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Master of the Universe, confessions d'un banquier
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Viramundo, un voyage musical avec Gilberto Gil
Du 17 avril au 7 mai en Vidéo en Poche, en avant-première, pour 5€ et en HD ! (voir la page de présentation du film) Une expérience européenne (The Tide Experiment) va proposer une sortie quasi simultanée en salles et en vidéo dans dix territoires européens : ça n’a l’air de ri...

Veolia attaque Water makes money !
Le 14 février 2013 s’ouvre à Paris le procès en diffamation intenté par Veolia contre le film Water makes money qui osait parler en 2010 des pratiques des multinationales de l’eau. Sur le banc des accusés, l’association La mare aux canards qui a distribué le film en France, et Jean-Luc Touly, a...

LA CHASSE

(JAGTEN) Thomas VINTERBERG - Danemark 2012 1h51mn VOSTF - avec Mads Mikkelsen, Thomas Bo Larsen, Annika Wedderkopp, Lasse Fogelstrom, Susse Wold, Anne Louise Hassing, Lars Ranthe, Alexandra Rapaport... Scénario de Tobias Lindholm et Thomas Vinterberg. Festival de Cannes 2012 : Prix d’interprétation masculine à Mads Mikkelsen et Prix du Jury Œcuménique.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA CHASSEAu top dix des calamités qui pourrissent depuis toujours l’humanité, il est un mal insidieux qui peut se répandre indifféremment sur les habitants de Copenhague, de Kingston ou de Brie-Comte- Robert : la rumeur. La rumeur a tué, tue et tuera encore. La rumeur a jeté l’opprobre sur des populations entières, sur des races. Elle a contribué à diviser et a nourri la haine de l’autre. Sujet tabou par-dessus tout dont la rumeur se nourrit voracement : la pédophilie. La rumeur a nourri la plus incroyable erreur judiciaire française de ce début de millénaire, celle de l’affaire d’Outreau, où le mensonge de quelques uns et la manipulation d’enfants fragiles conjuguée à l’incroyable aveuglement de la machine judiciaire et médiatique ont ruiné la vie de nombreuses familles innocentes.
Quatorze ans après son chef d’œuvre Festen, huis-clos familial hallucinant où éclatait justement, à la fin d’un banquet, une affaire de pédophilie, le danois Thomas Vinterberg explore de nouveau, et avec quel brio, le côté sombre des âmes humaines a priori si policées.

Nous sommes dans un petit village danois typique où semble régner l'harmonie. La nature est magnifique, rude mais généreuse, les voisins s'invitent régulièrement pour des parties de chasse ou pour de joyeuses fêtes arrosées juste ce qu'il faut dans un pays où la rudesse du climat doit être compensée par la chaleur des relations humaines. Lucas est un quadragénaire apprécié de tous, qui se relève d'un divorce difficile et essaie de renouer les liens avec Marcus, son fils adolescent. Il a trouvé récemment une fiancée, une jeune enseignante étrangère arrivée depuis peu dans le village. Tout le monde est ravi qu’il fasse partie de l’équipe de la crèche municipale, tous les enfants semblent l’adorer. Jusqu’au jour où une petite fille, dont le père est par ailleurs son meilleur ami, une gamine toute mignonne qu’il connaît depuis toujours et pour qui il est une sorte de gentil tonton, vient se plaindre auprès de la directrice... et l’engrenage se met en marche : une enquête est aussitôt diligentée mais l’ensemble de la communauté a déjà décidé de se livrer à l’hallali contre le puériculteur pédophile.

Vinterberg décrit admirablement les mécanismes terribles qui font que, face à une telle rumeur, toute rationalité disparait. Les meilleurs amis se laissent gagner par le poison, la violence qui semblait épargner cette paisible communauté montre ses crocs et le film prend une dimension de thriller psychologique terrifiant. Vinterberg pointe du doigt l’absurdité de cette société où la parole de l’enfant roi est sacrée et échappe à toute contradiction. Le contraste est d’autant plus saisissant que tout cela se passe dans cette société scandinave réputée pour son dialogue permanent, son sens inné de la justice et de la démocratie, mais où finalement les démons ancrés en chacun peuvent intervenir à tout moment. Dans ce contexte, le remarquable Mads Mikkelsen, prix d’interprétation mérité au festival de Cannes, montre parfaitement la métamorphose de cet homme discret, qui passe du rôle de victime expiatoire à celui de combattant pour sa propre réhabilitation comme dans cette scène incroyable où, le visage encore tuméfié par le lynchage en règle que lui ont fait subir ses voisins, il se présente néanmoins à la messe de Noël, digne, prêt à en découdre : il ne renoncera jamais à faire éclater son innocence.