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LA GRILLE QUE VOUS NE TROUVEREZ PAS DANS LA GAZETTE
LA GRILLE QUE VOUS NE TROUVEREZ PAS DANS LA GAZETTE 242 :LE LIEN VERS LE PDF GRILLE DU 26-02... Lire LA GRILLE QUE VOUS NE TROUVEREZ PAS DANS LA GAZETTE...

Viramundo, un voyage musical avec Gilberto Gil
Du 17 avril au 7 mai en Vidéo en Poche, en avant-première, pour 5€ et en HD ! (voir la page de présentation du film) Une expérience européenne (The Tide Experiment) va proposer une sortie quasi simultanée en salles et en vidéo dans dix territoires européens : ça n’a l’air de ri...

Veolia attaque Water makes money !
Le 14 février 2013 s’ouvre à Paris le procès en diffamation intenté par Veolia contre le film Water makes money qui osait parler en 2010 des pratiques des multinationales de l’eau. Sur le banc des accusés, l’association La mare aux canards qui a distribué le film en France, et Jean-Luc Touly, a...

Les nouveaux films en Vidéo en Poche, et très bientôt… WOUF !
Les nouveaux chiens de garde sera disponible dès le 4 décembre (en HD) : venez au ciné remplir une clé USB avec des films Vidéo en Poche, il y en a pour tous les goûts et les âges. 5€ par film, sans DRM et en HD quand c’est possible, la résolution minimale étant celle d’un DVD. Vous pouve...

DANS LA MAISON

Écrit et réalisé par François OZON - France 2012 1h45mn - avec Fabrice Luchini, Ernst Umhauer, Kristin Scott Thomas, Emmanuelle Seigner, Denis Ménochet, Bastien Ughetto, Yolande Moreau deux fois... Librement adapté de la pièce de théâtre Le Garçon du dernier rang, de Juan Mayorga.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

DANS LA MAISONOn avait laissé Ozon il y a deux ans avec l'adaptation très réussie d'un succès du boulevard français (Potiche, et déjà Fabrice Luchini). On le retrouve ici avec une autre adaptation mais qui renoue cette fois avec les atmosphères plus troubles de ses débuts, notamment Gouttes d’eau sur pierres brûlantes (2000) ou encore Swimming pool (2003), qui imposaient la personnalité d'un réalisateur atypique et discret, un de ceux – finalement pas si nombreux – qui imprègnent de leur vision très personnelle chacun de leurs projets, si différents soient-ils. Avec Dans la maison, Ozon nous livre le récit assez jubilatoire de la relation entre un professeur de français désabusé et un jeune élève très doué pour écrire des histoires plus ou moins inspirées de sa propre vie. Très doué mais aussi un peu pervers, ce n'est sans doute pas le moindre de ses charmes…

C'est la rentrée des classes pour Germain Germain (difficile de ne pas penser au Humbert Humbert du Lolita de Nabokov), professeur de lettres qui ne se fait plus beaucoup d'illusions sur sa mission de transmission des savoirs aux apprenants, comme on dit maintenant. Un brin cynique, un bon peu défaitiste, il se fait une raison aussi quand on lui apprend qu'en cette nouvelle année scolaire, son lycée Gustave Flaubert – son idole, le maître absolu à ses yeux, auteur du chef d'œuvre ultime de la littérature française : Madame Bovary – a été choisi pour mener une expérience pilote qui dit que les élèves, pardon les apprenants, porteront tous des uniformes façon anglo-saxonne : discours très drôle du proviseur Jean-François Balmer…
Comme chaque année et dès le premier cours, Germain donne une petite rédaction à ses élèves pour avoir une idée du niveau de sa classe. Le sujet : racontez votre dernier week-end. Alors qu'il corrige les copies et se navre de tant de médiocrité et de vacuité chez des adolescents de seize ans qui n'ont rien d'autre à raconter qu'avoir mangé une pizza et regardé la télé, il tombe sur le texte de Claude Garcia. Le garçon raconte comment, après avoir, depuis un banc dans un parc, observé une maison et ses occupants durant tout l'été, il a élaboré une stratégie pour pouvoir y être invité. Une fois dans la place, sous prétexte d'aider le fils de la famille nul en maths, il raconte l'intérieur, les personnages, le parfum particulier de la femme de la classe moyenne… et il termine par un mystérieux et prometteur « à suivre… ». Interloqué par l'imagination et le style du garçon, Germain va reprendre goût à l'enseignement, prendre Claude sous son aile et l'encourager à poursuivre son récit… mais l'intrusion de Claude dans cette maison de la classe moyenne en même temps que dans la vie de Germain va déclencher une série d’événements incontrôlables.

Sur cette trame très intrigante, Ozon explore la relation maître-disciple, père-fils, mais aussi la relation éditeur-écrivain ou spectateur-metteur en scène. Il filme des êtres empêtrés dans leur vie normale dans laquelle surgit un événement, un grain de sable qui bouleverse la mécanique trop bien huilée des certitudes, du quotidien aussi confortable qu'insatisfaisant, et qui les oblige à se repenser, à avancer ou à capituler. Sûr de son style, le cinéaste nous entraîne avec juste ce qu'il faut de perversité bienveillante dans un thriller psychologique sans effet ni rebondissement spectaculaires, mais qui distille une tension savamment dosée. Basculant constamment le spectateur du réel vers l'imaginaire, de la vie de Germain vers les écrits de Claude, Ozon réduit petit à petit la frontière entre les deux mondes jusqu'à les confondre et nous perdre dans le jeu jubilatoire du récit. C'est limpide, simple, d'une redoutable efficacité, sans insistance psychologisante, c'est cocasse et finalement émouvant, un pur plaisir de cinéma pour les spectateurs pas totalement innocents que nous sommes.