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NON à la Vente de La Maison départementale des syndicats du Val d'Oise
Le Conseil Général dans le cadre d’une opération immobilière a décidé d’expulser les syndicats du Val d’Oise, dès février 2015. Les syndicats départementaux y sont hébergés depuis plus de 35 ans et y mènent une activité intense. « Les salarié-e-s ont besoin des syndicats reconnus d’utilité publi...

Manifestez contre la visite de Marion Maréchal-Le Pen à Eragny...jeudi 6 novembre
Jeudi 6 novembre, Marion Marechal Le Pen sera, à l’initiative de Stéphane Capdet, conseiller municipal frontiste de la ville, auRigatoni Café d’Eragny pour un repas entre militants “Front National”. Nous appelons à un rassemblement à 19h devant le restaurant, pour dire non à Le Pen, et non au Fr...

Master of the Universe, confessions d'un banquier
Après Viramundo en 2013, Vidéo en Poche participe pour la seconde fois à une expérience européenne (SPIDE) proposant une sortie quasi simultanée en salles et en vidéo dans dix territoires européens du film Master of the Universe : ça n’a l’air de rien mais c’est une petite révoluti...

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ROYAL AFFAIR

Nikolaj ARCEL - Danemark 2012 2h17mn VOSTF - avec Mads Mikkelsen, Alicia Vikander, Mikkel Boe Folsgaard, Trine Dyrholm... Scénario de Nikolaj Arcel et Rasmus Heisterberg. Festival de Berlin 2012 : Meilleur Scénario, Meilleur Acteur Mikkel Boe Folsgaard.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

ROYAL AFFAIRC'est un film somptueux, sensuel et crépusculaire. Une histoire tout ce qu'il y a de vraie qui nous conte le Danemark tel qu'on l'ignore, pendant le bref instant où, touché par « les Lumières », il devint un exemple pour l'Europe entière. Au point que le grand Voltaire lui même prit la peine de dégainer sa plus belle plume pour célébrer l'intelligence de son roi, « la lumière du Nord »… Comment l'amour permit cette évolution incroyable, comment aussi il signa la perte des précurseurs qui avaient contribué à faire de ce petit pays une référence pour tous ceux qui rêvaient d'une société meilleure : Nikolaj Arcel réussit brillamment un film sans temps morts, parvenant, du plus intime au plus collectif, à décrire une société furieusement inégalitaire, trop douce pour les uns, trop dure pour la plupart ; un film porté par des comédiens magnifiques qui nous font croire au trouble de leur esprit comme aux élans de leurs corps et de leurs cœurs avides de liberté.

Fin du xviiie siècle. La noblesse égoïste et futile, soutenue par un clergé puissant et arrogant, règne en opprimant le petit peuple. A travers tout le continent, intellectuels et libres penseurs réclament réformes et justice, mais la cour du Danemark, trop préoccupée de ses intérêts, de ses querelles et de ses royales fêtes, est sourde aux échos du monde, et les gens souffrent, exploités, battus, punis de mort pour le simple fait d'avoir déplu à leur maître, croupissant dans des villes sales… On dit que le jeune roi Christian VII est fou, qu'il ne gouverne guère, tout occupé à boire et festoyer avec des « putes aux gros seins ». Lorsqu'on lui amène sa très jolie et intelligente cousine britannique pour qu'il donne un héritier au royaume, il en est quasi contrarié et la délaisse sitôt son devoir de reproduction accompli, si bien que Caroline Mathilde, la nouvelle reine, regrette amèrement sa douce Angleterre…
C'est alors que les ministres, embarrassés par ce monarque inconséquent et incontrôlable, décident de lui trouver un médecin pour s'occuper en permanence de lui. Parce que son père était un pasteur apprécié pour ses idées conservatrices, et que la brochette de ministres qui régente le royaume ne brille pas par son audace progressiste, c'est sur Johann Friedrich Struensee que se portera leur choix. Une forte personnalité, ce Struensee  (Mads Mikkelsen : sacré Meilleur acteur au Festival de Cannes 2012) : bon vivant, libéral, humaniste, auteur lui-même de textes anonymes largement inspirés de Voltaire, Rousseau et quelques autres… Sa bienveillance naturelle, sa grande compréhension des hommes et son goût pour les plaisirs vont lui gagner la confiance et l'amitié de ce roi instable et léger qui va prendre un curieux tournant sous son influence, tandis que la reine trouve enfin à qui parler de ces lectures qui les nourrissent et les ouvrent à un monde que tous deux voudraient bien changer. Autant d'amour de la vie et de goût pour les idées élevées rend bientôt inévitable une relation fusionnelle, attisée par le sentiment de pouvoir peser sur l'évolution des choses. Sous leur influence, le roi aura tôt fait de se faire le porte-parole de réformes audacieuses tandis que les ministres et la régente commencent à s'alarmer… Prendre des sous sur les rentes des nobles pour nettoyer Copenhague de sa saleté, vacciner tout le peuple, abolir la torture, supprimer le servage, les châtiments corporels, éloigner l'église des questions publiques, proclamer la liberté de la presse… Voilà qui décoiffe le Conseil qui n'en revient pas et résiste à ces propositions farfelues. Qu'à cela ne tienne, le roi dissout le Conseil et décrète que le royaume sera désormais gouverné par un cabinet réduit à Struensee et lui-même, promulguant enfin les lois que le Conseil refusait de prendre au sérieux ! C'est fou le nombre de choses qui purent évoluer pendant cette petite année où Struensee resta aux manettes… Et comme tout ça n'est pas un conte de fées mais la vérité vraie, on se doute que la méchante douairière et la classe dominante vont tout faire pour mettre à mal ces nouvelles idées et ceux qui les mettent en pratique…

Les châteaux font rêver et les fêtes qui s'y donnent, superbement mises en scène, ne sont jamais empesées malgré la beauté de costumes, assumés comme si chacun portait là ses vêtements habituels, la musique accompagne sans être envahissante et le jeu des acteurs est bigrement contemporain. Pour tout ça, le film déborde largement la description d'une époque pour nous renvoyer aux valeurs bousculées de la nôtre.
Bien après la période racontée par le film, sachez que les idées de Struensee reprendront du poil de la bête quand Frédéric, le fils de Caroline Mathilde, deviendra roi sous le nom de Frédéric VI, lequel s'inspirera largement dans sa gouvernance de l'œuvre de sa mère et de son bien aimé.