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LA GRILLE QUE VOUS NE TROUVEREZ PAS DANS LA GAZETTE
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Viramundo, un voyage musical avec Gilberto Gil
Du 17 avril au 7 mai en Vidéo en Poche, en avant-première, pour 5€ et en HD ! (voir la page de présentation du film) Une expérience européenne (The Tide Experiment) va proposer une sortie quasi simultanée en salles et en vidéo dans dix territoires européens : ça n’a l’air de ri...

Veolia attaque Water makes money !
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Les nouveaux films en Vidéo en Poche, et très bientôt… WOUF !
Les nouveaux chiens de garde sera disponible dès le 4 décembre (en HD) : venez au ciné remplir une clé USB avec des films Vidéo en Poche, il y en a pour tous les goûts et les âges. 5€ par film, sans DRM et en HD quand c’est possible, la résolution minimale étant celle d’un DVD. Vous pouve...

INTO THE ABYSS

(A tale of life, a tale of death) Werner HERZOG - documentaire USA 2011 1h45mn VOSTF -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

INTO THE ABYSS« Celui qui lutte contre les monstres doit veiller à ne pas le devenir lui-même. Or quand ton regard pénètre longtemps au fond d’un abîme, l’abîme lui aussi pénètre en toi. » Par delà le bien et le mal, Friedrich Nietzsche

Tour à tour réalisateur de films de fiction parfois à grand spectacle et documentariste, le génial Werner Herzog explore depuis quarante ans les mêmes thématiques : la fascination pour l’abîme et le mal, la passion qui peut confiner parfois à la folie. On le connait surtout pour ses films fous des années 70/80, tournés souvent aux antipodes avec son acteur fétiche Klaus Kinski : Aguirre ou la colère de Dieu, Fitzcarraldo, Cobra Verde… Mais ses documentaires ont le même regard sur la folie des hommes. Dans ce nouveau bijou, Herzog affronte une fois de plus l’indicible : le crime imbécile et quasiment gratuit et sa réponse tout aussi imbécile, la peine capitale.

Flash-back : le 24 octobre 2001, dans la petite ville de Conrœ au Texas, Jason Burkett et Michael Perry, deux jeunes paumés à peine sortis de l’adolescence, en quête d’une voiture à voler, abattent de sang froid Sandra Stotler, une mère de famille quadragénaire. Avant d’assassiner son fils Adam et son copain Jeremy qui arrivent au mauvais moment. Un triple crime absurde sur lequel les accusés ne sauront jamais vraiment s’expliquer. Près de dix ans plus tard, Herzog va à la rencontre de Michael Perry, huit jours avant son exécution programmée par injection, et de Jason Burkett, condamné lui à la prison à perpétuité avec peine de sûreté de quarante ans. Mais il va aussi à la rencontre des familles des victimes : la sœur très digne de Adam et fille de Sandra, doublement touchée, ou encore le frère de Jeremy, un gaillard tatoué qui ne peut retenir ses larmes tandis qu’il évoque son cadet tout en serrant son portrait contre lui. Du côté des accusés, ce qui frappe c’est le visage enfantin du plus jeune meurtrier et son discours confus et embrumé par une récente conversion, la déréalisation autant de ses actes que de sa fin prochaine.
Mais le plus choquant est de découvrir le contexte général qui ne peut que conduire à de tels drames : à Conrœ, Texas, il y a beaucoup de Jason Burkett ou Michael Perry en puissance, des jeunes qui à 18 ans sont livrés à eux-mêmes sans domicile fixe, après une enfance passée en familles d’accueil, les parents biologiques étant tous les deux en prison. Des jeunes qui ont accès aux armes en vente libre et dont les rixes alcoolisées se finissent souvent à coups de fusil à canon scié. C’est d’ailleurs ce contexte qu’est venu expliquer à la barre et auprès d’Herzog le père de Jason Burkett, condamné lui aussi à la prison à vie, et qui a sauvé son fils en expliquant aux jurés que s’il y avait bien un responsable à la tragédie, c’était lui, lui qui avait donné une vie et une éducation épouvantables à son fils. Et l’engrenage de la reproduction sociale éclate au grand jour.

Si Into the abyss est probablement le plus probant des plaidoyers contre la peine de mort, c’est que Herzog, qui ne cache pas son opposition personnelle à la sanction capitale, ne cède jamais à l’empathie ni avec les accusés, dont il ne cache pas qu’ils sont indéfendables, ni avec les familles de victimes, dont il n’approuve pas la volonté de vengeance sans pour autant la mépriser. Il écoute chacun longuement et donne en contrepoint la parole – lumineuse – à ceux qui accompagnent le chemin vers la mort institutionnalisée : cet aumônier qui explique en larmes qu’il a serré des centaines de mains de condamnés ou, encore plus bouleversant, cet officier de la pénitentiaire dont le métier était de passer les dernières heures avec les morts en sursis… un plaidoyer imparable autant que bouleversant.