novembre
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Master of the Universe, confessions d'un banquier
Après Viramundo en 2013, Vidéo en Poche participe pour la seconde fois à une expérience européenne (SPIDE) proposant une sortie quasi simultanée en salles et en vidéo dans dix territoires européens du film Master of the Universe : ça n’a l’air de rien mais c’est une petite révoluti...

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CAMILLE REDOUBLE

Noémie LVOVSKY - France 2012 2h - avec Noémie Lvovsky, Samir Guesmi, Yolande Moreau, Michel Vuillermoz, Riad Sattouf... Scénario de Noémie Lvovsky, Florence Seyvos, Pierre-Olivier Mattei et Maud Ameline.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

CAMILLE REDOUBLEC'est un ravissement, un moment fantastique de cinéma généreux, personnel, culotté, abondant, émouvant, deux heures de grâce qui vous mettent le cœur à vif et vous épuisent de rire, tricotant ensemble nostalgie et auto-dérision, une façon unique de jouer avec le difficile sentiment du temps qui passe… Ce temps si joli de l'avant qui donne à qui regarde derrière soi le sentiment d'une inévitable hécatombe de bonheurs impossibles à revivre, d'affections impossibles à raviver, d'êtres aimés qu'on aurait voulu retenir. Noémie Lvovsky a tous les culots, y compris de se coltiner sans lésiner un rôle principal impossible, époustouflante de drôlerie et de tendresse, étonnante funambule dont on se dit à tout moment qu'elle va finir par se casser le nez et qui reste sur le fil jusqu'à la dernière goutte du film en vous laissant épatés, admiratifs de la prouesse, émus par cette invraisemblable bonne femme qui cumule tous les talents, et termine par un double salto, retombe sur ses pattes sans nous laisser le temps de nous ressaisir tout à fait.

Camille a tout raté : actrice, elle en est réduite à tourner des scènes gore (ahurissante séquence d'ouverture du film) pour grignoter les quelques heures qui lui permettront de toucher les indemnités d'intermittente du spectacle. Sa vie de femme ne vaut pas mieux et l'amour de sa vie est en train de vendre l'appartement commun qu'elle va donc devoir quitter, pour aller rejoindre, le salopiot, une fille plus jeune et plus sobre, tandis qu'elle déboule imbibée de whisky, incapable de ne pas patauger lourdement dans les sentiments des autres. Sa vie de mère n'en peut plus et si sa fille passe en coup de vent, c'est pour jeter le contenu du verre auquel elle s'accroche dans l'évier de la cuisine. Ce 31 décembre s'annonce terrible et si elle trouve encore la force de se rendre à une fête, elle s'arrête au passage chez un étonnant horloger qui a la tronche du Destin (formidable échange avec Jean-Pierre Léaud) pour faire trancher l'alliance qu'elle n'arrive plus à retirer de ses doigts gonflés. Impossible de tomber plus bas, et au cours du réveillon, la dégringolade morale se prolonge d'une chute dans un coma éthylique au douzième coup de minuit…
Et là, au réveil, un truc incroyable se passe. Camille a toujours quarante ans, mais personne ne semble s'en apercevoir : la voilà propulsée dans l'année de ses quinze ans, juste avant que sa mère meure, juste avant qu'elle rencontre celui qui vient de la quitter, juste avant qu'elle commence à sucer trop la bouteille, juste avant… toute cette bérézina qui l'a conduite aux urgences où tout le monde lui cause comme si elle avait toujours sa gueule de gamine et personne ne semble voir que sa petite jupe courte la boudine et que son petit chemisier à fleurs est un rien décalé.
Le plus surprenant, c'est qu'on y croit nous aussi. On y croit à cette gamine/adulte à double tempo, qui revient sur ses pas pour dire à tous ce qu'elle n'a pas su dire, forte de tout ce qu'elle sait maintenant, à vouloir mettre vainement des petits barrages pour détourner le cours de sa vie, le cours du temps. Bouleversants moments d'émotion avec sa mère (Yolande Moreau), qu'elle regarde avec ses yeux d'adultes sans avoir jamais perdu ses émotions d'enfant, chantant avec elle Une petite cantate de Barbara, le soir de son anniversaire.

Ce drôle de voyage parmi les fantômes du passé louvoie entre souvenirs et présent, tangue entre réel et imaginaire, poésie douce et cruauté. C'est beau à en pleurer tant l'impudeur du spectacle de ce cœur déchiré qui a du mal à accepter l'inéluctable finitude de toute chose met dans le mille de nos propres difficultés à admettre que la vie exulte mieux encore quand on l'aime telle qu'elle est, infiniment fragile et contradictoire, douloureuse et drôle, terriblement drôle. L'humour ici amplifie encore l'émotion et Noémie Lvovsky fait de son film un savoureux festin où elle semble avoir invité tous ceux qu'elle aime dans la vraie vie : Yolande Moreau déjà citée, Samir Guesmi, Michel Willermoz, Mathieu Almaric, Denis Podalydès, Riad Sattouf, Anne Alvaro… formidables de présence et d'affectivité, ils ont tous leur part dans ce remède complexe à nos maux existentiels, entre potion magique et poison, qui cultive l'euphorie pour mieux poser avec une profonde légèreté la question de l'acceptation du temps et de la réconciliation avec soi-même.